Ghostface « The Pretty Toney Album » @@@@


Sorti des quartiers de Staten Island lors de ses débuts discographiques avec le mythique Wu Tang Clan en 1993 en une entrée remarquée sur Enter The 36 Chambers, Ghostface Killah comme bon nombre de ses compères (Raekwon, Method Man, GZA, ODB…) se lance en solo avec un contrat chez Epic Records. Arrive alors en 1996 son premier  le classique Ironman (avec Rae et Cappadonna en featuring), puis en 1999 Supreme Clientele, vrai album solo cette fois, classique aussi. Pour Bulletproof Wallet (avec Raekwon en feat de nouveau), la question ‘classique ou non’ se pose toujours malgré des critiques positives.

Changement de label en 2004, Ghostface rejoint Method Man chez Def Jam. The Pretty Toney Album tombait à pic pour prouver une nouvelle fois tout le réel talent de Ghost. « Run« , avec Jadakiss et produit par RZA, présageait un album estampillé Wu, sans fioriture, dans les règles de l’art.

Alleluia! L’attente en valait la peine. Ce quatrième album est un savant mélange de l’esprit du Wu en plus évolué et de samples souls à la pelle, avec un supplément de beats plus modernes. Son flow est plus fluide et ses lyrics au point. Une empreinte soulful intéressante et jubilatoire ressort de cet album, comme depuis Supreme Clientele. Ghostface est un grand amoureux de Soul music, il la considère comme de très grands vins. Les meilleurs exemples sont les morceaux autoproduits par le rappeur, « Save Me Dear » et « Holla » samplant un classique des Delfonics. Complètement dément, autant que la personne. Les interludes parlés (conçus en partie par K-Def) aussi sont accompagnées de classiques soul en fond pour donner une ambiance du plus bel effet. Le dernier morceau « Love » (avec Musiq produit par No I.D.) conclut magnifiquement cet album, Ghostface a toujours eu ce don de transmettre de fortes émotions.

« Biscuits » et « Metal Lungies » aux boucles old school entêtantes (respectivement produites par True Master et No I.D. encore) sont nul doute des hymnes ghettos en puissance, parmi les meilleurs morceaux de l’album. Styles P, Sheek et Trife assurent au mic et lâchent des couplets meurtriers, presque autant que Ghostface. C’est du lourd, les vieux samples empestent la rue et les beats sont entêtants. 11/10 pour la street credility. Dans un registre plus ‘mainstream’ dira-t-on, « Ghostface » (rappelant le remix de « Special Delivery« ) et « Tush » sont efficaces, mais les refrains un brin r&b viennent un peu entraver un rappeur en plein élan lyrical. On pourrait même dire que la présence de Missy Elliott sur le 2e morceau cité est presque inutile tellement l’aura du Ghost est largement suffisante. Mais Tony Starks le magnifique se rattrape avec « It’s Over » et « Tooken Back » (produit par Nottz), aux beats entraînants associés à des mélodies addictives.

Mention excellent pour le couplet craché en 60 secondes chrono sur « Kunta Fly Shit« . Respect. Cette track très courte, l’autre produite par RZA avec « Run« , suffit à démontrer l’étendue des talents de Ghostface. On en reste presque béat.

The Pretty Toney n’est peut être pas le meilleur album de Ghostface, mais cette année 2004, il éclipsera nettement le pauvre Tical 0 de Method Man. Musicalement plus soul, lyriquement à la pointe de la plume, Ghostface n’a plus rien à prouver et forge d’autant plus sa réelle identité en s’affranchissant progressivement des sonorités typiques du Wu-Tang. D’ailleurs aucun membre du Wu Tang n’est présent en tant que rappeur! Big up à ce très grand MC qui a gagné en maturité.

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