Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Freddie Gibbs « $oul $old $eparetely » @@@¾


Que des rappeurs à la carrière basée sur une forte réputation signent sur le tard un deal en major est une exception. Une exception faite pour Freddie Gibbs qui, l’année de ses quarante ans, 2022, signe chez la compagnie Warner. Pratiquement un événement, une victoire, une forme de consécration, de reconnaissance par l’industrie musicale. Une revanche en fait, quand on se rappelle que Freddie a d’abord été signé chez Interscope en 2006 puis dégagé. L’album qui découle de ce contrat en maison de disque s’intitule $oul $old $eparately, écrit avec les dollars, un nom qui dégage cette forme de froideur et insensibilité typique du rappeur originaire de Gary dans l’Indiana.

Qu’est-ce qui change par rapport aux autres albums solos de Freddie? Sur le fond, rien. C’est Freddie Kane, le thug, le gangsta, le rimeur à gages, les thèmes, ‘bitch’ ; sur la forme, des featurings prestigieux et pratiquement des producteurs différents par morceau. Sans surprise, Alchemist (le très bon « Blackest in the Room ») et Madlib (le très bon « CIA » aussi) font partie de la fête sur ce glorieux opus, une réussite de carrière qu’il célèbre dès « Couldn’t Be Done » (avec la chanteuse Kelly Price). Par rapport à tout ce qu’a fait Freddie dans sa disco, $oul $old $eparetely est dans la classe supérieure. « Lobster Omelette » avec Rick Ross sur une prod chic de Jake One pour les gourmets, du Kaytranada avec le tempo qu’il faut pour le flow uzi de Freddie sur « Zipper Bagz », les traiteurs spécialistes en caviar de la JUSTICE League sur « Rabbit Vision », Andersoon .Paak ET Raekwon en personne sur « Feel No Pain » (parce que Freddie Gibbs n’a pas de coeur, c’est un individu froid, c’est bien connu). Collaboration renouvelée avec Pusha T (« Gold Rings ») et voir le nom de Scarface sur « Decoded » donne d’avance des frissons. Offset, osef.

Pour autant, et pour être très honnête, je ne trouve pas cet opus supérieur à Shadow of a Doubt en 2015 (qui demeure ma référence bien que peu plébiscité). Ce malgré sa qualité indéniable et les bonus tracks, (parfois très bonnes comme « Gang Signs » avec Schoolboy Q, un rugeux Jadakiss sur « Black Illuminati », une autre apparition de Rozay qui ne paraissait pas nécessaire sur « Ice Cream », pareil pour Big Sean), $oul $old $eparately possède un côté ‘générique’ qui peut déplaire, comme si la nouveauté était aussi vendue séparément. Plus un album pour profiter, se faire un plaisir perso, pour Freddie Gibbs j’entends. A noter de le bon travail des co-producteurs Harmony Samuels et Edgar JV Etienne.

LA NOTE : 15/20.

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