Jay-Z « The Blueprint 3 » @@@@


The Blueprint 3 est la fin d’un cycle, qui a commencé en cette date tragique du 11 Septembre 2001, celle des attaques terroristes qui ont ébranlé la ville de New-York et le monde entier. Cette tragédie incommensurable m’a rendu encore plus fort pour représenter et j’ai été proclamé King of New-York. The Blueprint est un de mes albums favoris, c’est un classique, un album très soulful qui puise sa source dans les chansons de soul et de rock qui ont parsemé mon enfance. C’est grâce à cet album que Kanye West existe aujourd’hui, et je n’ai jamais perdu l’ascendant sur lui.

L’année suivante, je remets le couvert avec la suite, The Blueprint 2, un double-album riche en collaborations marquant mes influences quand j’étais ado, mais qui n’a pas trop plu à la critique. Après quoi j’ai mis en scène une retraite provisoire en réalisant avant ça mon fameux Black Album avant de faire mon retour en 2006 tout en étant président de Def Jam Recordings : le plus grand départ du rap game et le plus grand come-back du rap game, c’est moi, Jayhovah.

Les choses ont très vite changé pour moi ces dernières années. J’ai quitté Def Jam parce qu’on m’a refusé de payer une augmentation, je crée alors Roc Nation chez la maison de disque adverse Atlantic. Ça me manquera qu’on ne me surnomme plus President Carter, mais je reste un businessman avant tout. Puis je m’épanouis dans ma vie personnelle depuis mon mariage caché avec Beyoncé. Raconter ma vie privée n’est pas mon fort. Et c’est de manière très calculée que j’apporte le dernier volet The Blueprint 3, qui – je l’espère – marquera une nouvelle ère dans le rap.

 

Ça m’a pris plus d’un an et demi environ pour préparer cet album, dont une année complète pour créer le buzz. J’ai commencé par glisser une note à DJ Clue concernant Blueprint 3 très tôt en 2008 sur un instru de Timbaland que j’avais jarté de American Gangster Ain’t I »), à moins que ce fusse prévu pour Shock Value… L’annonce a eu son effet escompté et je me suis décidé à me lancer sur mon onzième album. Mes fans attendaient ça comme jamais.

Je suis devenu tellement hype malgré moi que j’ai grillé la vedette à Oasis l’été dernier sur les terres de Sa Majesté (j’ai même repris un de leurs morceaux), je me produis dans toutes les grandes salles du monde avec des concerts d’anthologie, j’ai participé au tube « Swagga Like Us » sur lequel j’ai posé un couplet plus terrible que mon hôte (et les deux autres auto-tunés qui sont dessus), annoncé ma collaboration avec Kanye avec la track pilote « Jockin Jay-Z ». J’ai enregistré « Brooklyn (We Go Hard » pour les besoins du film Notorious, pour prouver mon éternelle amitié à Biggie, il ne restait plus grand chose pour créer l’événement à part poser une date de sortie. Date que j’ai fait exprès d’avancer pour que les gens puissent profiter de mon nouveau disque. J’ai comme l’impression d’être devenu plus grand que le hip hop.

 

J’ai voulu que dès les premières secondes d’écoute, on ressente immédiatement un électrochoc. Pour ça Kanye et son mentor No ID ont commencé par des notes de synthétiseurs pour introduire Blueprint 3 dans l’ultra modernité. J’ai choisi une collaboration transverse avec Luke Steele des Empire of the Sun, ce qui me semble une idée extrêmement originale. L’instru est plus haut que stratosphérique, ça fait son effet. « What We Talkin’ About », c’est le titre, parle de ce qu’on raconte sur moi, ça me permet de régler mes comptes et mettre les choses au clair dès le départ. D’ailleurs je dis « I ain’t talkin’ about [The] Game, I ain’t talkin about Jimmy [Iovine, NdR], I ain’t talkin about Dame, I’m talkin’ about real shit », pour mettre le point final aux rumeurs. J’évite de faire des jeux de mots trop compliqués, sinon on va me dire que je suis trop ambigü. Ce n’est pas que je tourne le dos au passé ou nie quoi que ce soit, je ne regrette absolument rien (pensée à Jaz-O qui doit se mordre les doigts en m’écoutant) mais c’est derrière moi Roc A Fella. Il n’y a que Jadakiss qui a représenté mon ancien label cette année, et encore c’était Def Jam qui était derrière tout ça. De toute façon je suis au-dessus de tout ça, je formule dans mes lyrics « I don’t run the rap no more, I run the map, a small reason of the President is Black ». Mon statut actuel me le permet en toute humilité.

« Thank You » est une track pour mon public, mes millions de fans, que je salue chaleureusement sur un instru classe. C’est une qualité que je reflète naturellement, le cigare en bouche, costume sur mesure. Ou alors en baggy Rocawear, marque que j’ai revendu pour une modeste somme, T Shirt et casquette noires. Il me suffit d’apparaître, on m’applaudit partout où je vais, on m’acclame, j’ai droit à des standing Hovation ! Je n’ai même plus à lever le petit doigt pour plier mes rivaux, ils paraissent ridicules à côté moi comme je le dis : « I was gonna kill a couple of rappers but they did it to themselves/ I was gon’ do it with the flow but they did it with their sales ». A vous de voir à qui je fais allusion mais j’apporte un début de réponse sur ma bombe « Death of Autotune ». Ce morceau est un peu comme « The Takeover », son impact est immédiat et dangereux pour qui ça concerne. Il n’y a que No ID sur cette track, d’ailleurs l’instru rock renvoie aussi à « Takeover ». Kanye n’était pas en studio à ce moment-là mais lorsqu’il a écouté les paroles de « DOA », il l’a mal pris, forcément, genre « what the fuck? ». Le pauvre, il ne savait plus où se mettre. C’est dit : j’aime pas l’autotune. « This is anti-autotune, death of the ringtone » sonne comme un décret. Quand je rappe « This ain’t politically correct, this might offend my political connects », ça montre bien que j’assume à donf cette attaque de front, « Hold up, this ain’t a #1 record, this is an assault with a deadly weapon ». Je suis désolé pour les T-Pain, les Lil Wayne, les Ron Browz – et les jeunots flashy en jeans slims -, je réclame un moment de silence pour ces artistes que j’enterre… Prenez exemple sur moi, dont un de mes talents est de ne pas écrire mes lyrics mais tout réciter de tête ! Je le dis pour rappel : « only rapper to rewrite history without a pen ». Personne n’arrive à mon niveau, sauf Eminem, Nas, Andre3000 ou Rakim. Au fait, vous avez remarqué que j’ai repris une rime de BIG ? (« Stop your bloodclot crying, the kid, the dog, everybody dyin’ no lyin’ », NdR).

Dans la continuité, je balance le single « Run This Town » avec Rihanna au refrain et Kanye sur le 3e couplet, toujours sur une prod de lui et No ID. Moi-même je suis à chaque fois impressionné par cette prod, rock dans l’esprit. Après les holàs, les bravos, les mercis, les humiliations en public, les tirs-au-flanc, « Run This Town » annonce la couleur, black. Black power, black is beautiful, joli contraste avec la pochette. Le son est agressif et j’impose ma team, Roc Nation, en tant que chef de file d’une nouvelle forme de rebellion. Tout  à l’heure je citais Rakim, là je me place à son rang de God MC lorsque je rappe : « Call me Ceasar, in a dark ceasar/ Please follow the leader/ So Eric B we are, microphone fiend, it’s the return of the God. » De quelle ville je parle, de NYC évidemment. Je dédie « Empire State of Mind » à la ville qui m’a vue grandir, New-York. Très bel hymne, rayonnant avec ses pianos, l’apport d’Alicia Keys. Je tenais à montrer aux gens la diversité de cette ville, de ses cultures, de ce qui fait son identité qui se renouvelle continuellement. Je n’en suis pas peu fier, de cet hymne neuf. Il fallait que je reste dans cette optique panoramique en 16/9e, et avec « Real As It Gets » The Inkredibles m’apportent ce type de son qui fait 360°. J’invite Young Jeezy sur ce titre, pour qu’il apporte son charisme naturel. Il incarne, d’une certaine manière, la réussite, laquelle je lui ai offerte en le signant chez Def Jam. Normal qu’il me renvoie l’ascenseur. On partage en commun un passé de dealer, le courant passe bien entre nous.

Avec Blueprint 3, je prends beaucoup de risques en terme d’innovation et je sais quelles personnes avec qui taffer pour obtenir le résultat escompté. En dehors de Kanye et No ID qui produisent près de la moitié du skeud, je compte sur Swizz Beatz pour explorer des trucs nouveaux. Je sais que c’est un modèle d’irrégularité, il suffit d’un rien pour qu’il ponde un beat d’enfer qu’une grosse daube. En ce qui concerne « On To The Next One », je crois que c’est plus un beat d’enfer qu’autre chose. Comme l’indique le titre de cette track, je laisse le passé au passé et je passe à autre chose. C’est pour ça que je dis « Hov on that new shit, Niggas like how come/ Niggas want my old shit, buy my old album ». Puis il y a Timbaland, avec qui je collabore depuis Volume 2 et qui apparaît sur les deux Blueprint. Des gens disent qu’il a perdu son talent, qu’il n’est plus dans le coup mais à mes yeux ça reste un créateur de tendance. Sur « Off That » on perpétue la tradition des up-tempos technologiques, avec des effets futuristes. Sur « Venus vs Mars » je confronte les opposés homme/femme (je ne dirai pas si c’est Beyoncé la voix de femme) et sur « Reminder » je rappelle mon palmarès hors-norme dans le rap game, juste après la track « Hate » avec Kanye West. On tue tous nos détracteurs avec des sons de pistolets lasers. Amusant le couplet de Kanye, il fait des rimes avec des onomatopées, on fait pas mal de name-droppings…

Pour continuer mon ouverture sur l’avenir du rap, je laisse la chance à de jeunes talents d’aujourd’hui et de demain : Drake, la star de Young Money, qui s’occupe de refrain de « Off That », Kid Cudi chante le hook de « Already Home » – là encore un morceau sur lequel je règle mes comptes – et j’intronise mon nouveau poulain, J.Cole, sur une chanson emblématique, « A Star Is Born ». Je parle de tous ces rappeurs, businessmen et producteurs hyper talentueux qui ont tout déchiré dans le rap et que j’encense, et j’en profite pour disser ouvertement d’autres rappeurs: « 50 came through like hurricanes do, I finished his ass at Summer Jam too », « Mobb Deep shook it but Prodigy took it a lil too far, can’t fuck with Brooklyn ».

Blueprint 3 est l’apologie de ma formidable suprématie. J’ai la quarantaine passée et ma carrière continue là où certains sont à l’agonie (hein LL?). « So Ambitious » avec Pharrell des Neptunes raconte une partie de mon enfance, lorsque tout le monde, les profs, les adultes, disaient que j’étais un bon à rien et que je ne réussirai jamais dans la vie. Le message de cette track est simple : regardez ce que je suis devenu bande d’enfoirés. C’est ma revanche. « Young Forever » featuring Mr Hudson est un pont construit vers mon avenir, je laisserai les gens en juger, mais personnellement je suis convaincu que j’ai encore du chemin à parcourir.

Epilogue du 11 Septembre 2009 : Le 11 est définitivement devenu un nombre clé dans ma carrière : 11e LP, 11 n°1 dans le Billboard, synonyme de mon entrée dans le Guiness Book. 11 Septembre 2001, Blueprint. 11 Septembre 2009, Madison Square Garden, me voilà. Standing Hovation !

Epilogue du 23 Septembre : C’est la première fois que je participle à un talk-show sur un plateau français, ça s’appelle « le gwand jouwnal ». J’étais ravi de contempler ma popularité et de recevoir l’amour du public. C’était une belle standing Hovation ! Soulever les foules est mon second sport favori, après le rap.

 

 

41 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Lankh dit :

    Il a aussi le mérite d’avoir démocratiser le rap, un genre tant contesté.

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    1. Sagittarius dit :

      Disons que sa crédibilité dans les colonnes de Forbes font qu’il peut se permettre de faire ça, car il est un artiste de rap avant tout, doublé d’un businessman de génie. Il est nettement au-dessus des Diddy, 50 ou Will Smith (qui ont aussi beaucoup démocratisé le rap bien avant lui mais pas forcément de manière crédible), qui ont eux préféré s’axer sur le merchandising ou le cinéma.

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      1. Lankh dit :

        Je suis totalement d’accord. Diddy s’est complètement fruité depuis quelques années. 50 Cent est en perte de vitesse, c’est hallucinant, c’est moi ou il n’a pas un pet de buzz pour la sortie de Before I Self Destruct? Le G-Unit est complètement mort, la hype s’est amenuisée comme peau de chagrin. Il a tellement saigné le truc qu’il n’en reste que la carcasse. Quoiqu’il en soit, il lui reste ses parts VitaminWater (une boisson dégueulasse au passage lol).

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  2. Lankh dit :

    lol c’est vrai

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  3. Raging dit :

    Nas tente autant que possible de maintenir son « authenticité », effectivement, mais c’est surtout parce qu’il connaît trop bien les disgrâces de la perte d’identité artistique(cf. période Escobar).

    Pour Jigga c’est différent, il n’a pas à maintenir une conduite, il force juste le passage pour atteindre la postérité avant l’heure. D’ailleurs, la référence à Michael Jackson est particulièrement bien sentie, tant le rôle que joue Jay-Z actuellement rappelle la cover de History (statue charismatique de MJ).

    Comme si le personnage était intronisé, qu’il entrait dans la légende de son vivant, pour mieux devenir une figure contemplatrice intouchable. Ce chemin qu’emprunte un peu plus à chaque sortie l’ex-Boss de Def Jam semble surtout destiné à laisser penser qu’il est au dessus de la concurrence, et même qu’il lutte hors catégorie (ce qui est, somme toute, assez vrai).

    Mais c’est fait de manière un peu épaisse. Les intentions sont cousues de fils blancs, et la question, malgré ce qui a été dit ici, n’est pas de savoir si c’est bien senti commercialement ou pas. Tout démontre que ça l’est. Il s’agit plutôt de savoir si ce brave Shawn ne tourne pas un peu à la caricature à force de s’autosatisfaire et de se congratuler lui-même.

    Après, c’est sûr que pour un multi-millionaire de bientôt 40 balais, marié à une star du Rnb, on n’attend pas du rap de jeune premier. Mais on aimerait autant que ça ne soit pas non plus du rap de vieux beau.

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    1. Lankh dit :

      Oué, tu as raison. Je n’avais pas bien senti ce que Jay-Z essaie de mettre en place (est-ce vraiment intentionnel? Je ne sais pas). Evidemment, il n’atteindra pas la même stature mondiale que Michael Jackson, mais, malgré cela, il laissera sûrement des traces dans le monde du Hip-Hop. En revanche, je n’ai pas compris le fait qu’il n’ait plus de concurrence; tu penses qu’il n’a plus de concurrence musicale? (il y a beaucoup d’autres rappeurs de valeur, non?) ou tu penses qu’il sait, mieux que d’autres, construire une stature? (grâce, notamment, à son charisme rare dans le monde du rap).

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      1. Sagittarius dit :

        Jay-Z s’est déjà pris pour un autre Michael : Jordan.

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      2. Rag' dit :

        Il n’a plus de concurrence dans le sens où aucun autre artiste de la sphère du Hip Hop n’a un statut d’icône comparable au sien, tout en continuant à occuper le terrain avec insistance, et réussite. Nas, à côté de Jigga, est un nain commercial, Dre passerait presque pour un gars de l’under tellement plus personne ne sait s’il fait toujours de la musique, Snoop fait de la merdre depuis pas loin de 10 ans (à quelques rares étincelles près), le simple nom de Diddy fait marrer tout le monde du Hip hop désormais, et la plupart des autres rappeurs, talentueux ou non (ça n’est pas le propos) sont d’obscures inconnus pour le « grand public ». Je ne parle pas d’Eminem qui, dans l’inconscient collectif, fait de la pop, ni de 50 Cent (pour des raisons que vous comprendrez bien).

        Jigga a traversé les époques, et a conquis de nouvelles terres pour agrandir son empire au fil des années. Aucun autre artiste du Hip Hop n’associe productivité comme lui, sens du business, buzz permanent, qualité toujours plus ou moins au rendez-vous, ou encore actualité people sans se couper d’une base de fan éternels et bien ancrés dans le HH.

        C’est déjà un exploit que d’avoir réussi ce grand écart sans passer pour un vendu aux yeux des HH heads, ni pour un bouffon pour le reste du monde.

        En ce sens, il n’a pas de concurrence, parce que personne d’autre que lui ne peut annoncer son skeud sur un panneau de 50 mètres de haut en plein NYC, squatter les ondes de Hot97, les sonos des SUV, les i-pod des geeks du monde entier, placer un son en club, inviter Rihanna sans passer pour une cloche, aller à St Trop’ sans être un beauf convaincu, porter le costard aussi bien que le survet’, se faire inviter inviter chez Letterman et sortir pour aller chez son avocat finaliser le deal d’un nouveau label (histoire de faire marroner son ancien…).

        Bref, il y a beau y avoir des armées d’autres rappeurs, dont certains le mettent bien à la traine aujourd’hui, mais dans sa tour d’ivoire, Jigga n’a pas besoin de se mesurer à eux. Qu’on adhère ou pas à la tournure musicale de sa carrière, on ne peut que se prostérner devant la facilité avec la il concilie désormais les différentes facettes de son rêve de toute puissance.

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        1. Sagittarius dit :

          Le plus dingue c’est qu’il a réussi à consolider sa notoriété la quarantaine passé, là où d’autres vétérans et légendes (un peu moribondes j’avoue) ont trépassé : Rakim, LL Cool J, KRS-One, etc…

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  4. Lankh dit :

    (A deenastynova) « Je préfère encore la démarche de Jay-Z qui vise tout les auditeur… » Oué, la démarche de Jay-Z est intelligente au niveau commercial, mais je regrette la touche street qu’il avait avant :(. Le Black Album a gardé un peu de cette touche, juste un peu, sur un ou deux morceaux. Quant à Nas, je te rejoins sur un point: le manque de punch (ou fraîcheur) de ses derniers albums, sans doute à cause de choix musicaux restreints. Ceci dit, je salue sa démarche courageuse.

    P.-S. Quand est-ce que Sagittarius ouvrira un forum? :p

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    1. Sagittarius dit :

      Lol j’y ai pensé mais m’occuper de mon blog me prend déjà pas mal de mon temps libre (en tenant compte du temps que je consacre à la rédaction).

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  5. Lankh dit :

    (A Rag’) Oué, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Le Black Album correspondrait donc à son apogée musicale? (pris dans l’ordre chronologique de sa discographie; evidemment, Reasonable Doubt est son meilleur effort). Par comparaison, je trouve que Nas a été plus fin au niveau de ses derniers albums en date (Nigger et même Hip Hop is Dead). Nas garde une authenticité artistique qui semble rejeter le diktat de la scène mainstream actuelle. Il sort des albums au contenu lyrical réfléchi; d’ailleurs, son prochain album, en collaboration avec Damian Marley, semble être dans la lignée de Nigger.

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    1. Sagittarius dit :

      Je comprends aussi parfaitement l’avis de Rag, qui a bien cerné aussi la personne de Jay-Z post-retraite. En fait je crois que c’est son come-back et l’élévation de son statut qui fait que ses albums ont plus d’égo et de stature qu’auparavant, où il avait encore de la concurrence.

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      1. deenastynova dit :

        C’est sûr que Jay-Z à Michael Jacksonisé sa musique. Maintenant je pense qu’il peut largement sortir un album entier hors tendance.

        American Gangster (bien que très cuivré) n’était pas destiné au grand public mais bien aux nostaligique de Reasonable Doubt (toute proportions gardées!!).

        Maintenant stratégiquement je le préfère largement à Nas qui tente tant bien que mal de garder son « authenticité » résultat ses derniers albums sonnent comme des pétards mouillés avec des producteurs qui manque cruellement de créativité.
        (Vivement celui avec Damian Marley^^).

        Je préfère encore la démarche de Jay-Z qui vise tout les auditeur et je trouve que Blueprint 3 est très loin d’être un album fourre-tout par rapport aux autres artistes.
        Jay-Z fait avec la tendance avec tout les défauts et les qualités que cela en découle et c’est ça qui est aussi fascinant.

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  6. Rag' dit :

    J’ai de plus en plus de mal a adhérer à ce qu’est devenu Jay-Z, une sorte de pierre philosophale du rap, dont le « vrai » public est aujourd’hui un peu flou (d’où son succès, sans doute).

    Par principe, quand les artistes commencent à faire l’unanimité, ils deviennent consensuels (ou l’inverse), et c’est le chemin qu’a entrepri l’ex-President Carter depuis un bail.

    Autant ça le faisait avec brio sur Blueprint, puis sur Kingdom Come, autant American Gangster et Blueprint 3 me laissent de marbre. L’utilisation intempestive de cuivres dans le Hip hop me refroidi, et cette tendance « HH fanfare » (que Just Blaze sert sur un plateau à son boss depuis des plombes) ne me convainc pas.

    C’est un avis sur l’évolution de la carrière de Jigga au cours des dernières années plus que sur ce nouvel opus, vous l’aurez compris, mais à quelques détails près, je dois dire que je ne suis pas emballé. Je mettrais un petit 3/5, parce qu’il y a beaucoup de déjà entendu.

    D’ailleurs, quel dommage que Jay-Z ait brouillé les pistes dans la continuité de sa discographie.. Il sort un BP 3 qui ressemble plus au mariage de KC et AG qu’à la filiation des samples chauds de BP, et de la nostalgie qui se dégageait de cet album.

    C’était un cliché et c’est devenu la réalité. Jigga donne l’impression d’être un rappeur qui se regarde le nombril et qui autosatisfait son désir de toute puissance en se faisant des clins d’oeil devant un miroir…

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    1. Lankh dit :

      Exactement Rag’, je suis du même avis que toi. Tu as très bien analysé l’évolution de sa carrière musicale. Jay-Z a « lissé » son rap pour ouvrir sa musique à un public bien plus large qu’avant. Il est passé du Hard Knock Life, orienté street et amateurs déclarés de Hip-Hop, au Empire State of Mind, avec des sonorités moins « crues » et orienté iPod d’un-peu-tout-le-monde. Ceci dit, cette évolution est, je pense, légitimée par la longueur de sa carrière musicale. Il n’a, en quelque sorte, plus rien à prouver (et ne peut plus rien prouver?), et c’est bien dommage. Des sons comme 99 Problems nous rappelle qu’il a quand même gardé du coffre street.

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      1. Rag' dit :

        C’est sûr qu’il n’a plus rien à prouver, mais ça ne date pas d’hier. C’est le cas (pour moi) depuis le premier Blueprint. Mais quand j’écoute un skeud comme BP3, je me dis que le type qui découvre Jigga avec cet opus, il n’a pas de quoi s’accrocher au rideau.

        Pour les gens qui ont vu son évolution, son parcours de self made man/golden boy du Hip Hop, la fascination pour l’empire qu’il a construit est aujourd’hui plus puissante que sa musique elle-même. Si bien qu’à l’écoute d’un truc un peu chiant, on entend la consécration d’un gars qui aurait dépassé les frontières de l’industrie (au point que son personnage est un peu pop aujourd’hui).

        Je garde bien de la sympathie pour l’artiste, bien sûr, et un souvenir carrément ému de certaines de ses envolées, mais là je me dis juste que ça ressemble à une fin de parcours.

        Un peu comme quand les grands Chefs, repus et las de faire la cuisine pour le monde entier, sortent des bouquins de recettes pour capitaliser sur leur nom. Comme pour Jigga, c’est d’autant plus gratifiant pour eux qu’ils ont beau faire ça pour le pognon et filer la recette à tout le monde, personne n’est capable de faire la même chose sans souffrir la comparaison…

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  7. deenastynova dit :

    Mais bien sur, mais Obama a été énormément soutenu par la très grande majorité des artistes. Obama ça passe aussi et surtout par la. Il n’y a pas que sa belle ganache qui lui a valu son election à la maison blanche car sa canditature repose aussi sur un système médiatique bien conçu.

    Quand à Jay-Z il ne faut pas oublier que non seulement dêtre immensément riche, il est bisness man, il saiscomment marche le commerce c’est ça qui est fascinant sinon comment croit-tu qu’il a bécoté les sièges de L’ONU?
    Jay-Z démontre que la musique et les lois du commerces peuvent très bien s’accomoder avec tout les bons et les mauvais côtés.

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    1. Lankh dit :

      Oui, il a été soutenu; disons que les artistes, de par leur hype, l’ont aidé à renforcer sa campagne médiatique, notamment envers les jeunes. Et, oui, Jay-Z a parfaitement su utiliser les lois du business, sinon comment aurait-il pu gagner cet argent…

      En fait, je critiquais l’exagération de ton message; la politique reste la politique (des enjeux mondiaux, nationaux, etc.) quand bien même elle est, de nos jours, très influencée par le buzz médiatique et la « séduction ». Ce n’est pas Jay-Z qui résout les problèmes ou influence les décisions politiques…
      Bref, le blog de Sagittarius n’est pas encore devenu un forum politique lol laissons parler la musique :)

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      1. deenastynova dit :

        Bon est sur la même ligne.

        Ma comparaison était bien entendu du second degré. Je me suis peut être mal exprimé mais la comparaison est de toutes proportions gardées. Et puis c’est aussi amusant de comparé avec l’incomparable.

        Après moi je dirais que la sortie d’un album comme Blueprint 3 fait du bien a l’industrie du disque donc c’est un enjeu internationale, la musique n’est pas qu’une façade de convivialité.

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  8. Lankh dit :

    lol deenastynova « Vu que Jay-Z a été fortement influent dans l’élection d’Obama, moi je vais dire que Blueprint 3 sonne comme si Obama en personne sortait un cd »…tu penses, réellement, que les 131 millions de votants ont écouté Jay-Z pour décider de voter Obama? Tu ne crois pas qu’Obama a, d’abord, eu un charisme énorme, une hype médiatique et une campagne politique efficace?

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  9. escobar56 dit :

    Je pense qu’on a grosso-modo le même avis sur le skeud.
    Pour moi Jay-Z a vraiment du mérite car après 10 albums il parvient encore à en sortir un typiquement dans l’air du temps sans paraître ringard. D’ailleurs je vois qu’on a eu la même idée vis à vis de LL Cool J…
    La différence est là. A 40 piges passée, Jay Hova sait rester en haut de l’affiche alors que d’autres ont déjà sombré dans les bas fond du rap game. En plus,avec cet opus, Jigga ne fait pas que sortir un truc honnête, il fait en même temps découvrir la nouvelle génération.

    Si je devais décrire ce Blueprint III est quelques mots se serait : frais, pur, classe et moderne. Donc pour moi c’est une réussite, même si le niveau du volume 1 est définitivement du passé.

    P.S. : Sympa ton concept de chro’.

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  10. deenastynova dit :

    La chronique est vraiment géniale !
    J’avais adorer celle de Kingdome Come et American Gangster sur rap2k et la je dois dire chapeau par rapport à toutes les autres sur le net.
    Par ailleurs ou es-ce que l’on peut trouver d’autres critiques de Ragging Bull??

    Bon concernant l’album, moi non plus j’ai pas envie d’être sévere même si tout n’est pas parfait, c’est sur toute sa carrière que je le juge.

    Vu que Jay-Z a été fortement influent dans l’élection d’Obama, moi je vais dire que Blueprint 3 sonne comme si Obama en personne sortait un cd:
    Il est accessible (un peu trop?) il essaye de toucher toutes les classes sociales, du fervent fan qui feuillette encore les pages calquées du premier Blueprint à l’auditeur alpha qui zappe toutes les niaiseries du moment sur son mp3.

    D’après moi Jay-Z essaye de faire de l’electoralisme en ce Michael Jacksonisant quite à utiliser la surenchère médiatique, il faut bien avouer qu’il le fait avec classe. Les « traumatisés du Reasonable Doubt » peuvent être deçu, moi je dois dire que ce Jay-Z me fascine encore.

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  11. BeNine Press dit :

    Très bon album pour moi…Je vois pas de grosse daube sur ce truc , c’est du Jay-z , aucun morceau ne ressemble je trouve… 4.5/ 5 !

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  12. Bobby_Milk dit :

    J’ai fais le même genre de chronique avec pas mal de similitudes, j’sais pas si c’est un hasard ou quoi… enfin bref, bon album même si je m’attendais à un truc moins dispercé niveau sonorité.
    L’album de Raekwon reste le truc le plus dingue que j’ai écouté cette année pour le moment.

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    1. Sagittarius dit :

      OB4CLII est ma prochaine chro !

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  13. Milanico dit :

    Bonne chronique, peut etre pas assez critique à mon goût.

    Pour moi on à affaire à un Grand Album avec assez de track énormes pour avoir le statut de classique.

    Classique ? oui… mais non, l’ombre au tableau ce n’est pas Jay, toujours au-dessus, ni les invités, bien choisi dans l’ensemble et qui livre de belle perf. L’ombre c’est ces quelques prods qui gachent l’ensemble, je vise quatre tracks : Hate qui heureusement ne dure pas longtemps, On To The Next One (peut être la pire prod de Beatz et pourtant il en fait des tracks moisis…), Off That et Reminder.

    Quatre tracks que j’ai vraiment du mal à na pas passer et qui gache donc forcement le tout. C’est dommage parce que le reste est vraiment tres tres grand.

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    1. Sagittarius dit :

      Difficile de s’autocritiquer qd on s’appelle Jay-Z et qu’on est fan de soi-même ;p
      Les autres chros de Jay-Z (AG et Kingdom Come) n’étaient pas critiques non plus, mais celle là parle un peu plus de l’album et de son contenu par rapport aux 2 autres.
      En tout cas, vu le délire que je me suis imposé, ça me paraissait inconcevable d’avoir un avis critique négatif. Reste la note.

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  14. Lankh dit :

    Une chronique bien rédigée. Cependant, je trouve la note un peu trop élevée (j’aurais mis « or » moi). Jay-Z a une carrière incontestable, mais je continue de penser que le Black Album marque son apogée musicale. J’ai été déçu par certains featurings qui n’apportent rien: Drake, J. Cole, Rihanna (il y a d’autres chanteuses plus intéressantes)…j’ai bien compris qu’il voulait de la fraîcheur, mais il y a eu des erreurs de beats je pense: Off That (décevant comparé à un Dirt Off Your Shoulder), On the Next One (un beat à vomir lol). Ceci dit, je retiens quelques bons sons: Thank You, Empire State of Mind (avec une vraie chanteuse cette-fois!), Young Forever (qui nous rappelle que l’on est que de passage), D.O.A. (putain d’ambiance). Une petite Hovation pour la route (bien vu le jeu de mots), en espérant qu’il s’engage plus hors musique et business

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  15. Mattkambz dit :

    ah apparemment non!!!
    désolé!!

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    1. Sagittarius dit :

      C’est moi, je n’ai pas le net chez moi.

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  16. Mattkambz dit :

    heu on n’aurai pas supprimer mon commentaire??

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  17. Mattkambz dit :

    J’ai pas encore écouté l’album au complet mais c’est juste pour dire que je trouve D.O.A absolument ridicule!!
    Jay-Z a dû écrire cette merde en 10 minutes max juste pour se créer une hype.
    D’ailleurs venant de Jay-Z qui est avant tout un businessman, je trouve ça ridicule de clasher quelque chose qui est rien d’autre qu’une hype alors qu’il a signé sur son label des artistes aussi superficiels que Rihanna.
    Et puis T-Pain n’a pas attendu que la hype arrive pour chanter à l’autotune, il a toujours fait, c’est sa marque de fabrique!!!
    enfin bref, il faut toujours des Haterz pour chialer quand quelque chose cartonne!!

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  18. Mastazob dit :

    Vous trouvez pas que Thank You a les même drums que Lost One ou encore Deja Vu (Eminem)?

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    1. Sagittarius dit :

      Putain j’ai eu la même impression que toi pour « Thank You », mais je penche plus pour « Lost Ones », les drums et le beat ressemblent bcp à celles que Dr Dre emploient sur « Lost Ones », avec un tempo quasi identique. En tout cas les drums ressemblent étrangement à celles que Dr Dre emploient depuis un petit moment…

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  19. Mastazob dit :

    C’est Beyoncé sur Venus vs Mars.

    #1 – 4,5/5 (Refrain très chelou)
    #2 – 5/5 (Classe)
    #3 – 5/5!! (Takeover pt. 2, beat plus violent)
    #4 – 4,5/5 (eeeeeeeeeeeeeeeehhhhh!!!)
    #5 – 5/5!! (NY State Of Mind pt. 2)
    #6 – 4,5/5 (Je suis peut-être le seul à adorer)
    #7 – 4,5/5 (J’adore le refrain)
    #8 – 4,5/5 (Prod de malade)
    #9 – 5/5!! (Ma track préférée, prod incroyable)
    #10 – 5/5!! (Enormes les punchlines)
    #11 – 5/5!! (Excellente prod)
    #12 – 2,5/5 (Première prod de Kanye que je n’aime pas)
    #13 – 4,5/5 (GROSSES BASSES!!)
    #14 – 5/5 (Enfin du bon Neptunes)
    #15 – 4,5/5 (Classe)

    Voilà, je pense que je suis vraiment le seul à avoir adoré l’album, je l’ai écouté 21 fois en 2-3 jours. Kanye West a dit qu’il avait les meilleurs beats de tous les temps, c’est peut-être exagéré mais il a foutu un excellent travail avec No I.D. Can’t wait for the next album!!

    PS: Jay-Z a vendu tous les tickets de son concert au Madison Square Garden en une minute!!

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  20. MurPhy!!! dit :

    Bonne chronique comme d’hab! Tu fais un résumer parfait de ce qu’est devenue Jay-Z dans le monde du Hip-Hop!
    Sur cette album on peu y trouver du bon comme du mauvais Jay-Z!

    Quand je dit mauvais, je prend pour exemple le type de musique qu’on pouvait trouvais sur « Kingdome Come » (album qui ne m’a pas du tout convaincu) j’ai l’impression que les track comme « Reminder » et « On To The Next One » sont des titre qui n’on pas était retenue pour cette album. Même si elles sont appréciable à la 1er écoute, je me suis vite lasser de ces titre au bout de la 10ème écoute.
    Après pour tous le reste, c’est du tous bon! Un « What We Talkin’ About » qui te scotch à la 1er écoute, les classique « D.O.A » et « Empire State Of Mind » (dommage qu’il n’a pas gardé le ou les couplet de Nas, l’envoutant « So Ambitious »!
    J’ai était aussi surpris par le feat avec Young Jeezy! Je pensais qu’il allais tous gâcher mais non, j’ai accroché du début à la fin à son refrain. Mention au prod de Timbaland sur le futuriste « Off That » et « Venus VS Mars », pour le coup, moi qui était très déçue de ce qu’il faisait en ce moment, le gars remonte dans mon estime! Une mention aussi à Kanye West sur la prod de « Hate », il ce transforme pour l’occasion en Kanye 2.0 (je l’appelle comme ça depuis la sortit de « 808 & Heartbreak » car je trouve qu’il a deux style différente de prod), on voit qu’il a su maitriser son art depuis « Swagga Like Us ».
    Pour finir, j’ai était déçu qu’il n’ait pas enregistrer le « Swagga Like Us » qu’il nous avait promis de faire avec Andre 3000, Nas et Young Jeezy. Et j’aurais apprécié un feat digne de « Crazy In Love » avec sa lady Beyoncé (oui j’ai adoré les feat qu’il a fait avec sa femme et j’ai pas honte de le dire lol) mais je pense que j’en demande trop!

    P.S: Pour finir, tu posais la question de savoir si c’était bien Beyoncé sur le refrain de « Venus VS Mars ». En tant que fan de celle ci je peu t’affirmer que c’est bien elle.

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