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Lupe Fiasco « Food & Liquor II: The Great American Rap Album part 1 » @@@


Essayons de faire comme si Lupe Fiasco n’avait jamais sorti Lasers. Mmh facile à dire, le mal est fait et ancré profondément. Alors faisons comme si nous ne l’avions jamais écouté? Bah trop tard… Espérons que Food & Liquor II le remette dans le droit chemin alors. Car cette [je-ne-trouve-pas-les-mots-pour-exprimer-cette-infâmie] que fut Lasers a fait passer Lupe de rappeur modèle, qu’il est très vite devenu avec Food & Liquor puis The Cool, à un celui d’un banal rappeur ultra-commercial du même acabit qu’un Flo Rida. Ce nouvel album a un véritable enjeux : reconquérir sa fanbase et de ce fait, récupérer la place qu’il a perdu, celle du rappeur rebel-intello-visionnaire et extrêmement doué avec une conscience politico-sociale. C’est faisable. Cependant sous-titrer Food & Liquor 2e du nom avec The Great American Rap Album c’est exagéré non? Chronique du ‘black album’ de Lupe Fiasco….

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Pusha T « Fear of God II: Let Us Pray » [EP] @@@½


Pusha T part enfin dans une campagne solo après avoir marqué une décennie toute entière avec les Clipse et leur crack music cuisinée par les Neptunes. Une étape nouvelle significative s’est amorcée dans la vie de ce rappeur qui a conjointement signé chez G.O.O.D. Music et Def Jam Recordings, avec pour débuter une apparition sur le single « Runaway » de Kanye West. Fort du succès de sa mixtape Fear Of God lancée l’été dernier, Pusha a réédité son contenu sous un format EP chez Decon Records, vendu avec un supplément.

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MMG presents « Selfmade, vol.1 » @@@


Née en 1910 en Allemagne, le constructeur de voiture Maybach arrête sa production de voitures de luxe durant la Seconde Guerre Mondiale. Ressuscitée par Mercedes en 2006, la marque se réimplante rapidement sur le marché des limousines, devant Bentley et Rolls Royce. Depuis 2008, grâce à Rick Ross, le boss de Miami, Maybach a maintenant son label et sa musique, qu’il a brillamment illustré sur Trilla, Deeper than Rap et Teflon Don. Pour ce premier volume de Selfmade, Rozay a partagé les autres places de son palace roulant à ses nouvelles recrues : Meek Mill, Pill et Wale.

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Maybach Music Group presents Rick Ross « Ashes to Ashes » [free album] @@@½


Ricky Rozay avait dans l’idée de sortir pour Novembre 2010 une réédition de Teflon Don (lire la chronique) avec quelques titres supplémentaires, histoire d’entretenir le succès de son quatrième album dont les tubes “MC Hammer”, “B.M.F.”,  “Super High” et “Aston Martin Music” font rouler sa Maybach sur l’or. Son copinage avec son manager Diddy, qui veut faire de lui le nouveau Biggie et avec qui il forme le duo de Bugatti Boyz, y est probablement pour quelque chose aussi.
Bref, le boss de Miami a finalement revu ses plans et envisagé une autre stratégie marketing. Avantagé par son physique de gros barbu, il s’est déguisé en Black Santa pour livrer la veille de Noël son nouveau street-album Ashes to Ashes aux fans qui le désirent, avec dans la hotte des morceaux inédits de Maybach Music.

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DJ Khaled « Victory » @@


Faire le vide dans sa tête est fortement conseillé si l’on entreprend d’écouter un disque de DJ Khaled. Surtout quand il nous réchauffe la même soupe pour la troisième fois et qu’il nous chauffe littéralement les oreilles avec ses gimmicks insoutenables.

Simulant sa propre gloire et celles des ghettos (de Miami plus exactement), le voilà qu’il se met à crier Victory (We The Best Music Group/Terror Squad/ E1 Entertainment) à qui l’entend. Tous ses potes de Blackberry sont là pour le supporter, nous avec, mais pas dans le sens où il l’entend. Il y a des fois où l’on aimerait être sourd à notre guise. Quand même, on va pas se forcer à l’aimer…

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Fat Joe « J.O.S.E.2 » @1/2


Certains auditeurs de rap cainri ont raison de penser que la qualité du rap eastcoast est tirée par le bas si on étudie la question de Fat Joe. Celui qui dans les années 90 a lancé la carrière de Big Pun et qui fut un des piliers du D.I.T.C. n’est plus que l’ombre de lui-même à l’heure où je vous parle.

La sortie de J.O.S.E. 2 permet de faire le point depuis son prédécesseur Jalous Ones Still Envy qui nous ramène huit ans en arrière, période où Fat Joe était au top de sa carrière. En effet, J.O.S.E. premier du nom (dont sont extraits les tubes « What’s Luv » avec Ja Rule & Ashanti et « We Thuggin » feat R Kelly) s’est officiellement vendu à plus d’un million d’exemplaires au pays de l’Oncle Sam. C’est après que sa cote de popularité a dégringolé proportionnellement à ses scores de vente… jusqu’à atteindre le fond avec ce grotesque J.O.S.E. 2. Comment a-t-il pu tomber si bas ? Analyse.

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Jay-Z « The Blueprint 3 » @@@@


The Blueprint 3 est la fin d’un cycle, qui a commencé en cette date tragique du 11 Septembre 2001, celle des attaques terroristes qui ont ébranlé la ville de New-York et le monde entier. Cette tragédie incommensurable m’a rendu encore plus fort pour représenter et j’ai été proclamé King of New-York. The Blueprint est un de mes albums favoris, c’est un classique, un album très soulful qui puise sa source dans les chansons de soul et de rock qui ont parsemé mon enfance. C’est grâce à cet album que Kanye West existe aujourd’hui, et je n’ai jamais perdu l’ascendant sur lui.

L’année suivante, je remets le couvert avec la suite, The Blueprint 2, un double-album riche en collaborations marquant mes influences quand j’étais ado, mais qui n’a pas trop plu à la critique. Après quoi j’ai mis en scène une retraite provisoire en réalisant avant ça mon fameux Black Album avant de faire mon retour en 2006 tout en étant président de Def Jam Recordings : le plus grand départ du rap game et le plus grand come-back du rap game, c’est moi, Jayhovah.

Les choses ont très vite changé pour moi ces dernières années. J’ai quitté Def Jam parce qu’on m’a refusé de payer une augmentation, je crée alors Roc Nation chez la maison de disque adverse Atlantic. Ça me manquera qu’on ne me surnomme plus President Carter, mais je reste un businessman avant tout. Puis je m’épanouis dans ma vie personnelle depuis mon mariage caché avec Beyoncé. Raconter ma vie privée n’est pas mon fort. Et c’est de manière très calculée que j’apporte le dernier volet The Blueprint 3, qui – je l’espère – marquera une nouvelle ère dans le rap.

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Rick Ross « Deeper Than Rap » @@@@


Ce n’est rien de dire que Rick Ross pèse lourd dans le rap game. Sans jeu de mot, ça fait sourire. Un après Trilla qui a lui rapporté une seconde plaque dorée, le Boss a encore pris du galon en blanchissant son argent avec son propre label Maybach Music Group et surenchérit avec Deeper Than Rap.

Cependant, ce troisième album n’est pas sorti dans les meilleurs conditions promotionnelles puisqu’il s’est frotté à 50 Cent sur son premier extrait « Mafia Music », en insinuant qu’il aurait commandité l’incendie de la maison de son ex. Fallait oser. Et l’aveu difficile de son passé de gardien de prison (grillé par une photo non-truquée) a laissé une grosse tache de gras sur son smoking. Ce buzz pas forcément positif a eu un impact sur les scores de ventes de Deeper Than Rap, moins bonnes que ses précédents albums. Dans tous les cas, cela ne l’empêchera pas de faire parler de lui et de se faire de l’argent grâce au rap et de devenir plus riche.

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Jadakiss « The Last Kiss » @@@1/2


Nouvelle écurie, nouveau label, nouveau départ, nouvel album pour Jadakiss, son troisième en solo. L’ex-Bad Boy devenu un temps membre des Ruff Ryders (involontairement dissolu à cause des frasques hebdomadaires de DMX) s’est installé chez Roc A Fella Records après avoir encré un deal solide avec Jay-Z, le transférant de chez Interscope (où 50 Cent prenait trop de place avec sa grosse tête) vers Def Jam. Une sacrée veine de cocu en cette période difficile où le jeu des chaises musicales consiste essentiellement à passer au niveau inférieur en signant chez un indé, comme c’est le cas de ses deux ssoc’ Styles P et Sheek Louch.

Le plus étonnant (rassurant?) dans tout ça, c’est que le potentiel commercial de Jadakiss semble intact, son public ne l’a pas oublié depuis le platine Kiss of Death sorti été 2004 si on se fie aux chiffres de vente de The Last Kiss (et non pas Kiss My Ass jugé politiquement incorrect par les têtes bien pensantes). Personne ne l’attendait à ce niveau, on est content de voir qu’il compte définitivement parmi le top10 des MC new-yorkais actifs actuellement. Reste à savoir si cet opus, en l’apparence mainstream si l’on s’en tient à la liste d’invités et de producteurs, possède les productions que mérite Jadakiss, un problème récurrent sur ses albums. C’est le moment de vérité.

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Flo Rida « R.O.O.T.S. » @


Oups, on dirait que j’ai enterré Flo Rida un peu trop vite en le qualifiant de ‘two-hit-wonder’. Rappelez-vous, dans ma chronique de Mail On Sunday, j’avais conclu par – je cite : «Les appréciateurs du genre le ressortiront pour l’été, les autres dans un an histoire de se dire « putain c’était quand pas même génial ce skeud ». Et peut-être que deux ans plus tard postera-t-on un avis de recherche sur ce « mec qui rappait ‘Low’ avec T-Pain et un morceau avec Timbaland » dans la rubrique « qu’est-il est devenu ? », à moins qu’il sorte de l’oubli avec une seconde livraison d’ici là. »

Il l’a sorti, cette seconde livraison et jamais je n’aurai cru une seconde l’an passé qu’il regrimperai en tête des ventes de singles, en 2009, avec son hit « Right Round » pendant 6 semaines ! Quitte à s’incruster sur nos bandes FM aux heures de grande écoute. Je l’admets, je m’en ronge les ongles de son succès. C’est comme Plies, l’autre rookie originaire de Miami dont je n’ai écouté aucun de ses disques : je ne comprends pas comment un rappeur comme lui puisse cartonner autant, ou alors ses featurings r&b rend ses singles trop racoleurs pour moi. Enfin bref, pour moi il n’y a aucun intérêt à éprouver envers un artiste pressé de sortir des skeuds tant qu’il est au sommet de sa réussite.

Aussi, je pense que la ville de Miami jouit d’un buzz sans précédent depuis 2004, c’est devenu en quelque sorte la nouvelle ‘gangsta city’ avec ses valeurs sûres comme Trick Daddy, Rick Ross et le sauvetage récent de Pitbull. Depuis, tous les rappeurs qui émergent de la péninsule floridienne sont promis au succès. Est-ce que la success-story de Flo Rida va durer encore longtemps ?

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Capone-N-Noreaga « Channel 10 » @@@1/2


Il y a des retours qui font plaisir à voir mais qui ne créent plus tellement d’agitation, parce qu’on se dit qu’il ne referont jamais ce qu’ils ont fait auparavant et que leur gloire est derrière eux. C’est vrai, on ne court plus chez son disquaire prêt à claquer ses thunes quand on voit un nouvel album d’un groupe de rap qui était hype dix ans auparavant. Le féru de hip-hop est devenu un consommateur méfiant.

Capone et Noreaga avaient annoncé leur réunion il y un long moment déjà, par divers extraits comme « Cocaine Cowboys », de bon augure. Encore heureux ! Parce que si les C-N-N ont un classique à leur actif (The War Report) et une séquelle mémorable (The Reunion), leurs sorties en solo ont mis leurs carrières respectives sur le déclin : depuis son départ de Def Jam et son délire Reggaeton, NORE a perdu en crédibilité, surtout que son dernier album Noreality était une grosse daube; Capone quant à lui n’a jamais su faire mieux que des mixtapes ou street-albums médiocres.

La tâche s’annonçait difficile, Channel 10 devait marquer le coup afin de redorer l’image de Capone-N-Noreaga et redonner confiance. C’est chose faite, ce troisième album est très loin d’être catastrophique, il est même plutôt bon. Il fallait juste qu’ils se remettent ensemble pour que tout redevienne normal.

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DJ Khaled « We Global » @@


On change tout sans rien changer, telle est la formule que nous sert DJ Khaled pour la deuxième fois depuis Listenn : une Nième compilation made in Miami avec un tas de hot singles (éphémères, pléonasme) et des combinaisons de rappeurs mainstreams. On retrouve bien entendu sur We Global (We The Best Music Group/Terror Squad/ Koch Records) la houlette de producteurs floridiens habituels, comme les Cool & Dre, The Runners, les Diaz Brothers, plus Danjahandz, des gros clients présents depuis le début comme Rick Ross, Flo Rida, Trick Daddy, Trey Songz, Bun B, Birdman, Pitbull, Akon, Fat Joe (l’unique membre originel du Terror Squad) avec au milieu de tout ça, le petit protégé Ace Hood (signé sur Def Jam), Kanye West, The Game et pour la première fois Nas, Sean Paul, Busta Rhymes et Missy Elliott. Excusez du peu encore une fois.

Oh, tiens donc ! Voyez-vous ça, il manque Lil Wayne dans les featurings, mais ce n’est pas comme s’il nous manquait, on le trouvera probablement dans le prochain album qu’on écoutera… Par ailleurs, DJ Khaled ne cache plus ses ambitions, il en veut encore et toujours plus de succès et de thunes. Comme il est dit dans l’intro « Standing to the Moutain Top », où Ace Hood termine essouflé par l’up-tempo : « I know it makes you sick, guess what, you make me rich. » Pas besoin de traduire, qu’on le supporte (difficilement) ou pas, on l’a dans le cul pour la troisième fois. On va devoir le subir encore, lui et ses abrutissants « we the best », « we takin’ over », « this for the ghetto » en rajoutant des nouveaux gimmicks du genre « we run this rap game », « we international now », blablabla… (*soupir*) Bon sinon, et à part ça ? 

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