« Kelis was here » @@@@


Si Kelis est devenue Mrs Jones en se mariant avec Nasir Jones, elle a avant cela fait son divorce artistique d’avec les Neptunes, n’étant plus affiliée à Star Trak désormais. Mais Kelis reste notre égérie préférée et son franc parlé intact, plus sérieuse tout de même et plus que jamais inspirée. ‘Kelis was here’ (Jive/Zomba/EMI-Virgin) est un album 100% Kelis : c’est elle qui choisit ses producteurs et gère totalement son album de A à Z. Nouveau look, des ambitions plus affichées, si ‘Tasty’ est ce qu’on appelle l’album de la maturité, celui-ci se démarque en étant celui de l’indépendance. Revue en détail.

Le single « Bossy », c’est la grosse claque dans la figure de la gente masculine. Avoir la bague au doigt n’a pas suffit à calmer Kelis, qui ne manque pas d’affirmation lorsqu’il s’agit de montrer son emprise sur le sexe faible. Même Too Short s’est plié à ses faveurs, c’est le monde à l’envers. Point croustillant, le refrain est une réponse claire au « Piggybank » d’un certain 50 Cent : « That’s right I brought all the boys to the yard/ And that’s right, i’m the one that’s tattooed on his arm ». En chienne, elle s’assume très bien dans son rôle de pétasse bon chic bon genre. Son mari Nas vient jouer le jeu du couple de stars (à la manière de Jay-Z et Beyonce) sur le second extrait « Blinfold Me » et ses accents sudistes pour ne pas dire Crunk’n B. Ce n’est pas pour autant que la durée de vie du morceau en sera raccourcie, on parle musique ici.

Ce quatrième album est aussi l’occasion pour Kelis de s’essayer dans divers genres musicaux et de mêler son r&b à divers sauces comme à son habitude. Parfaite dans son rôle d’anti-héroïne du rhythm’n blues, la belle élargit son éventail en faisant le grand écart entre ragga (« Fire » qui renvoie Sean Paul en Jamaïque), pop/rock m’as-tu-vu (« I Don’t Think So »), un peu de house (vers la deuxième moitié du banger « Week End ») et tant qu’à faire, pourquoi pas de la salsa pour finir en beauté (« Have A Nice Day »). « Like You » ose sampler une célèbre chanson d’opéra (à vous de reconnaître laquelle), donnant un semblant de majesté à une Kelis qui se veut mignonne. Pour la véritable envolée lyrique, il faut passer sur le splendide « Appreciate Me », catalysé par des riffs de guitare rock et une chorale pour ajouter une dimension plus symphonique. Que dire aussi de « Good Byes », gorgé de larmes et d’émotion fortes, dont la magnifique production (qui associe piano et synthétiseurs avec un beat Kanye Westien) est laissée entre les mains des Cool & Dre (qui remontent d’un cran dans notre estime).

C’est le moment de parler du pool de producteurs présent sur le disque, les inconnus rivalisant d’ingéniosité face aux célébrités du rap/r&b. Fatalement, Scott Storch (encore lui) répond présent avec une chanson soulful futuriste sur laquelle Kelis a posé le titre symbolique « Trilogy ». Will.I.Am vient apporter sa touche funky avec « Till The Wheels Fall Off » et surtout sur « What’s That Right Here », une chanson récréative qui sample une partie de « Knee Deep » de George Clinton. Pour le côté nusoul, Raphael Saadiq est là pour sublimer Kelis en l’entourant de magie sur « Circus » et « Living Proof », tandis que Cee Lo (Goodie Mob, Gnarls Barkley) vient donner un coup de blues (« Lil Star »). Shondrae Bangladesh est le producteur le plus représenté sur ‘Kelis was here’, puisque c’est lui qui a réalisé la rythmique en TR808 au xylophone hypnotique pour « Bossy ». Il produit en plus de ça deux autres chansons qui ne manquent pas de créativité, « Handful » et « Awwww Shit! » feat Smoke (des Field Mob?). Oui, Kelis se permet de jurer si ça lui chante, d’ailleurs elle s’en donne à coeur joie sur « Fuck Them Bitches » (la bonus track politiquement incorrecte).

Les fans de la première heure nourissaient de craintes depuis que Kelis n’était plus produite par Pharrell Williams et Chad Hugo mais cela ne l’a pas empêché de garder son style qu’on lui connaît tant, et même de s’épanouir davantage. Très varié dans ses compositions, ‘Kelis was here’ marque un second point de départ dans la carrière de la chanteuse, qui une fois de plus ne manque pas de nous ébouriffer par son originalité débordante. J’en profite au passage pour m’adresser à ceux qui se lassent du R&B miéleux et aseptisé pour ne pas dire cucul la praline : mettez vous au R&B alternatif avec notre amie Kelis!

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