Swizz Beatz « POISON » @@@½


C’était un secret pour personne que Swizz Beatz travaillait sur un nouvel album. Le producteur new-yorkais en avait fait part sur les réseaux sociaux alors qu’il faisait un beat contest amical avec Timbaland. Ou plutôt ‘superproducteur le plus surcôté de sa génération’ durant les années 2000, plus discret cette décennie depuis son mariage avec Alicia Keys mais toujours sur les gros coups. Prêts à avaler son Poison?

Cet élève de Dame Grease qui a explosé grâce à son style de prod pour Busta Rhymes et DMX entre 98 et 99 a eu, aux yeux de pas mal de monde, cette image d’un imposteur qui a le don de créer des bangers alors qu’il ne fait pas grand chose. Encore récemment pour « Uproar » de Lil Wayne, il n’a fait que reprendre le beat de « Special Delivery » de G-Dep. Avec une mode de conception expéditive, lui permettant de se vanter de pondre un beat en 5 minutes chrono, il faut prier que pour cette spontanéité, qui fait fi de toute sophistication ou un tant soit peu de musicalité, puisse fonctionner. Une fois sur deux, ou sur trois. Minimaliste? Fainéant surtout, pour son premier solo, le très moyen One Man Band Man en 2007, il avait laissé d’autres producteurs prendre le relai. Pourtant tout lui a réussi et les plus gros bangers des années 2000, on lui doit une poignée d’emblématiques, comme « Up In Here » de DMX, « Touch It » de Busta Rhymes… par exemple.

Lil Wayne est le premier à ouvrir Poison avec « P.O.M.S. (Pistol On My Side)« , une mise en garde que l’on croirait dater du milieu des années 2000 à écouter la manière dont Swizzy a préparé son beat (un beat qu’il réutilise à plusieurs reprises sur ce projet «  » »solo » » »). Si ce n’est la perf de Weezy et la boucle de piano, la recette de production est inchangée, à se demander ce qu’il a foutu toutes ces années si rien n’a évolué (ah si, il a été très brièvement responsable du design chez Lotus !?!). Le vrai coup de pression, ça démarre avec « Come Again » et Giggs. Le coup des sirènes conjugué avec la voix pesante du rappeur anglais, avec le type beat fétiche de Swizz Beatz (avec les cymbales), ça marche du tonnerre. Les cuivres de « Something Dirty/Pic Got Us » sont bien utilisés, puis il y a évidemment les frangins Jadakiss et Styles P, une combinaison qui marche avec Swizz Beatz peu importe où et quand. L’intervention de Kendrick Lamar en revanche est décevante, limitée à un refrain qui paraît improvisé. Le passage de Pusha T sur « Cold Blooded » fait extrêmement mal, c’est d’une lourdeur égale à celle de Daytona surtout que l’ambiance provoquée par cette boucle de piano et les sonorités sont glaciales, et on ne boudera pas notre plaisir d’entendre Nas sur la boucle soulful de « Echo« . Et alors que j’allais zapper la track avec Jim Jones, je me suis surpris à kiffer, ça ne m’était pas arrivé depuis Diary of a Summer.

Le moment où l’ont peut véritablement scander « Showtime!« , c’est « Stunt » avec 2 Chainz tellement ce morceau peut faire un malheur. Hé ce n’est pas le Swizz Beatz des grands soirs qui est à l’origine de ce banger en puissance, mais Bink! Comme quoi… « 25 Soldiers » avec Young Thug en revanche ne marquera pas les esprits, l’écouter essayer de rapper est une forme de supplice. Pour finir sur une note victorieuse, au onzième titre, Swizz Beatz balance « SWIZZMONTANA » (avec French Montana on s’en serait douté), avec cet instru typique de lui qui fait péter le champagne sur des trompettes répétitives et infernales. Mais va pour la nostalgie et la fête.

Swiss Beats quand il met l’argent à la banque après avoir tapé quelques secondes sur sa MPC avec juste ses 2 doigts, Suce Beats quand il ne fait que pomper allègrement un vinyle. Sans compter qu’à chaque fois que Swizz monte au créneau au micro, ça sonne comme une tactique d’attaque (défense?) pour vendre son truc. Un mix entre un DJ populaire et Puff Daddy, où parfois il ‘rappote’ comme si c’était nécessaire pour afficher son égo. Bref, ce Poison c’est du Swizz Beatz tout craché qui nous fait ravaler notre crachat. C’est difficile de l’admettre, en dépit de défauts inhérent au producteur et deux-trois featurings mal exploités, cet album a de nombreux points forts. On peut raisonnablement remercier J.Cole en tant que producteur exécutif (hé oui) pour avoir orienté le choix des morceaux, son oreille est fiable. Ça expliquerait pas mal de choses.

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