Nipsey Hussle « Victory Lap » @@@@


Nipsey Hussle n’usurpe pas son nom, toute sa vie a été dédiée au  hustle et rien d’autre. Pendant plus d’une dizaine d’années dans le game, le Slauson Boy a bâti sa réputation et son entreprenariat grâce au marché des mixtapes, une campagne qui a démarré sérieusement à partir de The Marathon et dont ses sorties les plus fameuses, Crenshaw et Mailbox Money, se sont vendues à prix d’or pour les copies physiques, les bénéfices terminant sur le bilan comptable de sa structure (qui porte bien son nom également), All Money In No Money Out.

Élargissant ses finances, son audience et son influence projet après projet, cet acteur -et actuel conjoint de l’actrice Lauren London- devenu incontournable dans le paysage californien a obtenu ainsi le respect de nababs comme Jay-Z et Diddy. Mais par dessus tout, Nipsey avait depuis le début un plan en tête : tout était calculé pour l’enregistrement de Victory Lap. Maintes fois repoussé, ce premier album en major (avec un deal sur-mesure chez Atlantic) est l’ultime étape de carrière, une vraie récompense pour tout ce travail au long cours.

« Victory Lap« , le tour d’honneur pour commencer la lecture de cet album dont la production est essentiellement laissée entre les mains de Mike & Keys (anciennement The Futuristiks) et Larrance Dopson (moitié des 1500 or Nothin’). Le début de l’accomplissement pour Nipsey Hussle donc, mais ce serait une erreur de penser que le rappeur-hustler va lever le pied, bien au contraire, il fait chauffer la gomme sur le très agressif « Rap Niggas« . Pour l’anecdote, notre membre des Crips s’est dit inspiré par le classique « Natural Born Killaz » de Dr Dre et Ice Cube pour ce titre qui a été retravaillé sous l’impulsion de Puff Daddy en personne. Puffy que l’on retrouve en « featuring » (un bien grand mot pour juste faire partie du décor) sur « Young Niggas« . Plus agressif que « Rap Niggas« , la bombe surpuissante « Succa Proof » (elle aussi co-produite par ce monstre de DJ Khalil), entre coups de batteries, coups de feu, scratches et sirènes. De quoi transformer votre véhicule en chariot de feu façon Ghost Rider. Sur ce morceau Nipsey interpèle les marioles qui prétendent être affiliés à des gangs alors que tout le monde sait que non, et qu’il ne vaut mieux pas jouer avec ça car les conséquences peuvent être dramatiques.

Très street, le rappeur de Crenshaw lui offre un hymne efficace avec « Last Time That I Checc’d » sur un beat à la DJ Mustard mêlé d’un sample de flûte, avec en prime une apparition du homie YG (il était l’homme idéal vu le type d’instru). On a droit aussi à un couplet de Kendrick Lamar qui adapte son flow (et sans jouer sur sa voix) en conséquence pour un rendu bien street sur « Dedication« . La vedette de Compton continue toujours de surprendre son monde en featuring, quoique moins que par le passé. Comme le dit Nipsey sur le refrain, la recette de son succès se résume à ça :  « hard work and patience ». Ajoutez aussi « Hussle & Motivate » et se le tatouer quelque part pour y penser chaque jour. À propos, l’instrumental sample « Hard Knock Life » de Jay-Z, tout un symbole. Et comme Jay-Z, Nipsey n’a plus besoin d’écrire mais sort directement ses rimes de tête, ce qui peut expliquer son débit phrase par phrase. Sur une note plus légère, un beat orienté club est utilisé pour « Grindin All My Life« .

Petit détour sur les quelques co-producteurs de Victory Lap pour citer Mr Lee sur « Blue Laces 2 » (le premier étant sur la mixtape The Marathon), avec un sample de voix pitché pour un effet soulful, et Jake One sui signe « Keyz 2 the City 2« . Autre « suite de », « Status Symbol 3 » avec Buddy, le nouveau prodige de Compton. Puis toujours un peu par c par là des petit synthés stridents que l’on connaît si bien depuis 25 ans. « Loaded Bases » semble très inspiré du style de J.U.S.T.I.C.E League, sauf que ce n’est pas Rozay qui pose à côté de Nipsey mais un tout autre invité de marque, Cee-Lo Green. Pour couronner le tout, la chanteuse et reine des finish Marsha Ambrosius termine ce tour en C63 AMG sur « Real Big« . Pour ceux qui écouteront la version digitale de l’album, vous ne verrez pas trois, mais quatre parmi les meilleurs représentants de la génération actuels de rappeurs westcoast sur Victory Lap, avec la présence de Dom Kennedy, autre rappeur-entrepreneur pro du grindin’, sur la bonus track « Double Up« . Moyennant quoi, Victory Lap va provoquer de nouveaux incendies en Californie. Ce dernier tour n’est qu’un début, maintenant il va falloir continuer à être performant et collecter des médailles.

4 réflexions sur « Nipsey Hussle « Victory Lap » @@@@ »

  1. Ahhhh tous ces jeunes qui rap comme si ils étaient endormis :o)….Bon je suis méchant. L’album est pas mal quand meme, mais faut commencer à leur filer des vitamines sinon on va s’endormir dans 2 ans….

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  2. Salut, bonne chronique ! Tu sais l’album de Daz Dillinger est sorti le même jour, une petite chronique dessus ce serait sympa ! Daz a sorti 2 autres albums entre 2012 et 2014 que tu n’as pas chroniqué dommage !

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