Slum Village « Evolution LP » @@@@


Une surprise de plus en cette année 2013, ce sixième album des Slum Village. Après le décès de Baatin et le départ houleux d’Elzhi après l’excellent Villa Manifesto, annoncé comme l’ultime album du collectif de Detroit, je n’y croyais plus, me demandant plutôt si le survivant T3 allait poursuivre une carrière solo (le rappeur a sorti un EP 3Illa). Alors quand j’ai appris que les SV, formé de l’éternel pilier T3, Young RJ et le petit frère de J Dilla, Illa J, j’avoue que je suis resté perplexe et pas emballé mais…

… quelle claque ce disque ! Plus qu’une évolution ou un renouvèlement, les Slum Village renaissent. Les premières secondes commencent par une chorale avant d’entrer dans le vif du sujet avec le beat guerrier de « Braveheart » (featuring Havoc). De quoi nous rendre extatique. Et ça ne s’arrête pas là puisque d’autres tracks monstrueuses comme « Hustle« , « Greatness » ou encore « The Line » viennent donner une vraie ampleur à Evolution LP, à la hauteur des Slum Village. Un trio de surcroît bien entouré : Havoc (qu’on a vu), Rapper Big Pooh et DJ Jazzy Jeff (sur « Rock Rock« ), Blu rappant sur une magnifique boucle de piano (« Let It Go« ), Joe Scudda, J.Ivy (qu’on avait aperçu il y a un bout de temps sur College Dropout de Kanye), Vice… Comment qualifier cet opus autrement que ‘fantastique’ ? Tout comme les productions de Young RJ, d’une rare robustesse avec de beaux samples, ainsi qu’une ancienne main de Dr Dre, j’ai nommé Focus, sur les deux morceaux les plus cools de l’album (« Summer Breeze » et « 1 Nite« ). Aussi le beat tribal de « Scared Money » ou encore le single « Forever » (qui se passe de commentaire) bétonnent un album franchement solide.

Une faiblesse cependant sur cet Evolution LP : Illa J qui, au-délà du lien de parenté avec J Dilla, ne remplace pas franchement son regretté aîné, ni Elzhi. Son style de rap n’est pas mauvais, mais se retrouver parachuté parce que héritier légitime de Dilla ne fait pas lui automatiquement un bon rappeur (un minimum charismatique si possible). Techniquement hésitant et trop superficiel sur le plan lyrical. Au moins le groupe ne finit pas en infériorité numérique et trouve un motif pour se relever. Au chant en revanche, le jeune Yancey apporte une touche très personnelle qui se complète très bien avec T3.

Deux autres points de mécontentement : une maigre quantité de pistes, dont trois figuraient sur leur précédente mixtape Dirty Slum 2. Mais après hésitation, la force de Evolution LP l’emporte sur ces considérations futiles. Prévoir un rendez-vous chez le vertébropathe après plusieurs écoutes répétées. Une belle surprise vraiment.

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