9th Wonder « Wonder Years » @@@@


Cela fait depuis 2007 que Wonder Years est en préparation. Une éternité pour les aficionados du producteur révélé à travers les Little Brother, mais qui se sont tout de même satisfaits de ses albums collaboratifs avec Buckshot, Murs, Jean Grae ou encore David Banner. Il semblerait que ce soit sa réconciliation avec son petit frère Phonte qui ait catalysé la finalisation de Wonder Years. 9th a pris son temps, a attendu le moment opportun pour livrer cet opus, et autant vous dire que ça en valait la peine d’attendre.

« Make It Big« 

Après un extrait d’interview en guise d’intro, 9th Wonder prend son attirail de rappeur et devient 9thmatic. Cette entrée en matière est l’occasion pour le producteur-rappeur occasionnel de tirer un bilan de sa carrière en guise d’égotrip. Il cite les artistes avec qui il a travaillé par le passé : Destiny’s Child, Jay-Z, Mary J Blige, Ludacris… On excusera donc son flow approximatif dans cette prise de parole. Son confrère Khrysis (sans le DJ) pose quelques rimes à ses côtés. Ce premier morceau, qui est d’ailleurs le dernier sur lequel 9th intervient, veut aussi dire une chose, que Wonder Years a été pensé comme un album, pas comme une compilation.

« Band Pratice pt II« 

Réunion, ré-union même, au sommet avec Phonte, sans oublier Median. Le couplet de Phontigallo démonte, très compétitif dans son approche. L’instru est juste ‘wow’. Magique, comme à la bonne époque des Little Brother, quand tout était cool.  Un bonheur Soul Hop de courte durée (deux minutes) qui incite à mettre ‘repeat’ plusieurs fois, mais pas trop, parce qu’on a envie d’écouter la suite !

« Enjoy« 

Un trio westcoast très judicieux pour ce beat plutôt minimaliste. Murs est précédé de la légende vivante Warren G et suivi du très talentueux Kendrick Lamar, le jeune rappeur de Compton dont tout le monde parle en ce moment. Passé, présent, futur du hip-hop californien sont représentés avec brio.

« Streets of Music« 

9th Wonder met la lumière sur ce jeune groupe new-yorkais Tanya Morgan. Il leur laisse sous la main un instru qui met en valeur leur modernité et leur fraîcheur. Il place aussi sur ce titre Enigma des Actual Proof, un groupe prometteur qu’il supervise sur son label Jamla et dont j’ai chroniqué le free album précédemment.

« Hear the Melody« 

Skyzoo, un de ses autres protégés, King Mez et Fashawn, un autre talent de la côte ouest en pleine ascension, sont associés sur ce sample de voix qui ne risque pas de faire l’unanimité. L’accent est avant tout mis sur le lyricisme.

« Loyalty« 

Encore un très beau beat agrementé d’un superbe sample soulful (avec ses voix encore). Le Wu-Tang est dans la place par le biais d’un Masta Killa égal à lui-même, toujours très calme pour ses versets amoureux. Une jolie surprise, c’est un morceau qui a beaucoup de charme. Halo pose le dernier couplet. Pas moyen de trouver d’où provient l’échantillon, aucun sample n’est crédité. Les scratches sont bienvenus.

« Now I’m Being Cool« 

Le beat est hip-hop mais le morceau est orienté Soul à l’ancienne. Mela Machinko, aperçue sur W.A.R. de Pharoahe Monch, nous fait un numéro à la Diana Ross et The Supremes sur le refrain, ce qui fait tout le charme de ce morceau qui utilise principalement une boucle de piano. Median réapparaît pour un couplet.

« Never Stop Loving You« 

Encore un très très bel instrumental de 9th, pas seulement grâce au sample souflul et vocal, mais aussi à la contribution du producteur californien Terrace Martin au saxophone. Talib Kweli est l’interprète vedette de ce morceau, avec le flow qu’on lui connaît. L’assurance d’un bon morceau rap soulful.

« Pirahnas« 

Un beat lourd mais épuré où la place est laissée au MCing. Un erratum de 9th Wonder : Blu est crédité sur ce titre mais c’est Sene qui pose dessus en réalité. 9th les a juste confondus… Bref Sene et l’autre moitié d’Actuel Proof Sundown mettent en exergue leurs ‘rap skills’. La tête hoche sur le beat et les rimes, ça fonctionne.

« Peanut Butter & Jelly« 

Une histoire sympathique entre 9th Wonder et Marsha Ambrosius cette chanson. Un sample de violon et de cuivres, un délire dont seule Marsha a le secret et vous avez une crème Haagen Dazs de Soul Hop.

« One Night« 

Phonte revient avec toute sa classe naturelle sur ce titre de soirée. L’instru hip-hop soulful est accompagné de talk-box (pas cette saloperie d’autotune) pour le flashback eighties. Terrace Martin achève par un solo de sax’. Swag.

« Your Smile« 

Pour certains d’entre vous qui ont écouté les mixtapes des Hollyweerd, ce groupe d’Atlanta dont je n’arrête pas de vous dire que ce sont les fils spirtuels des Outkast (je radote, je sais), vous avez peut-être entendu cet agréable morceau. Sauf qu’ici il est mixé différemment et contient une prestation de Thee Tom Hardy, encore une autre nouvelle recrue de 9th Wonder.

« No Pretending« 

Un gros feat, Raekwon. Bien qu’on soit presque tous habitués à ses apparitions incalculables, celle-ci sort légèrement du lot. Son flow d’une fluidité à toute épreuve glisse sur le beat de 9th Wonder, qui met en avant Big Remo, un poulain à lui aussi.

« 20 Feet Tall (remix)« 

Lorsqu’on a découvert avec émerveillement « 20 Feet Tall » d’Erykah Badu en ouverture de Return of the Ankh, il était expliqué que ce morceau acoustique était une réinterprétation d’un instru original de 9th Wonder. Ce remix est cet instru en question, qui a servi de base à Erykah et James Poyser pour le rejouer. La jeune rappeuse Rapsody, du collectif Kooley High, se fait remarquer par sa prestance.

« That’s Love« 

Le ptit rappeur blanc qui font le buzz Mac Miller est le special guest de ce titre soulful. Son flow et son accent particulier font son style. La chanteuse Heather Victoria chante le refrain de ce titre qui fera tomber amoureux les gangsters.

« A Star U R« 

Le morceau final figure Problem, rappeur westcoast proche de Terrace Martin (présent au sax pour la troisième et dernière fois), et GQ. On sent à l’écoute qu’il s’agit du morceau final, l’instru est hyper travaillé vers la fin qui s’achève sur du talk-box, qui curieusement apporte une touche futuriste à ce titre.

Conclusion : très bon album de 9th Wonder, simplement. Wonder Years est la démonstration de savoir-faire, du style de 9th Wonder. Il a été très généreux dans ses instrumentaux, a mis l’accent sur les artistes de son petit label et un choix, bien qu’un poil critiquable (on aurait bien vu Jean Grae ou Buckshot, Rapper Big Pooh…), de featurings surprenants par moments. Quand on regarde en arrière tout ce qu’il a réalisé depuis presque dix ans, on voit qu’il a progressé dans bon sens, pour notre plus grand plaisir.

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