Oups, on dirait que j’ai enterré Flo Rida un peu trop vite en le qualifiant de ‘two-hit-wonder’. Rappelez-vous, dans ma chronique de Mail On Sunday, j’avais conclu par – je cite : «Les appréciateurs du genre le ressortiront pour l’été, les autres dans un an histoire de se dire « putain c’était quand pas même génial ce skeud ». Et peut-être que deux ans plus tard postera-t-on un avis de recherche sur ce « mec qui rappait ‘Low’ avec T-Pain et un morceau avec Timbaland » dans la rubrique « qu’est-il est devenu ? », à moins qu’il sorte de l’oubli avec une seconde livraison d’ici là. »
Il l’a sorti, cette seconde livraison et jamais je n’aurai cru une seconde l’an passé qu’il regrimperai en tête des ventes de singles, en 2009, avec son hit « Right Round » pendant 6 semaines ! Quitte à s’incruster sur nos bandes FM aux heures de grande écoute. Je l’admets, je m’en ronge les ongles de son succès. C’est comme Plies, l’autre rookie originaire de Miami dont je n’ai écouté aucun de ses disques : je ne comprends pas comment un rappeur comme lui puisse cartonner autant, ou alors ses featurings r&b rend ses singles trop racoleurs pour moi. Enfin bref, pour moi il n’y a aucun intérêt à éprouver envers un artiste pressé de sortir des skeuds tant qu’il est au sommet de sa réussite.
Aussi, je pense que la ville de Miami jouit d’un buzz sans précédent depuis 2004, c’est devenu en quelque sorte la nouvelle ‘gangsta city’ avec ses valeurs sûres comme Trick Daddy, Rick Ross et le sauvetage récent de Pitbull. Depuis, tous les rappeurs qui émergent de la péninsule floridienne sont promis au succès. Est-ce que la success-story de Flo Rida va durer encore longtemps ?
J’en doute fort, les résultats des ventes lors de démarrage de R.O.O.T.S sont formels : que 55 000 copies vendues. La loose ! Le gars pète les scores avec ses tubes dancefloors et est incapable de vendre des disques, ça va de pire en pire… ou de mieux en mieux dit-on se grattant le menton d’un air satisfait. J’avais déjà cerné Flo Rida avec son style rap chanté qui fait penser à Nelly et Kardinal Offishal. On le confond avec sur « Available » aux côtés d’Akon, où il n’y a que la prod de Will.I.Am qui est valable.
Tout le reste, à y écouter de loin (si possible), on se rend compte assez vite que cet album n’est pas plus rap qu’un CD de Lorie : c’est de la dance music. Comme on a pu remarquer avec « Right Round », Flo Rida chranpe (contraction de ‘chanter’ et ‘rapper’) sur des ersatz de tubes dances copiés chez nous européens et de l’électro-pop en vogue avec Beyonce et Rihanna. C’est là que j’ai envie d’étrangler Timbaland pour avoir exporté cette musique dont raffole nos radios hexagonales vers le pays de l’Oncle Sam. « Jump » feat Nelly Furtado (pourquoi pas Rihanna tant qu’on y est?), « Shone » feat Pleasure P (produit par Jim Jonsin et Dre & Vidal), « Gotta Get It » qui resample du « Music » de Madonna, STOP JE SATUUUUUUUUUUUUUUUUUURE !!! Purée, et « Touch Me » qui singe du Benny Benassi, ensuite, HORREUR, son second tube « Sugar » qui sample « Blue » de Eiffel 65 !!! Chier, dire que je pensais que T.I avait râclé le fond en reprenant O-Zone… Youpi, il ne manque plus qu’il nous réinvente la Tecktonik et tout le monde sera content. C’est la mode chez les artistes d’Atlantic de piocher scandaleusement les tubes techno-dance qui ont fonctionné en Europe pour les réinjecter dans le rap.
Je n’ai même pas envie de parler de track r&b pour « Be On You » feat Ne-Yo (produit par Stargate) à cause de ces synthés techno qui m’horripilent. Il y a juste « Never » qui s’en tire passablement (à cause de Keri Hilson qui est meilleure derrière le stylo que derrière le micro). A ce point-là, on regrette que Flo n’ait pas assumé sa collaboration avec Chris Brown, ça aurait pu aboutir à un truc potable. Quelle ironie, « Mind On My Money » nous fout la nausée à force de nous parler de ce qui échappe cruellement à nos porte-monnaies : des sous. L’argent fait rêver les gens mais nous parler de champagne, de liasses, etc… en cette période est totalement HS. Et ça se revendique street ? En se prenant pour 50 Cent comme sur la pochette inspirée de The Massacre ? Pitié ! Cet artiste en plastique est une des raisons pour lesquelles le rap part en couille. J’ai de la peine pour Wyclef Jean qui tente de sauver les meubles sur « Rewind », ça ne dissipe nullement mon écoeurement.
Franchement, j’ai du mal à comprendre comment avec toutes ces contrefaçons de hits eurodance Flo Rida n’atteint pas des objectifs de ventes plus conséquents. De l’autre côté, ça permet de passer à autre chose et d’oublier cette compilation déguisée de dance music sorti pendant l’été 2000 et des schtroumpfs. Rien que pour ça, R.O.O.T.S mérite la note la plus faible que j’ai pu décerner sur mon blog : @. Un demi-point en dessous de T.O.S des G Unit. Il y a des fois où ça m’arrive de casser des albums pour le plaisir quand je suis d’humeur sadique mais dans le cas présent, je n’en ai éprouvé aucun. Ce serait du pur masochisme de se farcir cette daube commerciale (sur la forme) anti-Hip Hop qui contribue aux motifs de baisse de ventes d’albums avec comme effet secondaire, nous foutre la diarrhée. Qu’on ne vienne pas chialer après pour nous dire qu’on n’achète plus de disques, ça serait du racket… Aucun amateur de rap normalement constitué ne voudrait d’une telle merde et ne voudrait voir Flo Rida s’acheter des jantes neuves avec nos thunes.
Au fait, vous étiez au courant que Bow Wow et MIMs avaient ressorti un album tous les deux ? Naaaan, je vous jure, c’est pas une blague ! Quoique, quand on regarde de plus près la carrière de ces éternels jeunes premiers… Poubelle, direct.

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