Archives du mot-clé Eric Hudson

Justin Timberlake « Man of the Woods » @@@


Alors comme ça, Justin Timberlake est arrivé à un point de vie, et de sa carrière, où il a ressenti le besoin d’entamer un retour à ses origines, c’est-à-dire blanches et pas urbaines. Qu’il en soit ainsi. Après tout, on a déjà aperçu ce garçon qui a grandi dans le Tennessee en horrible assortiment pantalon et veste en jean affublé d’un chapeau de cowboy, mais c’était il y a bien longtemps, avant le démarrage de sa carrière solo.

Début 2018, bye bye bye le r&b élégant et avant-gardiste, celui dont le nom de famille signifie ‘lac de bois’ s’affiche désormais en Man of the Woods, l’homme des forêts. Les rumeurs d’un basculement vers la musique country filait bon train sur Internet mais il s’avère finalement que ce cinquième album est plus hipster que bûcheron moderne. S’agissait de pas faire trop « républicain bouseux » sur les bords…

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Marsha Ambrosius « Lovers & Friends » @@@½


La ‘floétresse’ Marsha Ambrosius a accouché de son second bébé, il s’appelle Lovers & Friends. La belle anglaise poursuit son aventure en solo en parlant d’histoires qui se passent à deux.

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Mary J Blige « My Life II… The Journey Continues (act I) » @@@½


Dans un mouvement Hip Hop en quête de renouveau, quelques rappeurs vétérans se sont lancés dans l’exercice périlleux des suites (ou ‘séquelles’ pour reprendre le terme américain). L’idée, pas si compliquée, est de  sortir un [‘Le nom de son classique’ II] avec toutes les références old school que cela implique, mais rares sont ceux qui s’y sont illustrés (Raekwon, et qui d’autre?). La Reine de la Hip Hop/Soul vient elle aussi de succomber à cette vogue. Seize ans après l’anthologique My Life premier du nom, Mary J Blige accouche de son successeur The Journey Continues…, divisé en deux actes dont voici le premier.

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Fat Joe « J.O.S.E.2 » @1/2


Certains auditeurs de rap cainri ont raison de penser que la qualité du rap eastcoast est tirée par le bas si on étudie la question de Fat Joe. Celui qui dans les années 90 a lancé la carrière de Big Pun et qui fut un des piliers du D.I.T.C. n’est plus que l’ombre de lui-même à l’heure où je vous parle.

La sortie de J.O.S.E. 2 permet de faire le point depuis son prédécesseur Jalous Ones Still Envy qui nous ramène huit ans en arrière, période où Fat Joe était au top de sa carrière. En effet, J.O.S.E. premier du nom (dont sont extraits les tubes « What’s Luv » avec Ja Rule & Ashanti et « We Thuggin » feat R Kelly) s’est officiellement vendu à plus d’un million d’exemplaires au pays de l’Oncle Sam. C’est après que sa cote de popularité a dégringolé proportionnellement à ses scores de vente… jusqu’à atteindre le fond avec ce grotesque J.O.S.E. 2. Comment a-t-il pu tomber si bas ? Analyse.

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Whitney Houston « I Look To You » @@@@


Sortez les appareils photos, déroulez le tapis rouge, ceci est un événement de taille, une immense vedette est sur le point d’arriver : voici le come-back de la diva du r&b, Whitney Houston ! Fini les flashs des paparazzis, les violences conjugales ponctuées de visites au tribunal, l’enfer de la drogue et de l’alcool, Whitney a enfin tourné la page pour de bon depuis son divorce d’avec ce bourreau de Bobby Brown. Elle est de retour ! Alors s’il vous plaît mesdames Carey-Cannon et Knowles-Carter, faites place à cette grande dame de la musique.

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Jadakiss « The Last Kiss » @@@1/2


Nouvelle écurie, nouveau label, nouveau départ, nouvel album pour Jadakiss, son troisième en solo. L’ex-Bad Boy devenu un temps membre des Ruff Ryders (involontairement dissolu à cause des frasques hebdomadaires de DMX) s’est installé chez Roc A Fella Records après avoir encré un deal solide avec Jay-Z, le transférant de chez Interscope (où 50 Cent prenait trop de place avec sa grosse tête) vers Def Jam. Une sacrée veine de cocu en cette période difficile où le jeu des chaises musicales consiste essentiellement à passer au niveau inférieur en signant chez un indé, comme c’est le cas de ses deux ssoc’ Styles P et Sheek Louch.

Le plus étonnant (rassurant?) dans tout ça, c’est que le potentiel commercial de Jadakiss semble intact, son public ne l’a pas oublié depuis le platine Kiss of Death sorti été 2004 si on se fie aux chiffres de vente de The Last Kiss (et non pas Kiss My Ass jugé politiquement incorrect par les têtes bien pensantes). Personne ne l’attendait à ce niveau, on est content de voir qu’il compte définitivement parmi le top10 des MC new-yorkais actifs actuellement. Reste à savoir si cet opus, en l’apparence mainstream si l’on s’en tient à la liste d’invités et de producteurs, possède les productions que mérite Jadakiss, un problème récurrent sur ses albums. C’est le moment de vérité.

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Flo Rida « R.O.O.T.S. » @


Oups, on dirait que j’ai enterré Flo Rida un peu trop vite en le qualifiant de ‘two-hit-wonder’. Rappelez-vous, dans ma chronique de Mail On Sunday, j’avais conclu par – je cite : «Les appréciateurs du genre le ressortiront pour l’été, les autres dans un an histoire de se dire « putain c’était quand pas même génial ce skeud ». Et peut-être que deux ans plus tard postera-t-on un avis de recherche sur ce « mec qui rappait ‘Low’ avec T-Pain et un morceau avec Timbaland » dans la rubrique « qu’est-il est devenu ? », à moins qu’il sorte de l’oubli avec une seconde livraison d’ici là. »

Il l’a sorti, cette seconde livraison et jamais je n’aurai cru une seconde l’an passé qu’il regrimperai en tête des ventes de singles, en 2009, avec son hit « Right Round » pendant 6 semaines ! Quitte à s’incruster sur nos bandes FM aux heures de grande écoute. Je l’admets, je m’en ronge les ongles de son succès. C’est comme Plies, l’autre rookie originaire de Miami dont je n’ai écouté aucun de ses disques : je ne comprends pas comment un rappeur comme lui puisse cartonner autant, ou alors ses featurings r&b rend ses singles trop racoleurs pour moi. Enfin bref, pour moi il n’y a aucun intérêt à éprouver envers un artiste pressé de sortir des skeuds tant qu’il est au sommet de sa réussite.

Aussi, je pense que la ville de Miami jouit d’un buzz sans précédent depuis 2004, c’est devenu en quelque sorte la nouvelle ‘gangsta city’ avec ses valeurs sûres comme Trick Daddy, Rick Ross et le sauvetage récent de Pitbull. Depuis, tous les rappeurs qui émergent de la péninsule floridienne sont promis au succès. Est-ce que la success-story de Flo Rida va durer encore longtemps ?

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NaS (untitled) @@@@½


Nas avait en 2006 provoqué LA polémique, une crise sans pareil au sein du rap game, et ce, rien qu’en livrant un album répondant au funeste nom de Hip Hop is Dead, entraînant alors de nombreux artistes de musique rap et leur public dans des débats houleux, passionnés et argumentés pour en arriver à la question qui dérange : faut-il accepter ce fait (plus ou moins avéré) comme une vérité, et si oui, est-ce réversible ? Les réponses ont été tout juste énoncées que déjà Nas revient semer un vent de panique d’un tout autre ordre, en passant à une échelle ‘bigger than hip-hop’, encore avec un nouvel intitulé, Nigger. Les réactions furent immédiatement explosives. Toute la communauté afro-américaine, les américains haut placés, les médias, tous les concernés ont vivement réagi autour de l’usage de ce mot devenu un tabou aux States, autour de ce fameux N-word ouvertement exposé. Du kérosène aspergé sur les braises d’une dispute sur l’utilisation courante de ces mots blasphématoires dans les textes de rap (tels que ‘nigga’, ‘bitch’, etc.), qui, pour de nombreux responsables de maison de disque, de juristes et président d’associations, sont responsables de la banalisation de la violence et de propos insultants, susceptibles de dévaloriser l’image des Noirs. Des rappeurs comme Master P et Chamillionaire ont choisi de ne plus jurer dans leurs lyrics, libre à eux, mais le problème est plus profond, enraciné dans l’histoire et les mentalités.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Nas a reçu le soutien de beaucoup d’artistes rap dans sa démarche de vouloir briser des interdits imposés par la censure, tandis que d’autres n’y voyaient là qu’un coup marketing. Le défi maintenant était de pouvoir sortir ce disque avec cet intitulé qui fait frémir les Etats-Unis. Connaissant les aptitudes innées de Nas en matière d’écriture et de créativité, je me suis dit en attendant sa sortie qu’il fallait simplement lui faire confiance sur le message qu’il allait porter, son intention est clairement de relancer une révolution invisible à peine voilée. Malheureusement, dans un pays où le racisme est ancré dans les institutions, face à la pression de son label (traduite par des reports de sortie), des distributeurs (Wall-Mart en tête) qui ne supporteraient pas de commercialiser Nigger, Nas n’a pu accomplir sa mission jusqu’à terme. L’album est devenu éponyme (ou ‘untitled’), Nas, un geste félicité par le Révérend Al Sharpton. A vrai dire, il aurait fallu un moyen détourné pour y parvenir, comme les NWA avec Efil4zaggin et 2Pac avec Strictly for my N.I.G.G.A.Z. Mais n’en déplaise à ces hypocrites et autres détracteurs, cette modification ne changeait en rien la nature du contenu. Qui plus est, la photo très parlante d’un Nas au dos scarifié de la lettre ‘N’ en couverture compense le poids du mot ‘nigger’. En revanche, il le réutilise pour The Nigger Tape (lire la chronique) et le 15 Juillet 2008, l’album par qui le scandale arrive sort enfin. Une belle victoire en soi.

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Beanie Sigel « The Solution » @@@


Beanie Sigel

 La sortie de prison de Beanie Sigel au début 2005, en plus de la médiatisation du divorce entre Jay-Z (devenu président de Def Jam) et Damon Dash (qui l’a gardé sous son aile en créant immédiatement son éphémère label Dame Dash Music Group), avait favorisé le buzz pour son 3e album, The B.Coming, qui s’est soldé à l’époque par des chiffres effarants : plus 200 000 copies au compteur dès la première semaine de sa commercialisation. Mais le vent a très vite tourné pour B.Mack – comme il aime se surnommer – puisqu’il s’est retrouvé du jour au lendemain sans maison de disque après la faillite subite de DDMG (et celle de l’amour-propre de Dame Dash). C’est là que son mentor Jigga, dans un élan de charité, lui propose le jour de la fête son anniversaire (le 6 Mars 2007 pour être exact) de rejoindre l’écurie qui l’a vu, Roc A Fella Records pour y sortir son 4e LP. Prévu pour s’intituler Return of the Bad Guy, Beanie s’en est finalement tenu au traditionnel titre nominal, qui est cette fois The Solution. Beanie Sigel justifie ce titre en parlant d’un point de vue personnel comment il a vécu le déchirement du Roc fin 2004 et ce qui l’a poussé à redevenir le bras droit de Jigga (le gauche étant réservé à Memphis Bleek).

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Kanye West « Graduation » @@@@1/2


Artiste : Kanye West

Album : Graduation
Année : 2007/2008

– Licence de rap option écriture
– Master recherche de samples de soul music
– Master professionnel en production hip-hop avec assistance en synthés électro
– Option réalisation de clips vidéos.

Avis du jury :

Après un édifiant premier projet professionnel déjà inscrit dans les annales du Hip Hop (College Dropout), suivi d’un concours d’entrée brillamment réussi (Late Registration), Kanye a su combler son retard dans sa scolarité en forçant la mesure de son talent aux yeux du monde, et pas seulement au sein du rap game, sous l’œil bienveillant de son maître à penser et président de label, Shawn ‘Jay-Z’ Carter. Un élève tant consciencieux que sérieux, soucieux du détail l’approximant du perfectionnisme, et dont l’ambition affichée se trouve momentanément malmenée par ses péchés d’orgueil et autres coups de gueule médiatiques. Entre prestigieuses récompenses (Grammy Awards) et malédictions chroniques (MTV Video Music Awards), Kanye a su faire la part des choses entre le succès et le domaine artistique.

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