Termanology « Politics As Usual » @@@@


Attention, Politics As Usual est enfin disponible au rayon import ! L’album sur lequel reposait tous les espoirs des hip-hopers (en attendant de savoir qu’adviendra-t-il de Saigon et son Greatest Story Never Told), que les passionnés de rap allaient s’arracher, se trouve maintenant en votre possession. Depuis son street-album Out The Gate produit par son acolyte DC, Termanology est devenu le phénomène underground de ces dernières années. Pris sous l’aile du légendaire DJ Premier, le MC originaire de Boston rencontre une estime grandissante à chaque fois qu’il sort un volet de sa série de mixtapes Hood Politics. Pour mieux vivre sa passion et s’en imprégner à 200%, Terma décide de déménager à New-York, car comme citait Alchemist (dans son interview pour Streetblogger), « c’est comme si New-York était un corps et le Hip Hop son sang. »

Politics As Asual, le nom de ce premier album, était annoncé par une prodigieuse liste réunissant des producteurs mythiques de la côte Est, des figures renommées qui ont fait l’âge d’or du hip-hop dans les nineties. Parmi eux, les concepteurs de Illmatic de Nas tels que Primo, Large Professor et Pete Rock… Rajoutez Havoc, Alchemist, Nottz, Buckwild, Hi-Tek et Easy Mo Bee et vous avez une dream-team dévouée à un MC très doué, notre grand favori. Mais… j’ai pensé un moment que tout ça était trop beau pour être vrai. J’ai ressenti un profond doute lorsque j’ai écouté le monstrueux Grey Hairs de son voisin Reks (je l’ai fait savoir dans la chronique). Ce qui m’embarrasse le plus dans ce monde, c’est de me rendre compte que mes intuitions pessimistes ont raison. On va essayer de comprendre pourquoi Politics As Usual de Termanology n’a pas assuré suffisamment pour atteindre son ultime objectif. 

Termanology se prétend être le Big Pun ou le Biggie ressuscités, un grand emcee (et il sait qu’il le sait) dont l’ambition est un secret de polichinelle : recréer un premier classique new-yorkais qui le classifierait aux côtés des Jay-Z, Nas, Pun, Notorious BIG, etc… Le disque démarre ‘classiquement’ par une petite intro, « It’s Time », en guise d’amuse-oreilles. Dommage que l’on ne profite pas plus de l’instru de Easy Mo Bee, un des producteurs de Ready To Die de BIG. On enchaîne de suite après sur « Watch It How It Go Down » servi par instrumental reconnaissable entre mille puisque c’est du DJ Premier de la moelle jusqu’aux ongles, classique comme à l’accoutumée. Il réalise par ailleurs les deux singles de Politics Usual, « How We Rock » avec un Bun B (avec un clip très ‘high tech’ pour nous en mettre plein les yeux) et « So Amazing » que l’on connaissait déjà depuis plusieurs mois mais qui procure toujours autant de satisfaction à chaque passage. Tout le tableau n’est pas parfait de A à Z, mais le plus important est que la symbiose fonctionne à merveille entre les deux hommes. 

Au microphone, la technique et le flow multi-vitesse de Termanology sont ahurissants, ses rimes à la fois traditionnelles et percutantes, des récits qui transpirent les ghettos,… Toutefois, il n’est pas dispensé de quelques faiblesses. Sur certains titres, comme « Hood Shit », Terma surjoue un peu son ton, au risque de se faire chiper la vedette par un Prodigy môlasson mais incontestablement plus à l’aise et intimidant sur le beat infectieux d’Alchemist. Constat semblable sur « Drugs, Crime & Gorillaz », un gros morceau sur lequel il se fait éclipser par les grosses voix Sheek Louch et Freeway. Ce sont ces comparatifs qui permettent de cerner les défauts de notre rappeur vedette : il manque de prestance et sa voix ne porte pas assez, la faute à un souffle peu puissant qui le contraint à faire des efforts supplémentaires pour avoir l’air méchant ou grave. Je ne vous parle pas du funeste « In The Streets » avec Lil Fame des M.O.P. et Hi-Tek derrière la MPC. Ne croyez pas que j’insinue que Terma est moins bon que les autres, ce n’est pas le cas, il a simplement du mal à imposer sa présence quand les conditions ne sont pas à son avantage. Il n’est pas aussi lyricalement surdoué qu’un Nas, ne possède pas les punchlines mortelles de Big L, un flow caméléon comme Jigga et n’a pas le dixième du charisme de Notorious BIG. Je pense qu’on l’a surestimé un peu trop.

Du coup, on préfère entendre le MC sur des sons plus tranquilles comme « Respect My Walk », « Float », « Sorry I Lied To You » produit par Large Pro ou alors « We Killin’ Ourselves » par Pete Rock. Mais là encore, le résultat n’est pas exempt de reproches légitimes. Les subwoofers de mes enceintes sont aphones la plupart du temps, il manque des infrabasses et des beats qui font trembler les meubles, hormis ceux de Nottz (décidément aussi omniprésent que Lil Wayne). En parlant de lui, il est l’auteur de « Please Don’t Go », un titre qui n’a strictement rien à faire ici, la faute à un refrain trafiqué de Paula Campbell. Pete Rock quant à lui s’en sort bien par rapport à ce qu’il nous a fourni dernièrement. On préfère également écouter Terma quand il parle de thèmes sociaux et de ce que vivent les habitants des hoods, entre haine, misère et crasse. La crédibilité d’un rappeur passe d’abord par le réalisme de ses propos, sur ce point il a tout bon. Outre ses performances géniales sur les beats de Premier (particulièrement « So Amazing » pour ses lyrics de ouf!) et d’autres tracks, Terma épate la galerie avec son égotrip final « The Chosen » (servi par Havoc), qui nous rappelle pourquoi on lui a offert notre confiance la plus entière. 

Et au fait, où est donc son ami Statik Selektah ? Il scratche sur « The Chosen » pour marquer discrètement sa patte sur ce projet dont il est l’agent artistique.

On y croyait tous dur comme fer que cet album allait être a priori l’album Hip Hop de l’année, c’est vrai, tout le monde peut se tromper. En fin de compte, Politics As Usual se place un cran en dessous de nos attentes. C’est relativement une semi-déception vu que le buzz laissait croire qu’il s’agissait d’un futur classique Eastcoast digne ce nom. Soyons réaliste et arrêtons de nous enflammer. On n’aurait peut-être pas dû rabaisser notre prudence. Comme me le disait très justement Bobby sur MSN, « il n’y a que le tracklisting qui est classique », le reste ne sont que des tueries qui auraient pu être plus énorme… La prochaine fois ? Car pour l’instant, on ne pourra se contenter que d’un skeud très lourd, ce qui est déjà beaucoup vu le « contexte actuel ». 

6 réflexions sur « Termanology « Politics As Usual » @@@@ »

  1. Par contre là je viens de l’acheter en import à la FNAC… le CD passe pas, ni dans mon PC, ni dans ma radio… j’suis dégoûté, personne à une solution où sait pourquoi ça fait ça…?

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  2. Ca s’est vrai le plus grand défaut de Termanology c’est son flow trop trankil a la CL Smooth je pense qu’un Saigon sur ses prods aurait fait un meilleur boulot mais après lyricalemnt il est très bon!!!!

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  3. Voilà, ton avis rejoins le miens. Ce skeud est très bon mais il manque quelque chose et plus les titres s’enchainent plus ca devient flagrant. Une semie déception en effet car tout le monde l’attendait au tournant. Enfin comme tu le dis, il y est au tournant, mais peu être pas comme on l’imaginait…

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