J’avais fait les présentations de Jay Worthy dans le cadre de la chronique de Magic Hour avec Dam-Funk donc je vais passer rapidement sur le sujet principal, ce qui semble être enfin un vrai projet solo. A 39 ans il était plutôt temps. C’est simple : vous prenez les producteurs californiens bien tendance, un tapis rouge de guests toutes générations confondues de L.A. à NYC, vous secouez le tout, et vous avez Once Upon A Time. Et plutôt deux fois qu’une ! Vous avez bien compris, on a droit à deux albums pour le prix de deux, sortis à la fin de l’été 2025 à deux semaines d’intervalle.
Attaquons ce premier volume, celui avec la pochette montrant Jay Worthy entouré de ses homies. Qui démarre par une introduction de la part de l’ex-trafiquant de drogue Freeway Ricky Ross. Carrément. Mode ‘Drive’ sélectionné, c’est parti pour un tour avec pas mal de beats downtempos aux ambiances 80s (coup de coeur pour « Famous Players » avec Eyedress ainsi que le plus facile « Reckless ») et samples accrocheurs et funky (avec du DJ Quik à la prod et au vocoder sur « For My Homies »). Normal, Sean House (l’autre moitié de son binôme des LNDN DRGS) est de la party/partie sur une partie des productions et surtout au mixage et mastering des albums. Des downtempos aux ambiances variées, capable de passer à un drumless beat au sample cendré signé Conductor Williams (« Dark Tints ») à du r&b bien slow (« Tides » avec la belle voix d’Aaradhna).
Chaque titre a sa spécificité en fait. « 2P’z » est le nom non-officiel de son duo avec Larry June, « FTJ » enchaîne les couplets d’E-40, Jim Jones (il fout quoi ici?) et un refrain de Wiz Khalifa, la voix de Ty Dolla Sign nous étape sur « True Story », et enfin le dernier titre « The Outcome » compte sur un superbe sample pioché par Alchemist, sur lequel se relaient Westside Gunn, Dave East et un Ab Soul qui surprend son monde. Jay Worthy est le mec de la rue plutôt à la cool et donne l’impression de se la couler douce au rap. Juste l’impression car il tient à raconter son histoire qu’il démarre à l’adolescence avec « 96 Body ». A noter aussi la présence sur ce volume de Conway the Machine et Boldy James. Oh, impossible de louper « Open Minded » que j’ai réellement pris pour une production des Neptunes des années 2000 (Leven Kali a réalisé cet instru de fanboy).
Le second volume, avec la voiture noire dessus, une Chevrolet Fleetline de 1948, est tout aussi varié et truffé d’invités, intronisé cette fois par un sample de flûte de pan tiré de l’oeuvre d’Enio Morricone. Bon, si on retire Wiz Khalifa qui refait le même refrain sur « The Jump » (produit par DJ Fresh) que sur « FTJ »…, c’est l’occasion d’avoir des nouvelles des vétérans comme Mack 10 (sur « Daytons ») et Spice 1, dont la prestation sur « Jive 95 » (qui convie aussi Bun B) ressemble presque à du Freddie Gibbs (ils ont quasi la même voix). L’instru frais et moderne destiné à la ride de « Escape From L.A. » ressemble presque à du Cardo Got Wings (présent également) mais c’est signé Duke Beatz. Curren$y prend le volant sur « Sake » et le collaborateur Roc Marciano pose sur « Blade Runner », jusque là c’est relativement intéressant, cool et attendu.
C’est ensuite qu’est lancé un run assez fou qui démarre tranquillement par le laid-back « I’ll Be Fine », avec au refrain Westside Boogie (j’ai cru que c’était Pink Siifu au départ j’avoue) et des claviers stridents bien typiques. Ensuite au tour de DJ Muggs de sortir les gros moogs très très méchants sur « Gang Shit » avant de partir sur un beat hip-hop minimaliste sorti des années 80 (cowbells, rythmiques avec grosses basses et caisses claires) qui a eu le don de faire apparaître Ice-T qui lâche des rimes de vieil OG. Et c’est génial cet extrait très throwback. Encore plus génial, l’incroyable « P Funkenteleky » avec George Clinton en personne. Jay Worthy vit son moment « Bop Gun » comme Ice Cube en 93. « Angel Dust » est terrible également, avec ce sample ultra-ralenti de ce classique de Gil Scott-Heron et la voix en fond de Thundercat (et la basse aussi?). Puis retour à du storytelling sur « Worthy vs Getty » où l’on aime bien entendre le rappeur parler de ses premières expériences pas très glorieuses. Puis après un « Runnin Outta Time » sur lequel Jay rappe juste sur une partition de piano composée par Terrace Martin, l’ancien criminel Freeway Ricky Ross ferme la marche.
J’en ai tellement dit sur ce vrai faux double album Once Upon A Time avec ces instrus aux samples ‘oldies but goodies’, que je n’ai plus de mots en tête pour taper une conclusion. Juste : allez-y.
LA NOTE : LA MÊME POUR LES DEUX, 16/20


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