Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Rawkus « Lyricist Lounge volume one » @@@@¼


On connaît tou.tes le mythique Lyricist Lounge vol.2 du label Rawkus, mais qu’en est-il du premier volume sorti en 98 ? Dans l’ordre chronologique, Lyricist Lounge volume 1 est le 3e long format paru chez Rawkus, après le Funcrusher Plus de Company Flow et la compilation Soundbombing. Un premier volume en double-volet, ou double-CDs si vous préférez.

Sauf que comparé à la compile Soundbombing, ici le concept est un peu différent. Certes il est question d’inédits et parfois les mêmes intervenants (dont les signatures du label), mais plus dans une ambiance showcase, façon open-mic ou cypher, une atmosphère conviviale et hip hop comme on aime. e premier CD est ‘hosté’ (=présenté) par Posdnuos et Trugoy (RIP) des De La Soul et le second par l’excentrique Kool Keith et Sir Menelik (qui avait sorti des EP chez Rawkus avec son alias Cyclops 4000), et c’est vachement cool, pour l’ambiance et qu’ils parrainent le projet.

On démarre dans l’ordre avec le CD1, bien mis en valeur par l’excellent single « Body Rock » qui introduit Mighty Mos Def entouré de Tash (Alkaholicks) et Q-Tip en personne, sur une très bonne prod de J Period (qui lâche plusieurs pépites sur ce skeud). Pour prolonger le plaisir, Black Thought, Common et Pharoahe Monch lâchent des freestyles de malades sur cet instrumental à la fin du CD dans une session enregistrée pour le show de DJ Stretch et Bobbito. Franchement QUEL PIED. Le niveau est très haut, entre des recrues comme Wordsworth et Punchline (« Da Cipher »), et des cadors comme OC et Ras Kass en binôme sur « Action Garanteed ». Parmi tous ces noms, qui resteront inconnus pour la plupart, il y a même ce gars que je connaissais pas, Mike Zoot (c’est néerlandais?), il est balèze sur « All In My Own ».

Le second disque débute d’abord par un poème du slammeur Saul Williams himself, et c’est une très belle entrée en matière pour une seconde partie plus… inégale, avec quelques longueurs et des instrus qui ne mettent pas toujours suffisamment en valeurs le perfs des MCs qui brûlent le mic… Un mix de découverte de talents, quelques passages de rappeurs confirmés, voire même de monstres sacrés comme KRS-One, allié ici à Zach de la Rocha (des Rage Against The Machine!) et Last Emperor (brièvement signé sur Aftermath) sur « CIA », l’instru est pas ouf mais c’est pour la culture. Le morceau a même eu droit à un clip. Les rappeuses, en minorité certes, sont bien audibles, comme Sarah Jones, Bahamadia et Rah Digga (qui était enceinte!!), ces deux dernières réunies sur un beat de DJ Scratch (« Be OK »). Le jeune producteur Nottz est aussi dans le coup sur « Holy Water ».

Ce ‘disc two’ est aussi l’occasion de découvrir pour en « world premiere » la toute première apparition de 1) Reflection Eternal (Talib et Hi-Tek) avec « The Manifesto » et 2) le 1er single des Jurassic 5 « Jayou » qui mettra tout le monde d’accord sur leur incroyable talent. Ce Lyricist Lounge volume one a donc permis à Rawkus de poursuivre sa quête dans le monde du hip-hop indé et devenir très influent sur la scène new-yorkaise (mais pas que), sachant qu’en 98 on verra aussi le premier opus des Black Star !

LA NOTE : 17/20

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