A$AP Ferg « ALWAYS STRIVE AND PROSPER » @@½


Trap Lord nous avait secoué la cervelle dans tous les sens avec son ambiance de mort typique des A$AP Mob. Avec une suite qui s’appelle ALWAYS STRIVE AND PROSPER (autrement dit la signification de leur fameux préfixe A$AP) et des extraits qui en jettent (le banger « New Level » avec Future et « Let It Bang » feat Schoolboy Q), on pouvait imaginer deux scénarios  : 1) une recette similaire au premier album en plus clinquant 2) un virage mainstream assumé quitte à perdre son âme, ou à l’inverse à en récupérer une moins maléfique. Devinez quelle suggestion A$AP Ferg a choisi.

Envie pressante de démarrer avec « Rebirth » depuis le temps qu’on attendait ce second album et c’est assez déconcertant. L’instru se partageant entre DJ Khalil (accessoirement manager d’A$AP Rocky) et Clams Casino rappelle les instrus funky de Snoop d’il y a… quinze ans. Mais pour une entrée en matière ça passe, ensuite, ça casse. « Hungry Ham » servi par Skrillex joue dans de l’électro-rap aux rythmes effrénés programmés sur Roland TR 808 pourra trouver preneur et s’installer confortablement dans les playlists de clubber, mais c’est rien comparé à « Strive« . Commençant par un sample de « I Want to Thank You » d’Alicia Myers, Ferg sort carrément un morceau de house, du genre que l’on écoutait gosse (Aaaah Robyn, Haddaway,… souvenirs souvenirs). Tube de l’été? Suggestion est faite. Mais écoute-t-on réellement l’album d’un membre d’A$AP Mob? Bof, pas des masses. On va me dire qu’il y a Missy Elliot, c’est vrai, et alors? Puis A$AP Ferg chante, belle imitation de Kid CuDi hein. Sur « Let You Go » c’est pire tellement c’est trop doux, pourquoi avoir fait appel à des Stargate qui ne sont plus du tout dans le coup? Quel mauvais choix ! Se rattrape-t-il avec le featuring de Big Sean sur « World Is Mine« ? Ça tombe aussi à l’eau, la prod de No I.D. n’y fera rien, plate, aucun charme. Il faut avancer jusqu’au confortable « I Love You » (décidément Ferg a un coeur) avec Chris Brown et Ty Dolla $ign pour dénicher un morceau r&b acceptable.

Forcément, je prête moins attention aux lyrics de Ferg, adios son côté hardcore et dingo de Trap Lord. Considérant cet album en tant que référence, seule une poignée de titres peuvent nous satisfaire. Mis à part « New Level » et « Let It Bang » (bien vu Lex Luger), citons « Psycho » qui tape dans le mille (prod de Khalil) et « Beautiful People » (toujours produit par DJ Khalil), en compagnie de sa maman, Chuck D des Public Enemy et l’esprit de Marvin Gaye. Pour les mordus de trap, « Swipe Life » avec Rozay et « Uzi Gang » avec la nouvelle sensation trap de Philadelphie Lil Uzi Vert. Toutefois, difficile de retrouver l’ambiance sinistre du premier opus, cette vibe, cette identité musicale si spéciale propre aux membres des A$AP Mob. Plus embêtant, le morceau du crew « Yammy Gang » ne me donne pas entière satisfaction.

Avec ASAP, A$AP Ferg nous fait le coup classique des albums sophomores : mainstream, dans la tendance, artistiquement sans réel intérêt, plus tiède… Une stratégie boursière à risque. À part les singles et DJ Khalil qui sauve la mise, le reste… à voir.

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