BEYONCÉ (éponyme) @@@@


beyonce eponyme

C’était le vendredi 13 décembre 2013. J’arrive au boulot, normal, je checke mes e-mails, jauge la masse de travail de la journée et profite de ma pause-café pour fureter sur le réseau à l’oiseau bleu. Et là, je débarque au beau milieu d’un ouragan de messages de gens déclarant partout sur la planète que le nouvel album de Beyoncé est sorti sans prévenir sur iTunes durant la nuit, dans un package contenant un extrait vidéo par chanson. C’était un vendredi 13 qui restera gravé dans les mémoires de l’industrie du disque, et du marketing.

Cette stratégie de ‘non-promotion’ a fait autant débat que le contenu de cet opus éponyme, au point que les journaux télévisés français se sont sentis obligés d’en parler. Evidemment, on peut penser que son époux Jay-Z a fait office de conseiller en stratégie de communication (puisqu’il y en a bien une), lui-même ayant orchestré de façon démoniaque la parution de Magna Carta Holy Grail été dernier en signant un deal avec Samsung, qui a permis d’écouter un million de copies digitales avant sa commercialisation physique. Sauf que dans le cas présent, la question de l’utilité d’une maison de disque se pose réellement, sachant que Beyoncé peut se payer les producteurs et auteurs à sa guise. Je ne blablaterai pas davantage à ce sujet, beaucoup d’articles ont foisonné pour analyser ce phénomène, je rappellerai juste ces chiffres impressionnants : + de 500 000 copies digitales achetées sur la plateforme d’Apple, et à l’heure où j’écris ces lignes 1,5 millions d’exemplaires physiques se sont écoulée depuis le 20 Décembre rien qu’aux Etats-Unis. BEYONCÉ, un nom suffit.

Cet album, c’est tout Beyoncé aujourd’hui. Quand on écoute l’enregistrement de Beyoncé enfant à un concours de chant en introduction de « Haunted » et un autre des Destiny’s Child sur « ***Flawless » (anciemment « Bow Down » mais dans une version longue et toujours redoutable avec une prod co-signée Hit-Boy), c’est comme si c’était écrit depuis longtemps qu’elle deviendrait la boss quand elle a démarré sa carrière en solo avec le désormais classique Dangerously in Love. Et dix ans après son tout premier single « Dangerously in Love« , B est toujours ‘in love’ de Jay-Z, sauf qu’elle en est cette fois « Drunk in love » et son mari se compare à Ike Turner et lui balance un « Eat a cake, Anna Mae ». Heureusement que dans la vraie vie, ils ne forment pas un couple à la passion aussi tumultueuse (enfin j’espère pour eux).

En dehors du classicisme de la plupart des chansons, Beyoncé concourt pour la titre de la femme idéale en dévoilant ses penchants à travers l’érotisme glamour de « Partition » (s’affichant en très petite tenue sexy dans des poses qui le sont tout autant au Crazy Horse dans le clip) et qui frôle le porno-chic sur le soulful « Rocket » (avec les images très sexy qui vont avec), allant jusqu’à réclamer qu’on la punisse. Oui, Bey est super coquine en réalité, mais c’est tellement sex’ quand ça sort de sa bouche. Sur « Jealous« , elle y va cash : « I’m in my penthouse half-naked, I cooked this meal for you naked ». Et ne parlons pas des gémissements alléchants qu’elle lâche lascivement sur le boogie efficace de « Blow » (co-produit par la team de choc Pharrell et Timbaland en milieu de morceau). Quand elle chante « I kiss you when you lick your lips », « can you eat my Skittles it’s the sweetest in the middle » sur le refrain et « I can’t wait getting home so I can’t turn your cherry out » sur le bridge, les hommes peuvent dérouler leur langue comme le loup de Tex Avery en imaginant ces allusions frivoles.

Beyoncé (l’album), est très cohérent dans sa conception et plaisant à l’écoute. Pour l’écriture, la chanteuse sait s’entourer des meilleurs, curieusement par des artistes masculins: Frank Ocean que l’on entend sur « Superpower« , Miguel, The-Dream, Justin Timberlake, James Fauntleroy et puis le lover émotif Drake qui pose en featuring sur « Mine« . Beyoncé (la personne), une femme, une mère (elle consacre le dernier morceau à sa fille Blue Ivy en évoquant sa maternité), une artiste épanouie – et surtout très influente – dans la fleur de l’âge et qui s’assume à 110%. Mais sans doute n’avait-elle pas besoin d’en faire trop pour s’imposer. La reine du R&B est définitivement devenue sa propre marque.

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