Blakroc @@@@


Non ce n’est pas l’image d’une carte postale délavée d’un hiver à Mourmansk que vous voyez à gauche, c’est la pochette de l’album éponyme Blakroc, qui n’est autre que le projet indépendant de l’année 2009. Prenez une poignée rappeurs américains, enfermez-les dans un studio avec de la musique blues-rock et voyez ce qu’il en ressort. C’est ça l’idée, celle de Damon Dash, l’ancien bras droit de Jay-Z à la grande époque de Roc-A-Fella et instigateur de Blakroc. Les Black Keys sont en charge des compositions et l’ingénieur du son Joel Hamilton, une légende des studios new-yorkais, à l’enregistrement.

On comprend rapidement pourquoi ce disque suscite autant d’engouement. Personne ne s’est préparé à cette immense surprise : des couplets d’Ol’ Dirty Bastard sortis tout droit des archives gardés depuis l’époque de sa signature chez Roc A Fella. Il est ressuscité sur la première plage de Blakroc, « Coochie », connexion virtuelle post-mortem avec Ludacris. Le choc. C’est unique. ODB maîtrise son flow, d’habitude incontrôlable, avec toujours cette spontanéité qui le caractérise qui renvoie cette impression que la prise de voix datait d’hier. Luda, quant à lui, reste égal à lui-même et montre une certaine aisance sur ce genre d’instrumental.

L’autre point crucial qui fait la force de Blakroc réside dans l’implication des protagonistes, certains se présentant deux fois parmi les onze titres, comme RZA (« Dollaz & Sense » et en solo sur « Telling My Things »), coutumier ce type de sonorités, au même titre que Mos Def, grand amoureux de rock’n roll (un solo pour lui aussi avec « On The Vista » et « Hoochie Coo » en duo avec Jim Jones) et Billy Danze dont le timbre de voix rauque et décapant se marie très bien avec les riffs de guitares électriques. La double intervention de Jim Jones n’aurait pu être justifié que par son entente avec Dame Dash, producteur éxécutif, mais force est de reconnaître que ses prestations sont fort honorables, c’était inespéré qu’un jour il finisse par nous dévoiler qu’il possède bel et bien une conscience et un talent pour l’écriture. Dans son ombre, son protégé NOE nous interprète deux imitations quasi parfaites de Jay-Z. C’est la fausse révélation de Blakroc, lui et la chanteuse Nicole Wray (découverte par Missy Elliott) présente par trois fois pour quelques choeurs et un solo (« Why Can’t I Forget Him »).

L’atmosphère très particulière de Blakroc suffirait pour en faire un excellent projet. Seulement voilà, certains guests ne sont pas aussi brillants que leur réputation, Pharoahe Monch et Q-Tip n’ont quelques secondes de paroles sans davantage rentrer dans le sujet, contrairement à Raekwon qui s’est totalement imprégné l’ambiance de « Stay Off The Fuckin’ Flowers ». Pour ces quelques morceaux qui marqueront les esprits à tout jamais, Blakroc valait la peine d’être conçu.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. #Louka38. dit :

    Un super album avec des invités de classes.

    Ma note : @@@@ 1/2

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  2. Crazy Horus dit :

    Un album vraiment bien produit entre blues-rap et rock-rap teinté d’un psychédélisme chatoyant où les différents MC ne tirent pas trop la couverture vers eux et laissent la musique des Black Keys s’exprimer. Une des plus belles sorties de 2009 pour moi.

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