Hey yo, what up son ? Alors qu’on vient tout juste de quitter Tony Starks en featuring sur Only Built 4 Cuban Linx 2, on retrouve Ghostface sous son autre blase de Ghostdeini sur son nouvel LP chez Def Jam, Wizard of Poetry in Emerald City (le titre en version longue). En version courte, ça donne Wizard of Poetry, un album conceptuel qui se veut tendancieusement r&b soulful. Le long de sa carrière, Ghost a bien souvent relaté ses relations avec la gente féminine en les traitant comme il se doit. De là à leur consacrer douze tracks, cette galanterie paraît toute naturelle.
Beaucoup de guests, des chanteurs soul/r&b confirmés principalement et aucun membre du Wu-Tang, se partagent cette douzaine de titres, à commencer par la chanteuse attitrée du Disturbing Tha Peace, la jeune Shareefa (pas Luna hein) sur « Not Your Average Girl ». Tout à l’heure quand je disais ‘r&b soulful’, c’est bel et bien certifié soulful, qu’on se comprenne bien. Ghostface n’a que faire du miel et des synthèses électroniques très en vogue, l’instrumental d’inspiration hip-hop produit par Scram Jones correspond à ce qu’il nous a toujours habitué sur ses précédents albums.
GFK renouvelle sa collaboration avec les ex-Hitmen Sean C & LV, très convaincants sur Big Doe Rehab. Sur « Do Love » feat Raheem DeVaughn, ils perpétuent la tradition des parties rappées sur des samples non-retravaillés, comme il le faisait sur « Holla » en reprenant les Delfonics, « Big Girl »,… vous voyez de quoi je parle. Ils sont également responsable du morceau XXX « Stapleton Sex ». Rarement un rappeur a été aussi loin dans le pornolyricisme. Ludacris paraît bien soft à côté de lui, à la différence près que le Ghost n’apparaît pas comme un être misogyne. Ghostface fait quelques bruitages très évocateurs de pénétration sur ce single interdit aux mineurs et d’un vocabulaire spécial baise pour la circonstance, c’est-à-dire cru et sans concession, de la pipe à la cigarette après sa propre satisfaction. (Celle de sa partenaire passant au second plan j’imagine mais on devine bien qu’elle a pris son pied.) Ils font remonter en arrière à l’époque de Chronic 2001 au moins pour retrouver des lyrics de cette vulgarité.
Pour autant qu’on le sache, Ghostface ne souffre d’aucune contradiction. S’il traite une pute comme une pute sur « Stapleton Sex », il traite la future mère de son enfant comme la future mère de son enfant tel un gentleman du hood sur « Baby », accompagné du crooner Raheem DeVaughn pour le raffinement. Les facettes de sa personne sont mis en exergue suivant les types de femmes qu’il fréquente. Ce qui caractérise aussi Ghostdini est qu’il sait avoir la classe, du swag, et s’entourer de personnalités de choix comme Raheem DeVaugn donc, Estelle et Vaughn Anthony pour quelques « Paragraphs of Love », John Legend sur « Let’s Stop Playin » et Lloyd avec « Goner ». Et les femmes lui rendent bien comme sur le tempo sexy de « I’ll Be That » (prod. LT Moe) avec la charmante Adrienne Bailon.
Invités comme les producteurs, Ghostface a très bien su gérer ce crossover. Qu’il soit seul ou accompagné, le résultat est le même et surtout, il reste fidèle à lui-même: il garde sa façon de rapper particulièrement spontanée et son franc-parler tout en gardant une attitude pragmatique et plus ou moins respectueuse du sexe opposé. Wizard of Poetry contient de nouveaux standards comme le superbe « Stay », le sample est tout bonnement irrésistible et plaira aux fans de la première heure, ainsi que « Stapleton Sex » qui restera pour tout le monde un grand moment de jambe en l’air. Ma critique ira pour cet instru des J.U.S.T.I.C.E League usé sur « Guest House » feat Fabolous, quasi similaire à « Yacht Club » tiré du dernier Rick Ross. C’est le seul impairà déplorer, entre nous ce n’est pas une erreur de goût, bien au contraire, l’instru est classy à souhait.
Savoir parler aux femmes dans le rap est tout un art, et Ghostface y parvient aisément tout en maintenant une éthique Hip Hop. Vous l’aurez compris, Wizard of Poetry est destiné à public mixte de préférence, ce qui constitue un risque, pas artistique en tout cas, mais commercial. Les deux bonus tracks sont facultatives : la première « She’s A Killah » invite Ron Browz (vive l’autotune) et le remix de « Back Like That » avec Ne-Yo et Kanye West déjà édité sur More Fish.

Postez vos avis!