EPMD « We Mean Business » @@@@


Plusieurs mois précédant la ‘reformation’ (néologisme créé pour des circonstances exceptionnelles) inespérée des NTM, un autre duo de légende, américain cette fois, s’était ‘reformé’ pour notre plus grand bonheur à tous. Eux aussi les croyait-on irréconciliables, eux aussi ont commencé par une tournée (mondiale vu leur envergure) à partir d’Octobre 2006, mais contrairement à nos pionniers du hip-hop français, ce groupe de rap a poursuivi jusqu’au bout leur logique de come-back en livrant leur premier album depuis Out of Business en 1999, We Mean Business. Vous l’avez probablement déjà déviné, je parle bien entendu des EPMD, Erick Sermon et Parrish Smith, de retour dans le rap bizness. Je dois dire qu’il faudrait être complètement désintéressé pour passer à côté d’une sortie aussi événementielle. Car dans la tête de certains, des rappeurs qui ont 20 ans de carrière dans les baskets n’ont plus rien à faire là, parce qu’ils sont old school, mis sur la touche par les majors, ils doivent être considérés comme des retraités passés de mode… Qu’est-ce que ça peut foutre tant que leur musique nous fasse péter les baffles et bouger la tête sur des beats qui claquent ?

Drôle d’époque… De bon vieux groupes de rock à la longévité importante comme les AC/DC, U2, Rolling Stones,… arrivent à vendre des millions de disques encore de nos jours alors que dans le rap, les artistes doivent avoir une date limite pour leur carrière comme dans le sport de haut niveau ? C’est débile comme mentalité. J’en arrête là avec mon coup de gueule, parlons de ce gros disque qui pète grave.

 

Pour info, We Mean Business est sorti aux US Octobre 2008, soit deux ans après leur réunion scénique, en indépendant sur leur label EP Records, distribué par la compagnie allemande Bodog (en deal avec DMX et Wu-Tang tout de même). Pendant l’écoute de cette bombe, je jette un coup d’oeil au livret (oui je l’ai acheté dans le commerce) où se trouve une photo d’Erick et Parrish affichant fièrement leurs disques d’or et de platines qu’ils ont cumulé en six disques classés comme classiques Hip Hop. Ces mecs-là ont été trois fois numéro 1 des ventes aux States, ont vendu des millions de disques dans le monde entre la fin des années 80 et la fin des années 90, et dans la situation actuelle, ils se retrouvent à sortir un 7e LP en indé ! Qu’est-ce qu’y a pu les motiver alors ? Sûrement pas un contrat plein de sous à ce niveau-là, mais la passion intacte pour le rap, faut dire ce qui est. Raison de plus pour savoir qu’on va se faire plaiz’ avec ce disque avant même qu’on se le procure (par n’importe quel moyen). 

Ce n’est pas parce que les EPMD sont âgés de quarante ans qu’ils ont perdu la forme, grossière erreur de penser ça. Y a qu’à voir les Public Enemy qui ont besoin d’une centrale atomique pour alimenter leurs concerts. Erick Sermon et PMD ont gardé la tradition d’un rap compétitif qui met à l’amende tous les one-hit-wonder la décennie rien qu’avec leur single « Listen Up », avec en guest Teddy Riley au vocoder ! Quel bien fou cela procure un bon son new-yorkais enrichi par un refrain au vocoder, on en oublie totalement cette merde d’autotune, les morceaux édulcorés au r&b, un hip-hop new-yorkais à la peine… Une bouffée d’un air qui était moins pollué il y a 10-15 ans. Les EMPD produisent toujours eux-mêmes leurs instrus, excepté un produit par DJ Honda et le très bon « Left 4 Dead » (feat Skyzoo) réalisé par un 9th Wonder inspiré, une track hommage aux morts qui n’ont pas obtenu la reconnaissance à la hauteur de ce qu’ils ont bâti. Des gens leur reprocheraient (avec un peu de mauvaise foi dans le ton…) qu’ils ne renouvellent pas leur formule. Ok, mais à quoi ça sert, elle est super au-point et s’est même affinée avec le temps. Pis il y a trop de monde qui pensent que moderniser la musique, c’est la rendre plus électronique ou décalée, donc bon… Faudra bien qu’ils se fourrent cette idée dans le crâne qu’on n’est pas là à décider de comment doit évoluer la musique, ni le public, ni les maisons de disque, c’est comme la nature, c’est un processus qui se fait tout seul. La seule chose qu’on puisse se permettre, c’est de la critiquer quand elle nous impropre à la consommation ou quand elle ne correspond pas notre goût. Mais le mieux, ça reste de savoir l’apprécier sans se poser de questions. Bref, je m’enflamme encore, navré de vous saouler !

 

Ce qui frappe en écoutant We Mean Business, c’est que l’alchimie entre les deux MCs a pu se reconstruire malgré les années de séparation et les beats du Green-eyed bandit sont toujours aussi funky, il n’y a qu’à juger « Roc Da Spot » et « Yo » avec un Redman dont l’humour et l’énergie n’a pas changé d’un iota depuis ses débuts. Et bien évidemment, l’autre tiers du Def Squad, Keith Murray, ne rate pas l’occasion de poser un couplet aux côtés de ses mentors sur « Actin’ Up » qui ferme la marche par une très bonne opinion générale sur cet album, Eastcoast – et je dis bien Eastcoast comme on qualifiait un disque de rap dans les années 90 et début 2000 – dans l’âme et dans le son. Les featurings le sont tout autant : Havoc des Mobb Deep, Raekwon et Method Man du Wu, KRS-One dans son rôle favori de grand sage égocentrique,… Concernant leurs prestations, on n’en attendait pas moins de leur part, c’est moi qui vous le dit. Le gros défaut que je peux faire au sujet de We Mean Business, c’est sa durée. Autrement, j’en ai eu largement pour mon argent.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Kizza dit :

    Je confirme « Listen up » est mortelle :D

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  2. Kizza dit :

    Omg, ça défonce, j’vais pécho ça direct :D merci ^^
    J’espère trouver un son à la « Never seen before »

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