Madlib The Beat Konducta « WLIB AM: The King of the Wigflip » @@@1/2


Pete Rock, Jay Dee/J Dilla, Will.I.Am, Marley Marl, DJ Jazzy Jeff, King Britt, DJ Spinna, Foreign Exchange, Nicolay, Clutch Player, DJ Vadim… Il y en a eu des producteurs, méconnus ou illustres, européens ou américains, qui se sont succédés chez le label anglais BBE Records.

Dernier arrivant et pas des moindres, Otis Jackson Jr alias Madlib, connu aussi sous les alias The Beat Konducta a.k.a. Quasimoto ; Madlib, un crate-digger de génie, producteur féru de soul, jazz et musique du monde, et par-dessus tout, un acteur immanquable de la scène indie alternative, reconnu également en ‘major level’ pour ses travaux pour Ghostface, Talib Kweli et Nu AmErykah d’Erykah Badu. Et pour la première fois de sa carrière, le voilà qu’il livre un album portant le tampon BBE et l’écusson Beat Generation (gage de qualité premium), WLIB AM: King of the Wigflip.

Sachez-le, ce n’est pas du grand Madlib dont on a affaire, mais du Madlib tout craché. En temps normal, j’aurais mis un @@@@ mais il ne s’est pas trop décarcassé pour ce projet. 8 pistes sur les 24 sont des courts instrumentaux typiques du Beat Konducta : durée inférieure à deux minutes, samples indétectables lorsqu’il incorpore des influences hindous ou venus de je-ne-sais-où, en plus d’être non-déclarés dans les crédits. Il faudrait être un sommelier du son pour deviner la provenance des vinyles. Quoi qu’il en soit, ils sont nettement moins recherchés par rapport à ce à quoi Madlib nous a habitué auparavant dans ses différents volumes du Beat Konducta, rien de neuf ou de surprenant. C’est le statut quo.

Mais quand même, on les apprécie ces samples « sans-filtre » et fumeux dont on entend encore les bruits parasites de la tête de lecture sur les 33 tours poussiéreux. Autre instrumental à ne pas rater, « Blinfold Test #10 » avec J-Rocc aux platines pour un mix d’enfer. Pis un moment privilégié, « Heat », pour une fois que Madlib ne se gonfle pas les poumons d’hélium pour se transformer en Quasimoto. Son personnage fétiche ainsi que Wildchild et MF Doom sont curieusement absents de King of the Wigflip. D’un côté, cela aurait trop aurait eu l’effet de rendre ce disque trop prévisible, familier pour un disque de Madlib (si vous voyez ce que je veux dire par là), de l’autre, une ou deux exclus préfigurant des sorties à venir n’auraient pas été de refus.

Madlib a ramené avec lui plusieurs proches de chez Stones Throw : le rappeur Roc C (sur « Take That Money »), MED pour représenter « The Ox (805) » et le nonchalant Guilty Simpson en seconde et avant-dernière position avec respectivement sur les deux tueries « Blow The Horns On Em’ » et « Go ! ». On retrouve bien entendu son frère cadet Oh No, avec qui il forme le binôme consanguin The Professionnals, sur l’anxiogène « I Want It Back », Karriem Riggins, avec qui il forme la Supreme Team, sur « Life », et puis Talib Kweli, avec qui il forme Liberation, sur « What It Do », un morceau qui s’inscrit tout à fait dans l’esprit de leur EP digital (si vous avez eu la chance de mettre l’oreille dessus). Madlib a aussi fait appel aux services de discrètes, mais non moins charmeuses, dames de la soul, comme la psychédélique Georgia Ann Muldrow sur « The Plan pt1 », Frezna (« YoYo pt 1 & 2 ») et Stacy Epps sur « The Way That I Live » où l’on sent la chaleur des chaudes nuits californiennes. Dudley Perkins s’incruste sur les dernières secondes du morceau pour une apparition surprise.

En tant qu’invités externes, le homeboy Defari (du Likwit Crew) réalise une bonne prestation avec « Gamble On Ya Boy », sur un rythme rare groove bien trouvé, tandis que Prince Po impose sa présence sur « The Thang Thang » et Murs trompe 9th Wonder pour placer quelques versets sur « Retrace ». On pourra reprocher à Madlib de ne pas s’être foulé sur ce disque point de vue innovation, il a tout de même le chic pour trouver le sample qui convient au moment où il convient, un véritable expert en la matière. Ou quand il s’agit de concevoir des beats minimalistes ultra-efficaces comme le « Drinks Up » des Frank N Dank, il excelle.

À quand le tour de Oh No chez BBE ? ça serait super !

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. plb dit :

    Au fait quelqu’un aurait le remix de « State Of Emergency » de Dudley Perkins qui est a la fin de « The Way That I Live »

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  2. plb dit :

    C’est vrai que cet album m’a un peu déçu ,pas que c’est mauvais mais ca ressemble a ceux qui nous avez fait avant
    Et puis les samples ne sont pas déclarés (ce qui vraiment dommage puisque BBE a quand meme les moyens d’en déclarés quelques-uns) meme si j’en ai reconnu quelques-uns (notamment sur « Life » avec Karrem Riggins)
    Mais sinon les titres sont souvent de grosses tueries comme « Go » qui est terrible avec sa ligne de basse ou les morceaux R’nb qui sont très bon « It’s just a Yo-Yo Affair… »
    Et la tuerie « Drinks Up! » le beat est simple comme tout mais c’est tout simplement efficace « My real niggaz put your hands up, My fake niggaz put your hand down!!! »

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