Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Snoop Doggy Dogg « Tha DoggFather » @@@¾


Dr Dre qui dit ciao, 2Pac buté à Las Vegas, c’est dans cette ambiance pourrie que Snoop – qui avait encore son ‘Doggy’ – Dogg a sorti Tha Doggfather le 12 Novembre 1996 chez Death Row Records. Evidemment, tout le monde a remarque l’anagramme avec la trilogie préférée des rappeurs, The Godtather (Le Parrain), avec Marlon Brando et Al Pacino.

Il y a eu beaucoup de drames et grands bouleversement cette année 1996 chez Death Row et dans le rap game d’une manière générale, c’est dire comment les yeux étaient braqués comme des flingues vers ce dangereux label rouge à la chaise électrique. Snoop Doggy Dogg, tous ces drames et toute cette pression l’ont défrisé, littéralement. Car il fallait aussi se rendre compte que faire suite à l’immense classique Doggystyle trois ans après avait provoqué une gigantesque attente. Le public s’impatientait. En dehors de la musique, d’autres drames, avec ce dossier brûlant : un jugement pour meurtre d’un membre de gang rival, dont le verdict au bout d’un suspens insoutenable a été l’acquittement pour le rappeur. Ensuite, comme chacun le sait, 2Pac se fait descendre à Las Vegas le 13 Septembre 1996. L’enquête a piétiné des décennies mais verra-t-on enfin le bout?

Il a fallu aussi pour ce second album remplacer l’irremplaçable Dr Dre à la production, et pour ce faire, il a fallu s’y mettre à plusieurs : le cousin Daz du Dogg Pound, le très expérimenté DJ Pooh, un jeune claviériste du nom de Soopafly, Sam Sneed, LT Hutton… Pendant des années, j’écoutais cet album d’une oreille distraite parce que par rapport à Doggystyle, c’est : pas pareil. Forcément, un niveau en dessous et différent sur le plan sonore même si ça reste du G Funk à gogo. C’est le type de son qui deviendra celui du DPGC (=Dogg Poung Gangsta Click) pour les années suivantes. Pour se faire une idée du fossé, il suffit de comparer « Doggy Dogg World » à « Doggyland », et c’est pas qu’une question d’échelle! Mais son flow nonchalant fait merveille sur des titres comme sur « Freestyle Conversation » et le single « Vapors », ode à la fumette. On notera ce gros sample de « More Bounce to the Ounce » de Roger Troutman sur « Up Jumps Tha Boogie ». Un bon point.

L’atout majeur de cet album: le chanteur soul/funk Charlie Wilson (du Gap Band!!), sur six morceaux, six, morceaux, dont le single phare « Snoop’s Upside Ya Head ». Grâce au soutien de son entourage, Snoop a pu combler quelques vides. On peut compter sur le Dogg Pound, ses amis Warren G et Nate Dogg (tous présents sur le très bon « Groupie »), le homie Tray Deee et le LBC Crew, un trio éphémère formé de Techniec, son cousin Bad Azz et Lil C-Style.

N°1 du Billboard à sa sortie, 2 millions d’exemplaires vendus, c’est bien, mais 3 trois fois moins que Doggystyle ! Ce ratio. Mais satisfaisant pour un album contenant une poignée morceaux dispensables (« Sixx Minutes », « Me and my Doggz »…). C’est le premier album sorti chez Death Row a ne pas être catalogué ‘classique’ par les fans… bref. La suite on la connait : Snoop Doggy Dogg a fini par fuir (pour la seconde fois quand on y repense) le couloir de la mort en Mars 98, pour rejoindre le Dirty South avec le label au tank doré conduit par Master P, No Limit Records. Ce qui nous a amené un revoir nos positions sur ce deuxième opus, et lui redonner un peu de cachet.

LA NOTE : 14,5/20

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