Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Snoop Dogg « No Limit Top Dogg » @@@¾


Bon, vous connaissez l’histoire mais je refais un résumé. Hu-hum. Après Tha Dogggather en 96, ça sentait grave le roussi chez DeathRow Records après le départ de Dr Dre et le meurtre de 2Pac. Sentant sa vie menacée, le chien de Long Beach a pris la poudre d’escampette direction le sud salen, un an après le décès de Notorious BIG. Avec sa famille, il pose ses valises à la Nouvelle-Orléans, dans la caserne No Limit gérée par le rappeur multitask multi-millionaire Master P. Perdant le ‘doggy’ durant ce transfert, Snoop Dogg sort en 98 l’affreux Da Game Is To Be Told Not To Be Sold, avec la pochette de l’illustrateur maison aux montages grossiers sans aucune esthétique. Bon, quatre fois platine quand même… Snoop a toujours la cote.

Il récidive l’année suivante avec No Limit Top Dogg. C’est toujours un produit No Limit, d’ailleurs on voit au dos du CD le gros tank doré incrusté de diamants et marqué en gros ‘executive producer MASTER P’. Clinquant comme jaja. Pour le nom de ‘top dogg’, je n’ai trouvé qu’une référence ciné, un film avec Chuck Norris et bobtail. Et je ne parle pas du livret, c’est un vrai catalogue haha. Le merchandising de chez No Limit avec leurs supers artworks pétés réalisés sous Paint, c’est magique… On aperçoit même Master P en tenue de basket (il a joué quelques saisons dans une sous-division). Exception à la règle, la cover de Top Dogg est épargnée par cette laideur graphique, plus sobre si ce n’est la grosse liste de feats qui prend de la place. Et là, au milieu des prodos 👀 : DR DRE. Oui, les retrouvailles, les premières depuis Doggystyle ! C’est la fête de voyous ! C’est confirmé dès « Buck’Em », pur instru du docteur avec cette guitare spécifique et un refrain du fou furieux Sticky Fingaz du groupe Eastcoast hardcore Onyx.

La gamelle est remplie à ras bord : 1h17 de zikmu (les CDs duraient 80min). Dedans, deux aurest autres prods de Dre et pas des moindres, à commencer par le cultissime « Bitch Please » avec ce wolverine Xzibit, le couplet de Snoop qu’on connaît par <3 et Nate Dogg pour le finish. Et « Just Dippin », très bon aussi. La liste de feats affichée a volontairement spoilé un détail important sur ce disque : retour en Californie. A la production : Ant Banks, DJ Quik, Jelly Roll et Meech Wells + Dr Dre évidemment. Les invités : Suga Free, Goldie Loc et Warren G et Nate Dogg, réunion des 213 pour l’adultère « Don’t Tell ». Bon, j’ai oublié de parler du titre avec Raphaël Saadiq qui est vraiment cool tho (« Somethin Bout Yo Bidness »). Des tracks westcoast et funky comme « Party with a DPG » (mais où sont les autres dogg pound gangstaz?), « Snoopafella », « Buss’n Rocks »… et quelques storytelling comme le single « G Bedtime Stories » un poil horrifique.

Mais bon, c’est toujours Master P qui commande pour garder une vibe hybride down south. Normal donc de trouver la mi-fa No Limit sur « Ghetto Symphony » (Mya X, Fiend, Silkk Tha Shocker, Mystikal, j’en oublie peut-être), et bien entendu l’énorme extrait « Down 4 My N’s » que Snoop partage avec le rocailleux et très menaçant C-Murder (le hook est légendaire). Thanx le prodo maison KLC pour ce banger gavé en tuba qui va crescendo. Pour être franc, la dénomination ‘Top Dogg’ n’est pas trop appropriée dans la mesure où Snoop n’avait pas retrouvé encore son top niveau. Mais ça sera le cas sur Tha Last Meal en 2000, produit par Dr Dre et sa team cette fois, et ça deviendra le nouveau classique qu’on espérait toutes et tous.

LA NOTE : 15/20

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.