R Kelly & Jay-Z « The Best of Both Worlds » @@@


2Pac, Notorious BIG, LL Cool J étaient parmi les précurseurs de la fusion rap/r&b au milieu des années 90. Depuis, ce mélange parfois commercial est devenu un moyen d’adoucir la musique rap pour la rendre plus accessible, allant jusqu’à la ramollir sévèrement (on parle de Fabolous et Ja Rule?).

Pour faire un vrai album de « rap’n b » (appellons ça comme ça), il fallait le meilleur rappeur de l’an 2000 et le meilleur chanteur r&b. Qui d’autres que le King of NYC et le King du R&B pouvaient mieux représenter les deux genres? Alors pourquoi pas les combiner? C’est de là qu’est parti le concept de ‘Best of Both Worlds’ pour peut-être faire naître définitivement un nouveau genre hybride.

Chronique originale écrite sur Rap2K.


Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés auparavant. Sur ‘The Dynastay – Roc La Familia‘, R Kelly était l’invité de Jay-Z sur la bombe atomique « Guilty Until Provent Innocent« . Après Jigga lui renvoyait la pareille sur le remix de « Fiesta« , un succès de plus, plus énorme celui-ci. Un historique très récent qui a inspiré ce projet collaboratif d’envergure, mais dont on verra que finalement, pas tant que ça. ‘Best Of Both Worlds‘ est quasiment produit par les TrackMasters et co-produit par R Kelly, sauf l’introduction (signée MegaHertz) et le dernier titre (de Charlemagne). Déjà il faut savoir que les TrackMasters ne sont pas vraiment des producteurs réputés pour leur originalité, et R Kelly était en plein délire gratte sèche latino après le succès de « Fiesta« .

La déception est évidente. Les deux artistes sont bons dans leur registre mais vu leurs potentiels respectifs, le résultat risque de déplaire. Nous sommes au pied de la montagne, qui vient d’accoucher d’une souris. La conception des morceaux a été vraiment prise à la légère. « Take U Home (Body)« , « Shake Ya Body » feat Lil Kim et « Get This Money » feront danser sans réelle motivation. Le style manque cruellement d’identité et reste trop conventionnel. On regrette assez amèrement que Jay ne se soit pas vraiment foulé lyricalement, et R Kelly ne s’applique pas nécessairement au chant, il chantonne tranquillou. Et ce n’est pas son solo « Naked » qui lui pardonnera ses petites faiblesses. Manifestement, la créativité et l’investissement n’étaient pas de rigueur, ce qui prête à penser que ce disque a été enregistré à la va-vite. La pochette très laide renforce cette impression de manque de volonté artistique en suggèrant un packaging très commercial façon cadeau de Noël (sauf qu’on était en Mars 2002).

Côté coup de coeur, c’est « It Ain’t Personnal » qui retiendra l’attention. Sinon, le gros souci sur ce disque, c’est que Jay-Z et R sont capables du meilleur (« Honey » et son sample des Bee Gees, « P.U.S.S.Y » avec Devin the Dude) comme du passable (« Somebody’s Girl« , « Shorty« ). Pour conclure, ‘Best Of Both Worlds‘ est assez inégal et varie du très moyen au bon.

Et pour en finir, treize chansons (seulement dira-t-on), pas plus de quarante minutes de musique, tout ça pour un album plus r&b que rap. Pour l’anecdote, malgré l’absence de promotion à cause du procès de R Kelly et le désinteressement de Jay-Z (qui n’est manifestement pas à l’aise quand il s’agit de faire du r&b), ‘Best Of Both Worlds‘ a vendu un million de copies aux US.

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