Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Juelz Santana « What The Game’s Been Missing! » @@@¾


Juelz Santana a beaucoup manqué au rap game, et c’est non sans une certaine ironie que son second, et dernier, album s’appelle What The Game’s Been Missing!, sorti durant l’automne 2005… Vingt ans bordel ! Juelz Santana était le second membre des Dipset Diplomats signé en major, ces aigles qui affichaient fièrement leur couleur rose/pourpre. Ouaip il était chez Def Jam comme Cam’Ron mais pas chez Roc-A-Fella par contre.

Fin 2005 sort ce solo What’s The Game’s Been Missing avec pas moins de 22 tracks (!) pour 75 min de zik. Un gros pavé mais quand on repense au fait que ça allait être -sans le savoir- le dernier projet solo officiel de sa jeune carrière (il avait 23 ans seulement), ça vaut le coup de ré-écouter. C’était encore l’époque où c’était possible d’écouter un CD entier en mode random (aléatoire) sans impunité. On pourrait carrément commencer par la fin avec « Mic Check » qui a été le 1er single sorti fin 2004, alors qu’on écoutait tout juste Purple Haze de Cam’Ron. Puis aller, direct sur « Oh Yes » parce que c’est un de mes samples préférés de l’univers. Tellement génial d’entendre Juelz jouer avec cette boucle des Marvelettes (le vintage « Mr Postman ») superbement utilisée par les Heatmakerz.

Le contenu du LP, très fourni forcément, alterne entre morceaux bien street (« Kill’Em », « Shottas ») et street-bangers (« Freaky », « Gangsta Shit »), avec un petit écart sur « Murda Murda » avec son sample reggae bien grillé de « World-A-Music » d’Ini Kamoze. Ah, un son qui a pas mal tourné aussi jusqu’à plus soif : « There It Go » avec son petit sifflement infectieux, sans doute un des meilleurs bangers des années 2000. A cette époque le morceau un poil (de yeucou) sudiste était aussi inévitable que la scène de boules dans un film d’action, ici c’est « Make It Work For You » avec un Lil Wayne en pleine ascension et Young Jeezy, l’autre jeune recrue de Def Jam. D’autres titres comme « This Is Me », « Lil Boy Fresh », « Good Times », le responsable « Daddy », démontrent qu’il a vraiment bien bossé, qu’il était en pleine phase de maturation. Chaque titre de l’album a sa particularité qui fait qu’on s’y attarde avec curiosité. Ne pas mettre de côté « Clockwork », assez original comme extrait aussi, toujours avec un bandana sur le front façon 2Pac.

Hormis Cam’Ron, on ne compte que trop peu de Dipset dans le lot (Hell Rell). Bizarre. Au-delà de ça, c’est franchement un bon souvenir ce skeud, et quel gâchis que sa carrière n’ait plus rien donné ensuite. Le mouvement Dipset s’est vite essoufflé dans sa bataille contre le G Unit et la guerre froide entre Jay-Z et Cam’Ron… Ce qui n’a pas empêché d’avoir longuement marqué les esprits et être à l’origine de l’émergence de nombreux artistes comme Max B. Ceci dit, si Juelz sortait un projet aujourd’hui, je m’y jetterai dessus sans une once d’hésitation parce que je n’oublierai jamais ce mec.

LA NOTE : 15/20

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