AZ « A*W*O*L » @@@@


Fausse alerte l’été 2004 : ‘Final Call’ de AZ ne sortira pas. Les raisons ? Deux hypothèses à cela : la première, ce sont les critiques assez vives de la presse hip hop, qualifiant, ce disque de cross-over et décevant. À titre informatif, le magasine XXL l’avait marqué d’un ‘M’ pour ‘medium’ ; la deuxième : des actes de pirateries qui ont eu pour conséquence de retrouver cet album sur Internet quelques semaines avant sa sortie. Donc on efface l’ardoise et on recommence.

Mais tout n’est pas perdu sur ‘A*W*O*L’ sur la treizième plage bonus, vous trouverez les trois meilleurs extraits de ‘Final Call’, c’est-à-dire « Live Wire » sur une production de Buckwild, le très bon « Magic Hour » avec CL Smooth et le franc parlé « The Truth ».

Note : comme d’autres rappeurs avant lui (Slim Thug, Talib Kweli), son album a fini bootlegué sur le net ce qui n’était pas courant à l’époque. AZ a dû tout réenregistrer, quitte à refaire un nouveau disque. Pour resituer un peu le contexte morose, AZ était aussi en froid avec Nas en 2005.

Vous l’aurez compris, ‘A*W*O*L’ est un tout nouvel album livré par AZ, sur lequel il ne cache pas son amour pour sa ville natale, NYC, au contraire, il la chérit comme jamais. Et son premier extrait produit par Dj Premier, « The Come Up », annonçait déjà la couleur. Les deux premiers morceaux savoureux signés Heatmakers, loin des sonorités Dipset habituelles, permettent d’apprécier le flow incomparable de AZ, littéralement scotché au beat. Le meilleur exemple : « Never Change » avec en prime des scratches signés Primo, de nouveau. Intéressant lorsqu’il s’agit de manier les mots, le MC sait aussi se faire plaisir comme sur le vrai-faux freestyle « AZ’s Chillin’ ».

Dans le rayon tueries et autres « bangers », on va d’abord déjà vite oublier l’essai dancefloor « Still Alive » un peu raté avec ses synthés répétitifs. Comme dit précédemment, AZ prête allégeance à la ville qui l’a vue grandir, sur l’emblématique « New York ». Invitant Ghostface et Raekwon pour la ‘wu-tang touch’, ils impriment à trois leurs lyrics meurtriers sur un instrumental typé série policière US des années 70 servi par Emile, reléguant la version interprétée par Fat Joe, Ja Rule et Jadakiss au rang de comptines pour enfants. Même traitement pour « City Of Gods » produite par Disco D. On appréciera aussi le concept de « Bedtime Stories », pas que ce soit vraiment du storytelling mais une petite histoire sur le monde du rap, qui ne se termine pas réellement : le volume baisse au fur et à mesure comme si l’auditeur attentif se mettait à s’endormir. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, cette chanson n’est en rien soporiphique.

Bon, on ne va pas perdre non plus notre temps sur le fait que AZ est un rappeur très doué qui a été longtemps laissé de côté ou oublié. Comme lui et Cormega, il valait peut-être mieux rester l’ami de Nas pour réussir plutôt que d’être son rival. Même si ce disque n’est pas meilleur que ‘Do Or Die’ ou ‘Aziatic’, ‘A*W*O*L’ comblera à coup sûr les fans du bonhomme ainsi que les plus curieux, et c’est déjà pas si mal.

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