Mesdames et messieurs, je vous présente l’album rap le plus chiant de 2026, depuis sa sortie en Février. C’est The Fall-Off de J.Cole, le fameux album annoncé depuis KOD, il y a huit ans. C’est son premier album en dehors de Roc Nation et son premier double-album. Oui, double : on se fait chier durant 1h40.
On sait Jermaine Cole un rappeur studieux et intelligent, ennuyeux parfois, avec une grosse fanbase dont je ne comprends ce qu’elle lui trouve de si génial. C’est quelqu’un d’authentique en l’apparence, il a même vendu dans la rue des exemplaires CD de The Fall-Off transportés dans le coffre de sa voiture. Ce qui peut être perçu comme un coup de comm’ aussi. Les deux albums ont la même configuration : 1 morceau d’intro, 10 titres et une bonus track. Avec des featurings, j’y viendrai, mais aucun artiste de son label Dreamville Records, pas même Bas. Probablement parce que l’album est sorti sur une autre structure, Cole World Inc.
Le premier album démarre mollement et sans originalité. Les vibes « SAFETY » (avec son sample de « U.N.I.T.Y » de Queen Latifah) laissent croire que The Fall-Off aura quelques titres rap cool, mais il s’agit en réalité d’un gloubiboulga d’instrus trap sans âme, de la gratte sèche à foison et des prods à la veine pop. Seulement la track 5, et on s’ennuie ferme. Puis, oh tiens, une prod d’Alchemist sur « Bunce Road Blues », avec au refrain, oh tiens, la révélation africaine Tems, et pis oh, ben, Future, très succinct, comme sur « Run a Train » (oui il est présent 2 fois sur The Fall-Off). Bon, je ne suis pas convaincu par ce titre finalement. Le reste, tout le reste même de l’album, jusqu’au 24e titre, se partage entre des noms comme Wu10, Steve Bilodeau, DZL, FNZ, Omen, T-Minus… Flemme d’écouter J.Cole palabrer avec la fébrilité du type qui joue les faux durs et qui musicalement n’a que peu d’intérêt. Heureusement l’avant dernier titre « Bombs In The Ville/Hits the gas », qui compte double, sauve l’honneur. Soupir.
Le disque 1 était mortellement ennuyeux, et il faut encore se farcir l’autre moitié maintenant. L’introduction du disque 2, « 39 Intro » et ses six minutes, est plus engageante déjà. Track 2 « The Fall-Off is inevitable », J.Cole est lucide, cet album illustre clairement cette chute. Erykah Badu apporte son aura sur « The Villest », dont l’instru utilise le même sample que son single « Close To You » avec Alchemist sorti quelques mois plus tôt… Je ne comprends pas le move. Le temps paraît toujours long comme un épisode de Derrick sur cette seconde partie, mais moins barbante que sur la première. Parce que cette partie concentre – et c’est là le point positif de The Fall-Off – les très nombreux clins d’oeil plus ou moins discrets disséminés comme des oeufs de pâques : « Elevators » des Outkast sur « The Villest », « How It’s Goin Down » de DMX sur « Life Sentence », Common sur « I Love Her Again »… Moments de nostalgie, héritage hip-hop, des références qui nous font ouvrir les yeux et les oreilles. C’est le peu de divertissement qu’on puisse disposer.
Mais punaise qu’est-ce que cet album est aussi long que chiant, désolé de le répéter. Même la pochette nous crie « ENNUI TOTAL ». C’est pas mauvais non plus, juste que c’était mieux quand J.Cole faisait des skeuds sans featuring, ni calcul et que 40 minutes à tout casser. Je me suis forcé à écouter l’album jusqu’au bout, parce que je suis un chic type, et au cas où je loupais quelque chose de bien qui se produirait à un moment donné… Mais ce quelque chose n’a jamais sauté aux oreilles sur The Fall-Off. L’album a quand même fonctionné niveau ventes, ça reste un point positif pour Cole, une chute sans gravité. Toutefois ce n’est pas de cette manière qu’il faudrait terminer une discographie.
LA NOTE : 12,5/20


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