Mais quel signe se cache derrière cette lettre sur cette pochette ? W…W…W… mmh la Westcoast? non. W… un film d’horreur qui se déroule à WUHAN ! non mais géographiquement pas si loin… C’était en 2000… Oh, W Bush ??? Nan, faux. W comme Wu-Tang Clan ! Wé, Wu-Tang Clan, y a rien pour baiser avec ! A peine sorti et écouté qu’on était absolument tous unanime sur un point : la pochette est archi-cheum. An 2000, on se moquait du métier de ‘webmaster’ (si si c’est vrai), alors graphiste j’en parle même pas…
Quand j’ai lu les reviews à l’époque (Radikal, Groove…), ce 3e album du Wu fut sévèrement taclé. « Vieillot », « dépassé », un clan « désuni »… Trois adjectifs qui avec le temps se sont transformés en idées reçues. Après deux classiques, forcément ça pouvait difficilement être mieux, mais « né vieux »??? Vous comprendrez alors pourquoi je n’ai pas indiqué la note au début : pour le suspens… Que vaut The W 25 ans après ? Est-ce que ses défauts se sont accentués? On ré-ouvre la capsule mémorielle. Tiens; je me rappelle d’ailleurs que j’avais téléchargé 3-4 morceaux de cet album (que j’avais jamais écouté en entier considérant son écoute comme dispensable). Oui je sais, j’étais un vilain pirate qui volais des sous aux grosses maisons de disque.
Cette fois on repart du début et pas en mode aléatoire comme j’avais la fâcheuse tendance de faire dans ma jeunesse. On retrouve nos MCs qui avaient autour de la trentaine, en grande forme, avec un « Chamber Music » qui met d’attaque. Juste après le détonant « Careful », qui révèle la facette meurtrière de Masta Killa notamment, je ne retrouve pas ces adjectifs entre guillemets que j’ai dit plus haut. Les instrus, c’est du RZA tout craché, avec une qualité sonore en net progrès. Je me rappelle d’une vidéo de making-of de l’album diffusé sur MTV, montrant une partie de l’enregistrement ayant eu lieu dans une villa en Californie et où tous les rappeurs étaient en train de s’amuser. Pas si désunis finalement. Et quand bien même, les tensions sont normales dans une grande fratrie.
Raekwon s’illustre sur « Hollow Bones » et « Let My Niggas Live » (avec une apparition de Nas), Ghostface met beaucoup d’émotions dans son flow sur « I Can’t Go To Sleep » qui rejoue « Walk On By » d’Isaac Hayes (présent en chair et en os d’ailleurs sur cet opus), avec un RZA pleurnichard. D’ailleurs RZA est agaçant avec ses nombreux égotrips, son alter-ego Bobby Digital. Bref. Le flow de Method Man fait des ravages sur « Protect Ya Neck (The Jump Off) », version ‘hiphopement dansante’ du classique « Protect Ya Neck » (avec le même sample d’origine asiatique). Autre ‘jump-off’ célèbre (aujourd’hui on dit « banger ») : « Gravel Pit » et son sample français (BO de « Belphégor ») sur un beat à 130 BPM. Le clip façon Famille Pierrafeu, quel délire!
Au fait, vous avez remarqué? Oui, ODB semble nulle part sauf par téléphone sur l’affreux « Conditioner » avec un Snoop Dogg apathique… Au souvenir de cette période où il s’est fait la malle d’un asile pour participer à un concert! On notera une fois encore les grosses perfs de Masta Killa sur « Careful » et Ins The Rebel sur l’épique « Do You Really? (Thang Thang) » (signé Allah Mathematics), on se croirait avec lui et Mef sur un champs de bataille ! A 3min21 : CHAAAARGEEEEEZ !!! Redman fait plaisir à entendre sur « Redbull », de même que Busta Rhymes sur « The Monument », et à part Snoop, c’est un sans-faute niveau feat. Même Junior Reid qui pose sur « One Blood Under Wu » sur un sample du thème original de James Bond (oui c’est original).
Bon allez, fin du suspens, ma note en 2025 : un bon 16/20.
(CHRONIQUE RE-PUBLIEE LE 19 NOVEMBRE 2025)


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