Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Redman « Malpractice » @@@½


Après avoir gagné le million avec Doc’s Da Name 2000 et le méga-ouf Blackout! avec son acolyte Methodman, le Funk Doctor Spock battait le fer tant qu’il est chaud avec un 5e album chez Def Jam baptisé Malpractice. Sa popularité était telle en ce début de nouveau millénium, qu’on a pu apercevoir Reggie Noble aux côtés du groupe punk The Offspring, où il dit 3 mots sur leur single « Original Prankster ». Et ça ne sera pas tout… Allez, c’est le moment de se rouler un oinj pour se mettre dans l’ambiance.

La mascotte au bonnet rouge taille réelle allongée sur la table d’opération que l’on peut voir sur la pochette me rappelle avoir lu, quelque part dans une interview, que le nom ‘Malpractice’ provient du fait que Redman a rencontré des complications après avoir été opéré d’une banale appendicite durant sa jeunesse et que ça lui a causé pas mal de soucis. C’était pour l’anecdote. Mais on verra après que le titre a peut-être un autre sens…

Une réécoute plus de 20 ans après sa sortie a confirmé mon premier sentiment lointain : un Redman pas spécialement inspiré, d’où cette stagnation, cette homogénéité qui vire à l’uniformité. Hormis la bombe atomique « Let’s Get Dirty » conçue par Rockwilder pour bien foutre le bordel dans les clubs, Rockwilder qui remet le couvert après celle de « Da Rockwilder ». Ouais Redman est en pilote auto, ce qu’il confirmera plus tard : il n’était pas spécialement concentré, investi sur ce projet qui a rencontré en plus de ça cinq mois de report. Voilà l’autre sens que je donne à Malpractice. C’est simple, on garde les bonnes vieilles recettes bien éprouvées par notre fumeur de micro préféré : Methodman et Keith Murray en feat par ci, des prods d’Erick Sermon par là, le décorum de briques rouges, l’odeur de weed, le sempiternel personnage de Soopaman Lova, les potos rappeurs et une kyrielle de skits humoristiques qui semblent en trop grand nombre et copiés-collés sur les précédents.

Bon OK, parmi les 23 pistes, la probabilité de tomber sur des tracks bien méchantes est forte, comme « Real N****z » avec Scarface la légende vivante et Treach (des Naughty by Nature), « J.U.M.P. » avec le roi du P Funk George Clinton en chair et en os, et « Doggz II » (qui sample George Clinton tiens) avec DMX qui dit juste « where my dogs at », aboie et grogne un peu. Oh et un couplet de Missy Elliott sur « Dat Bitch », c’est oui. Le reste est solide mais comme je disais plus haut, c’est statu quo, à ça de l’auto-caricature qu’il a évité de justesse, ouf ! En plus le public n’a pas été difficile, cet LP est devenu plaqué or sans forcer.

Epilogue : fin 2001 sort le film How High avec Mef et ça cartonne, en 2002 Redman finit sur « Dirrty » de Christina Aguilera et le remix de « Get The Party Started » de Pink (celui qui reprend « Sweet Dreams » d’Eurythmics). Quelle époque ce fut les amis.

LA NOTE : 14/20

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