Juicy J « Rubba Band Business » @@@


Le successeur de Stay Trippy s’est fait attendre : quatre ans. Toutefois, ce n’est pas comme si Jordan le juteux avait mis un bémol à sa carrière durant ce laps de temps. Jamais il n’a été aussi prolifique que passé la quarantaine puisqu’il a sorti pas moins de sept (!) mixtapes de 2015 à 2017, sans compter l’album collaboratif A Rude Awakening aux côtés de Wiz Khalifa et TM88. La série se ponctue enfin avec ce Rubba Band Business, second album en major par le biais du label Taylor Gang.

Un mot d’abord sur la pochette que je trouve géniale, je pourrai rester de minutes entières à la contempler. Elle me fascine par le côté fantomatique de cette gueule ouverte sur fond vert, comme celle d’un crâne avec un dentier en or crachant de la fumée. L’album, moins passionnant par contre, je vais pas passer des heures à l’écouter en boucle. Cloîtré dans son image de pimp gothique, Juicy J balance pendant quarante minutes (un timing qui devient peu à peu la norme) un son trap dérivé de la crunk underground et horrifique de Memphis manigancé par des Metro Boomin’, TM 88, Lex Luger, Ben Billions ou encore Mike Will Made It, ce dernier ne produisant qu’un seul titre (« Ain’t Nothing« ), lui qui était pourtant un atout majeur de Stay Trippy (plus suffisamment dans le coup?). Joli gratin n’empêche. Certains morceaux épouvantent un poil (hérissé), comme « Buckets« , « Hot As Hell » ou « Feed the Streets » avec Projet Pat et A$AP Rocky. La monotonie est troublée par les notes de piano de « Flood Watch » ou le caractère pop de « On & On » qui ponctue cet album sans rebondissement, malgré ses basses rebondissantes et ses textes qui peuvent déboîter violemment la mâchoire. En plus, on est pas mécontent d’entendre les ad-libs typiques (« yeah hoe », « ma-ma-ma-MAFIAA »).

Rubba Band Business est aussi moins riche en personnalités que Stay Trippy (et Katy Perry ne lui a pas rendu l’ascenseur). Reste Wiz Khalifa, son boss de label, qui pose par deux fois, et bien (surtout sur « Too Many« ), Ty Dolla $ign, Tory Lanez (pas un très bon choix)… Quelques-uns comme Offset (des migos s’il faut encore le rappeler) ou Travis Scott ne font pas le poids à côté d’une légende comme Juicy J, la jeune génération a encore beaucoup à faire. On remarquera au passage qu’il prend un soin incompréhensible de ne pas ramener DJ Paul, qui de son côté a relancé la mafia Three 6 avec Da Mafia 6ix.

Juicy J a-t-il péché (oh oui ça oui mais j’ai pas fini ma phrase) en ayant trop mis son énergie dans ses multiples projets annexes au lieu de se concentrer sur ce disque pour le rendre plus essentiel? Peut-on lui reprocher vraiment de ne pas avoir assez forcé le trait?Seul conseil pour exacerber les effets de Rubba Band Business : l’écouter en voiture durant des nuits noires.

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