Ab-Soul « Do What Thou Wilt. » @@@


Regardez-le bien dans les yeux sur la pochette car ce n’est pas tous les jours que le Black Lip Pastor se sépare de ses lunettes de soleil qu’il pleuve qu’il neige ou qu’il vente. Ce n’est pas pour une histoire de style ou de coquetterie qu’Ab-Soul porte constamment des lunettes de soleil, mais à cause d’une hyper-sensibilité à la lumière. Et avec le temps, il n’y a pas que sa vue qui s’est assombrie, Do What Thou Wilt. est un album incolore.

Sans introduction, DWTW (pour raccourcir) nous fait plonger nu dans l’obscurité qui tapisse la démence intérieure de Soulo avec « RAW (backwards)« , qui critique au passage le paternalisme de Jay Electronica.  D’être partiellement aveugle lui a ouvert le troisième oeil, offrant une autre vision de son environnement, voir ce que les humains ne peuvent voir et dire des choses incroyables (le single « Braille » avec Bas du label Dreamville). Et ça transperce bien la matière grise de part en part sur bien des pistes, telle que « Womanogamy » (produit par un Mike Will inspiré), avec ces rimes d’accroche « look I’ve got two baby mamas/ but I ain’t got no kids/ Nah I’m fucking wit ‘you/ them my lesbian friends ». Les femmes ont une place non-négligeable sur cet album, le sujet de pas mal de morceaux (« HER World« , « God’s a Girl?« ), elle définit sa manière de percevoir son monde (exemple le refrain de « The Law« ), et malgré cela il a besoin de préciser « I ain’t a sexist ». Les premières rimes des morceaux sont les plus importantes pour amorcer l’écoute, même précédés d’un refrain, comme sur « D.R.U.G.S. » (avec un Mac Miller non crédité sur le hook). La simplicité des formulations font ressortir la puissance du sens de ses textes (« They say the apple don’t fall far from the tree/ Apple a day, it keep the doctors away/ I wonder if my father got more faded than me/ But I can’t ask him, ‘cause the doctors couldn’t save him« ). Lyricalement, ça fait crépiter les neurones, on s’approche nettement de #controlsystem auquel il faut souvent écho (en particulier sur certains titres comme sur le jazzy « INvocation » avec la légende Kokane), tout comme Kendrick Lamar, absent de cet album mais le rappeur y fait souvent référence et ce dès la première track.

Sur le plan de l’atmosphère, c’est là que le bât blesse. Produit en grande partie par les producteurs maison de TDE (Willie B, Tae Beast, Tommy Black, Sounwave, Skhye Hutch…), la complexité de l’âme de l’auteur tiraillé par le négatif et les tentations ne le défend  pas d’être un album musicalement terne, cendré, comme l’illustre des morceaux parfois majeurs comme « Portishead in the Morning » et « Threatening Nature« . Selon moi, point noir, à double titre. D’autres personnalités de la maison viennent prêter main forte, comme le boss Punch, la chanteuse SZA (qui est la prochaine à sortir son album chez Top Dawg) et ScHoolboy Q (« Beat the Case« ). Il arrive cependant d’y voir quelques éclaircies , comme « Wifey vs WiFi« , « Straight Crooked » et spécialement « The Law » avec Mac Miller qui chante le refrain (crédité cette fois), Rapsody et sa touche de soul/r&b.

« This ain’t an album, this is an algorithm », qu’il en soit ainsi. Si DWTW trouvera preneurs, en ce qui me concerne, je ne vois que le verre à moitié plein. Une raison supplémentaire de préférer encore plus #controlsystem. 

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