Royce da 5’9 « Layers » @@@@


Le MC le plus dangereux de Detroit réapparaît en solo cinq ans après le moyen Success is Certain. Revenu sur les devants de la scène avec Slaughterhouse, l’EP de Bad Meets Evil avec son vieil ami Eminem et puis le projet PRhyme avec DJ Premier, Royce Da 5’9 compte bien ne pas décevoir ses fans avec Layers, avec à la production éxécutive nul autre que Mr Porter (anciennement Kon Artis des D-12). Un album qu’il considère lui-même comme « ce qui aurait dû être mon premier album ».

Le premier morceau n’est autre que le puissant single « Tabernacle« . Emmené par une prod empreinte gospel signée S1 (Lupe Fiasco, Kanye West…), Ryan Montgomery évoque la disparition de sa grand-mère et pour qu’il en écrive un long storytelling, c’est qu’il en avait décidément gros sur la patate. En réalité, l’histoire qu’il raconte sur ce morceau est cruciale, il évoque comment sa vie a basculé en quelques heures avec la venue au monde de son fils, la disparition de sa grand-mère et sa rencontre avec le jeune Marshall Mathers, alias Eminem. L’anecdote autour de cette chanson est aussi intéressante puisqu’il l’a écrite, comme tout l’album, à la fin d’un sevrage de l’alcool qui dura quatre ans. Ça aussi son alcoolisme, il en parle un peu plus loin sur « Hard« , autre temps fort de l’album puisqu’il y étale les talents de lyricistes qu’on lui connaît, avec de l’émotion en plus.

Ceci apporte une première indication forte sur Layers : c’est un album très très personnel, le plus personnel de la carrière de Nickel 9. La seconde, et cela se confirme sur les titres suivants, Royce a enfin choisi de très bons instrumentaux, conçus par Mr Porter et S1, ou encore des noms réputés tels que Nottz, DJ Khalil, Jake One, ou bien Antman Wonder (qui a travaillé avec Skyzoo). De gros artilleurs. Sa réputation et son statut ne sont plus à faire malgré une signature en indé, la preuve les poids lourds Rick Ross et Pusha T le rejoignent sur le morceau-titre « Layers » avec son instru à la à la JUSTICE League. Dans un registre similaire, « Dope! » (produit par DJ Pain 1) est un downtempo jazz-funk qui a de quoi rendre jaloux Curren$y. Le titre « Shine » est précédé d’une anecdote rapportant une métaphore de T.I. sur le gens rencontrant le succès, on retiendra cette rime qui montre à quel point Royce a toujours les crocs : « for 15 years, I ain’t leaving here without a classic ».

Autre signe d’ouverture et de maturité du MC de Detroit, la track « Pray« , pour toutes les choses pour lesquelles on devrait se soucier, des gens autour de soi comme des drames au Nigeria. Cela ne change rien à son profil d’assassin lyrical capable d’écrire des kilomètres de rimes sans faillir. Ce nouvel opus se conclut par la tirade inachevée « Off« , avec un instru qui pourrait rendre hommage à J Dilla. Il se passe quelque chose sur Layers, Royce Da 5’9 est devenu meilleur, plus ouvert, et avec moins de faiblesses. Bref, plus dangereux que jamais.

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s