Sheek Louch « Silverback Gorilla 2 » @@@


Sheek Louch (The Lox/D-Block) sort chez Tommy Boy Records la suite de Silverback Gorilla, un album loin d’être le meilleur de sa discographie (After Taxes reste perché tout en haut). Après les suites, vous savez ce que c’est… Rares sont celles qui sont meilleures que les premiers volets.

Sheek a/k/a Donnie G le Don Gorilla est un MC qui est toujours resté hood dans l’âme et ses albums ont toujours été faits dans et pour la street. Il y a des habitudes qui ne changent pas, ça peut avoir du bon. Il envoit du gros son d’entrée avec « Hood Nigga » (feat Trae tha Truth, Billy Danze des M.O.P. et Joell Ortiz) et « What You Want The Money For » avec ce bon vieux Swizz Beatz au rap (mais pas sur le beat). Plus loin on rejoint un Jadakiss brillant et A$AP Ferg sur « What’s On Your Mind » (qui sample Ginuwine) et Ghostface Killah avec un « I Luv It »  qui donne envie d’un Wu-Block 2 (ça tombe bien c’est prévu).

Il y a un truc qui agace pourtant au fil des pistes qui passent, cette impression que chaque morceau est épissé (c’est-à-dire dont il manque les deux bouts). Ça donne le schéma suivant: couplet de Sheek Louch->refrain->au tour du featuring->un autre couplet de Sheek s’il a encore du temps de parole->hop morceau suivant. Chaque minute est comptée et statistiquement, chaque piste dure en moyenne moins de trois minutes. S’ajoute à ça la contribution de producteurs inconnus (Jimmes Dukes, Smiley’s People,…)  qui s’inspirent de ce qu’il se fait de manière générale dans le rap pour livrer des instrus génériques. Tous des quasi inconnus sauf… Termanology (ça lui arrive de faire du son). Tout le budget est passé dans le paiement des trop nombreux featurings (on peut rajouter Pusha T, Fabolous, Styles P…) ou bien? Comme dit l’expression : « le trop est l’ennemi du bien », quelque chose dans le genre.

Les conséquences peuvent être fâcheuses, c’est le cas sur « I’m Working« , avec comme config un instru classy calqué sur les sorties Maybach Music s’achevant par un passage équivoque de Raheem DeVaughn, fin du morceau avant la fin de la seconde minute. Pas d’autre couplet? Même topo pour « Obamacare« , le fondu intervient après le passage du chanteur Dyce Payne. Dommage car ce titre méritait d’être approfondi. Ou alors, on a droit à des samples réchauffés (« Trap Stories« ), des instrus Eastcoast datant de la décennie dernière. D’accord « Hood In You » est très soulful mais réchauffé pour le coup (Just Blaze a fait largement mieux avec ce sample « Never Been In Love » pour Talib Kweli en 2004). C’est pas le moment de jouer les nostalgiques. Puis il y a le cas de cas de « You and Me », morceau ‘sexe’ qui arrive vers la comme la scène de cul dans un téléfilm histoire qu’on n’ait pas passé tout ce temps à avoir écouté l’album pour rien (ce qui n’est pas tellement le cas dans le fond).

Avec Silverback Gorilla 2, on est en face d’un street-album qui manque de substance malgré des sons solides. Sheek Louch fait le taf, ce n’est pas trop-trop ça mais c’est toujours mieux que Top 5 Dead or Alive de son compère Jadakiss et les derniers albums de Styles P.

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