Keri Hilson est la protégée de Polow Da Don, et Polow Da Don fait partie de l’entourage de Timbaland. Après, les choses se sont faites d’elles-mêmes et Timbo en a fait sa nouvelle égérie. Faisant à l’origine partie d’une team de songwriter, The Clutch, Keri a collaboré avec bon nombres de grands artistes dans l’industrie du disque, en écrivant des chansons pour Britney Spears, Mary J Blige, Jennifer Lopez, Mario… (je ne vais pas faire la liste complète, il y a des sites très bien renseignés pour ça.)
Si elle commence à se faire un nom et de l’expérience dans le milieu, c’est Timbo qui lui offre son ticket d’entrée avec le tube « The Way I Are » qui a cartonné en Europe l’été 2007, embrayant par après sur « Scream », quatrième single extrait de Shock Value avec la plantureuse Nicole Scherzinger des Pussycat Dolls. Elle enchaînera ensuite d’autres apparitions pour chanter des refrains, comme celui de « Hero » de Nas, et c’est dans cette dynamique – en légère perte de vitesse – qu’elle sort son premier album, In A Perfect World…, produit principalement par le trio Polow Da Don/Timbaland/Danjahandz, qui ont rapproché leurs labels respectifs Zone 4 et Mosley Music Group pour l’occasion.
Après ce paragraphe d’introduction somme toute assez académique, je ne vais pas trop déblatérer sur ce disque, que j’ai pu écouter par morceaux sur son Myspace. Premièrement, les featurings de série présents sur tout les albums à gros budget : Akon, Lil Wayne avec l’autotune (quasi un pléonasme), T-Pain avec l’autotune… non je blague, Kanye West sans autotune (!), Ne-Yo, Timbaland évidemment, Trina et Keyshia Cole; Secondement, des singles à la pelle, garantissant une vie commerciale confortable. Timbaland rallonge des prods post-Shock Value stylisées à tendance pop et Polow Da Don apporte sa touche à cet album avec des synthés techno. Troisièmement, je trouve que Keri Hilson ne dégage rien de particulier, sauf de la sensualité. Elle rentre tellement dans le moule qu’on ne la remarque pas parmi toutes les autres chanteuses de r&b. Et c’est pas faute d’être à moitié habillée dans les clips de « Energy », « Return The Favor » ou « Make Love ». Sa voix, ses mensurations, les instrus, c’est commun, taille mannequin et formaté pour le grand public. Dans le moule.
L’écriture et un chant bien maîtrisé ne font pas tout, si on ôte l’aspect visuel. Timbaland a eu des égéries bien plus exceptionnelles (Missy Elliott, Aaliyah et même Nelly Furtado…) que cette brillante auteure aux allures de top-modèle pour la circonstance. Il manque à Keri deux qualités primordiales : de l’âme et du coffre. En contrepartie, elle compense en exhibant sa carrosserie qui attire les regards et en usant subtilement de l’autotune comme d’un correcteur de trajectoire. Hélas oui, cette belle paire de jambes aussi est devenue accroc à l’autotune, il faut avoir l’oreille fine pour le percevoir mais il y en a. Le résultat au demeurant est loin d’être parfait. Un monde idéal serait dénué de toutes émotions artificielles, au profit de qualités plus naturelles…


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