Special Teamz « Stereotypez » @@@1/2


Le vétéran bostonien Edo G et ses homies Jaysaun des Kreators et Slaine de la Coka Nostra ont formé en 2005 une unité de choc dans l’Etat du Massachusetts, la Special Teamz, à la période où Edo G avait sorti My Own Worst Enemy (connu et reconnu pour sa production signée Pete Rock). Après de deux ans de prospection, une mixtape et un maxi vinyl, l’équipe spéciale approuve un deal chez Duck Down Records, label de Buckshot et Dru Ha et maison-mère du Boot Camp Clik. Des moyens, une notoriété underground déjà toute faite et une quantité de producteurs de renom : DJ Premier et Pete Rock en tête, Young Cee (l’actionnaire principal), Jake One, Marco Polo et quelques autres moins notoires. Sur le papier, l’annonce esta priori attractive, mais de la théorie à la pratique, il peut y avoir une différence par rapport aux prévisions. On s’est peut-être fait quelques idées un peu hâtives sur Stereotypez.

 

L’annonce de leur arrivée avec le morceau de (re)présentation « Get Down » est assez banale, fédératrice mais banale. La bâtisse est bien défendue par les « Three Kings », sur un air médiéval amusant d’un certain point de vue, mais malgré des infrabasses et des scratches appuyés, le beat manque de lourdeur. Ce n’est pas vraiment un défaut en soi, les trois preux MCs compensent par des couplets belliqueux envers les sucka MCs. Ill Bill produit le morceau « Stereotypez » qui aborde sans retenue le sujet des clichés raciaux, mais encore une fois, le beat paraît léger. Ill Bill que l’on revoit plus loin en featuring sur « Dirty Money ». Heureusement que Pete Rock apporte sa ‘magic touch’ sur « Boston To Bucktown », un instru semblant échappé de My Own Worst Enemy sur lequel figurent Bucktown et Sean Price pour entretenir 2min23 de bonheur en enquillant cinq ‘16 bars’. « Classical » maintient notre concentration jusqu’à la démonstration de DJing finale, une track trop courte précédant une prod de DJ Premier, « Main Event ». Ce n’est pas du Primo des grands jours, mais le beat est tranquille, la ligne de basse accrocheuse et une partition chaotique de piano pour l’ambiance. Les Special Teamz assurent ce qu’il faut au micro, il y a rien à redire là-dessus. Ce qui peut réellement surprendre en revanche, c’est l’apparition de Devin the Dude, venu de Houston pour poser sur « Long Time Comin ». 

Akrobatik rejoint la B-Team pour un « Home 2 » orné par des chœurs chantés et quelques claps, enchaînant naturellement sur « Clap Your Hands », pratique pour la scène. S’ensuit le très bon « Story Of My Life » feat JY, un sujet introspectif classique embelli par une éclatante production de Yomo, puis le gros beat de « Fallen Angelz » orchestré par un Jake One inspiré. Pas de commentaires à faire en particulier sur « One Call », si ce n’est qu’il s’agit du même extrait que Port Authority de Marco Polo, le producteur canadien affilié à Rawkus. Donc si vous le connaissiez déjà… L’instru de « Figth Club » est produit par Moss (le beatmaker qui a réalisé le gros œuvre sur le dernier Big Shug), très épuré, accompagné par quatre notes de piano seulement et qui suffit à Edo G, Jaysaun et Slaine. « Dirty Money » contient – comme je le disais – un verset d’Ill Bill, peu retentissant comparé à ce qu’il a fait sur le monstrueux « Heavy Metal Kings » des Jedi Mind Tricks, malgré une énorme ambiance lugubre et sombre. Le titre « Pushaman », qui parle de la drogue dans les ghettos, a cette propriété d’être conçue par un crew nommé les D-Boys. Assez marrant comme détail. On poursuit avec « Race Riot » sur un beat relativement inspiré des travaux de RZA des temps anciens, qui nous emmène sur un incroyable finish moribond, le métalleux « Gun In My Hand » avec Jamey Jasta. Vous avez bien lu où je voulais en venir, c’est une conclusion en métal-rap bien violent.

 

Stereotypez raconte les événements habituels d’un groupe de MCs qui a vécu dans les quartiers défavorisés de Boston, avec une ambiance musicale majoritairement marquée par des samples de piano. Une chronique très ordinaire pour album Hip Hop relativement ordinaire. Autrement dit : pas mal, ni plus ni moins. 

 

(chronique écrite le 21 Aout 2008 )

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