Keith Murray « Rap-Murr-Phobia » @@@


Une semaine après la sortie de He’s Keith Murray en 2003, son auteur se faisait virer de chez Def Jam. Motif : manque de tact envers les dirigeants. Coup dur. Une punition, un silence radio de quatre ans, un avis de recherche, une signature en indépendant sur Koch Records… Voici le résumé typique d’un artiste rappeur en perdition. C’est triste à dire mais c’est malheureusement la réalité de Keith Murray. Malgré la situation, il reste le genre de MC à jurer fidélité à la vie à la mort à sa passion, le Hip Hop, preuve en est avec Rap-Murr-Phobia (qui se traduit par la ‘peur du vrai hip-hop’). Un retour qui fait beaucoup plaisir à tous les puristes, néanmoins – soyons honnêtes avec nous-même – qui ne risque pas hélas de relancer sa carrière, juste lui laisser un sursis…

 

« Da fuckery », comme tous les morceaux qui suivent généralement une intro, fait un état des lieux du milieu et revient sur ses déboires, un récit sur l’évolution des choses pendant ses années d’inactivité. La cadence de l’album est down-tempo, et trouve sa vitesse de croisière en milieu de disque à partir de « U Ain’t Nobody » qui réunit les Def Squad (Redman, Keith Murray et Erick Sermon qui produit une partie de Rap-Muur-Phobia), puis le soulful « Do » suivi de l’estival « Nobody Does It Better » avec le ladiesman Tyrese, pour transiter sur le riddim reggae de « Hustle On ». L’enchaînement sur cette partie est vraiment bien ficelée, consistante et maintient l’attention du hip-hop listener lambda. Le hic est que le flow fluide et rocailleux de Keith Murray ne fait pas tout, ni l’allégresse procurée par le plaisir de retrouver un grand artiste rap dont on disait porté disparu. Les productions ne sont pas assez péchues voire hasardeuses (« Never Did Shit »), on décroche après le morceau en featuring avec Method Man (« What It Is ») jusque la fin de l’album, en nous laissant sur notre faim. 

 

 

Il est difficile d’admettre la semi-déception de ce retour en demi-teinte, la satisfaction n’est pas au rendez-vous. Oui bon la volonté de bien faire se ressent dans la façon de poser, l’écriture très bien maniée mais la qualité de réalisation est approximative. Rap-Murr-Phobia est inégal sur ses extrémités, ce qui réduit la marge à cinq voire six bons titres. Pas que Keith Murray n’assure pas, mais l’album dans sa globalité ne rassure pas…

 

(chronique écrite le 21 Aout 2007 sur Rap2K.com)

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