Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

PRODIGY « H.N.I.C. » @@@@¼


𝙃𝙉𝙄𝘾 ‘un’, qui souffle ses bougies ce 14 Novembre, aura finalement été le meilleur de trilogie de 𝗣𝗿𝗼𝗱𝗶𝗴𝘆 𝗱𝗲𝘀 𝗠𝗼𝗯𝗯 𝗗𝗲𝗲𝗽. J’ai encore du mal à réaliser aujourd’hui que Prodigy soit décédé, en 2017 déjà, et je ne dois pas être le seul dans ce cas. Ce fut une légende de son vivant, il a survécu aux dures règles de Queensbridge, à la drépanocytose, à cinq années de prison ferme… Derrière lui, des classiques, des souvenirs, des anecdotes folles, personnellement un passage des Mobb Deep à Lyon, et un bouquin de cuisine (si si, juré). Alors revenons à la charge avec son 1er solo paru en 2000, 𝙃.𝙉.𝙄.𝘾., pour « 𝘏𝘦𝘢𝘥 𝘕𝘪𝘨𝘨𝘢 𝘐𝘯 𝘊𝘩𝘢𝘳𝘨𝘦 », le pistolet toujours chargé sous le marcel et le short. Parce qu’au moindre pet de travers, il le sortait pour régler ses comptes, au sens figuré (quoique).

Cet opus paru en 2000 fait suite à trois classiques des 𝗠𝗼𝗯𝗯 𝗗𝗲𝗲𝗽, le dernier en date étant 𝙈𝙪𝙧𝙙𝙖 𝙈𝙪𝙯𝙞𝙠 et sa bombe « 𝘘𝘶𝘪𝘦𝘵 𝘚𝘵𝘰𝘳𝘮 ». L’attente était plus qu’énorme, imaginez le niveau d’excitation des fans. Pour cet album, il a pris avec lui un certain 𝗔𝗹𝗰𝗵𝗲𝗺𝗶𝘀𝘁 pour quelques beats, le poulain 𝗕𝗶𝗴 𝗡𝗼𝘆𝗱 et le fameux trio ‘cadet’ 𝗜𝗻𝗳𝗮𝗺𝗼𝘂𝘀 𝗠𝗼𝗯𝗯. « 𝘋𝘦𝘭𝘵 𝘸/𝘛𝘩𝘦 𝘉𝘶𝘭𝘭𝘴𝘩𝘪𝘵 » et « 𝘞𝘢𝘯𝘯𝘢 𝘉𝘦 𝘛𝘩𝘶𝘨𝘴 » sont deux tracks en tant que 𝗠𝗼𝗯𝗯 𝗗𝗲𝗲𝗽 (officiellement). Les premières minutes sont assez faibles, l’album ne démarre que très franchement avec « 𝙒𝙝𝙖𝙩 𝙐 𝙍𝙚𝙥 » qui envoie un subli à 𝗝𝗮𝘆-𝗭. P majuscule est un HNIC, aussi « YBE » pour ‘young black entrepreneur’. « 𝘊𝘢𝘯’𝘵 𝘊𝘰𝘮𝘱𝘭𝘢𝘪𝘯 » recèle la crème de QB comme sur cette compile sortie chez Ill Will Records (l’ancien label de Nas).

Track archi-culte : « 𝘒𝘦𝘦𝘱 𝘐𝘵 𝘛𝘩𝘰𝘳𝘰 » avec sa célèbre boucle de piano ! L’alchimie est née avec ALC, et même une grande amitié. Mais pas que, d’autres jeunes cadors sont testés: un dénommé Just Blaze (« Diamonds ») et Rockwilder immanquable à cette période (« Do It »). Seul écart, ce « 𝘠𝘉𝘌 » avec 𝗕𝗚 𝗱𝗲𝘀 𝗛𝗼𝘁 𝗕𝗼𝘆𝘇 pour la connexion Down South, avec une légère vibe sudiste spécialement pour lui. Ce morceau servira également de single et réchauffer davantage les relations entre East et South. Mais dans le fond, 𝙃𝙉𝙄𝘾 demeure strictement ghetto et rien d’autre, façonné dans les projects de briques. Reste « 𝘠𝘰𝘶 𝘊𝘢𝘯 𝘕𝘦𝘷𝘦𝘳 𝘍𝘦𝘦𝘭 𝘔𝘺 𝘗𝘢𝘪𝘯 », probablement le titre le plus personnel et profond d’Albert Johnson, à l’unanimité? Toujours est-il qu’en se mettant à sa place, on tiendrait pas une heure dans ses baskets trainant sur le troittoirs de QB et avec sa maladie du sang.

HNIC premier du nom, un modeste succès ? Que nenni : 500 000 copies écoulées en 1 mois !!! Rien qu’avec sa réputation. Malgré ses défauts, quand on prend le CD dans les mains, on le lève au ciel pour qu’il soit béni. Il faudra attendre presque sept ans et que sa voix devienne plus grave pour avoir ses suites HNIC2 avant la prison et HNIC3 après la prison.

LA NOTE : 17/20

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