Biggie est mort, vive Puffy, et vive sa nouvelle poule aux oeufs d’or Ma$e. Remettons-nous en 1997, année qui a propulsé Bad Boy Records dans les hautes sphères. Chronologie : Notorious BIG se fait buter, Life After Death de Biggie sort à titre posthume, ensuite No Way Out de Puff Daddy, quelques prods bien placées (« Cold Rock a Party » de MC Lyte, le remix de « Honey » de Mariah Carey), puis ce premier solo de Mas (avec ou sans le $ peu importe) nommé Harlem World.
Retour en arrière pour connaître le background du jeune mauvais garçon. Avant de se trouver en featuring le sourire aux lèvres aux côtés de Biggie et Puffy (pour qui il sera un de ses ghostwriters), Mason Betha, 22 ans, fut un de ces jeunes pousses de Harlem, issu de ce groupe sans discographie officielle nommé Children of the Corn, aux côtés d’un certain Cam’Ron et le Big L du DITC, le fondateur. Quand Harlem World est sorti (un 28 Octobre), je trouvais le flow de Mase lazy as fuck, mais plus de 25 ans après, cette impression était fausse. Reste ces prods funky signées les Hitmen (avec de gros samples bien gras à gogo), un style « jiggy » à la Will Smith mais avec plus de streetcred.
Bad Boy avait le chic de rendre n’importe quel sample mainstream, « commercial » diront certains, embourgeoisé je dirai, et ce dès « Do You Wanna get $ »; Ou plus outrageusement sur « Feel So Good » (qui sample « Hollywood Swingin » de Kool & The Gang). J’adorais trop ce titre, j’étais comme un dingue devant MTV à chaque fois qu’il passait. Ah ces clips en mode « fish eye »… tout une époque! Et pour votre gouverne, c’est la chanteuse Kelly Price (et non pas Faith Evans) au refrain. Les refrains chantés sont légion sur cet album, on flirte allègrement (avec la langue) avec le r&b comme sur « Love You So » ou plus follement sur « What You Want » avec Total (sur un sample cuit à point de Curtis Mayfield). On n’oublie pas « Cheat On You » avec un certain Jay-Z, un rappeur qui allait percer sûr.
On a droit à la Total(e) de Bad Boy Records, tout leur roaster: The Lox, Black Rob, 112, Lil Kim (bien que n’y étant pas signée) mais pas l’ami Cam’Ron ! En revanche, deux feats du furieux DMX (alors qu’il n’avait pas encore sorti d’album) dont le single « 24hrs to Live » en particulier. Bon quand ça devient trop sirupeux, il y a quand même du rap « rap » comme sur « Wanna Hurt Mase? » et « N*ggaz wanna Act » avec Busta Rhymes (en plus). On a même droit à une connexion avec Memphis sur « Playas Way » (avec les locaux 8Ball & MJG)… Ainsi qu’une prod de jeunes inconnus sur « Lookin At Me », qui se font appeler les Neptunes… Sûr qu’ils allaient cer-per eux aussi, un jour, avec leur style très original et novateur. Bon ok les pas de danses et les sappes de Mase… ça fait rire mais faut se replacer dans le contexte. C’est très facilement que Ma$e a empilé des disques de platine avec cet opus (presque 5). Le succès était certain, c’était un peu notre petit chouchou ce mauvais garçon de Harlem…
LA NOTE : 14/20


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