J’ai connu 𝗦𝗵𝘆𝗻𝗲 en lisant un magasine français de rap, je crois que c’était Radikal… Dans son interview, ce fils de premier Ministre de ce petit état d’Amérique Centrale qu’est Belize émigré à Brooklyn venait à 18 ans de signer un contrat en or chez Bad Boys qui en faisait des caisses à son sujet. D’ailleurs Puffy lui en a offert 3, de bagnoles… Une anecdote sur ce jeune Jamal Barrow: il racontait avoir déjà fait de la prison étant mineur et pour ça, il a fait exprès de mentir sur son âge. Par contre, sa grosse balafre qui part de l’épaule jusqu’au torse comme sur la pochette de ce single, c’est pas du chiqué. Voilà déjà le passif du gamin.
t vlà-t-y pas que fin 99 il se retrouve dans une grosse embrouille à la sortie d’un nightclub avec le couple 𝗣𝘂𝗳𝗳𝘆/𝗝𝗲𝗻𝗻𝗶𝗳𝗲𝗿 𝗟𝗼𝗽𝗲𝘇. Des coups de feu sont tirés, 𝗣𝘂𝗳𝗳 est incriminé. Le boss de Bad Boy cherche à tout prix à sauver sa peau et c’est 𝗦𝗵𝘆𝗻𝗲, qui l’accompagnait ce soir-là, qui doit porter le chapeau et devient la cible des médias et de la justice US. Au milieu de cette sale histoire, le rappeur sort en 2000 son premier album auto-intitulé, non sans mal vu l’ambiance de merde avec son label Bad Boy Records.
La pub était très mauvaise mais, pub quand même. Le single « 𝘛𝘩𝘢𝘵’𝘴 𝘨𝘢𝘯𝘨𝘴𝘵𝘢 » montre clairement l’orientation du garçon à travers un sample du classique « 𝘍𝘶𝘯𝘬𝘺 𝘌𝘯𝘰𝘶𝘨𝘩 » de 𝗧𝗵𝗲 𝗗.𝗢.𝗖.. Et sa voix et son flow rappellent 𝗕𝗶𝗴𝗴𝗶𝗲. Troublant. Le single « 𝘉𝘢𝘥 𝘉𝘰𝘺𝘻 » utilise un sample de 𝘉𝘢𝘳𝘳𝘪𝘯𝘨𝘵𝘰𝘯 𝘓𝘦𝘷𝘺 et confirme la tendance gangsta-rap new-yorkais, qui hélas suivait une direction artistique absente. Le genre de CD qui donne l’impression d’être en lecture aléatoire tellement c’est hétérogène. Au-délà du trouble dû à sa ressemblance vocale avec Biggie et la gêne provoquée par des instrus douteux (flemme de les citer), la dangerosité de Shyne est réelle. Suffit de se passer des tueries comme « 𝘉𝘢𝘯𝘨 », « 𝘛𝘩𝘦 𝘓𝘪𝘧𝘦 » ou « 𝘕**** 𝘎𝘰𝘯𝘯𝘢 𝘋𝘪𝘦 » produite par les 𝗡𝗲𝗽𝘁𝘂𝗻𝗲𝘀.
Ouais, il rigole pas au mic et sa réputation le précède, bien que là, faut prendre les choses au sens figuré hein. Ah tiens « 𝘞𝘩𝘢𝘵𝘤𝘩𝘢 𝘎𝘰𝘯𝘯𝘢 𝘋𝘰 » et « 𝘊𝘰𝘮𝘮𝘪𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯 » valent le détour, le reste du skeud c’est du Bad Boy tout craché au mieux, au pire, foireux… Pas terribles les prods des divers Hitmen. Pire, hormis Slim des 112, aucun membre du staff Bad Boy n’est présent. Et la pochette, hideuse, on est d’accord.
Epilogue : en 2001, 𝗦𝗵𝘆𝗻𝗲 est reconnu coupable des coups de feu lors de l’incident du nightclub et se prend 10 ans ferme pour sauver le cul de 𝗣𝘂𝗳𝗳 𝗗𝗮𝗱𝗱𝘆 devenu 𝗣 𝗗𝗶𝗱𝗱𝘆. Si on fait abstraction des morceaux à mettre à la pouvelle. 𝙎𝙝𝙮𝙣𝙚 – l’album – montrait un énorme potentiel de son auteur, dont la carrière fut tristement foutue en l’air, sacrifiée même, en quelques secondes à cause de ce giga connard de Puff.
LA NOTE : 13/20


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