Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

DJ Muggs vs GZA « Grandmasters » @@@@½


En 2005 est sorti un side-project majeur du Wu : Wu-Tang Meets The Indie Culture. La semaine suivante, le 25 Octobre 2005, les grand maîtres DJ Muggs et GZA se sont affrontés sur un échiquier. Grandmasters allait devenir un autre projet majeur annexe du Wu pour tout un tas de raisons.

Entre le nom de Muggs (DJ/producteur des Cypress Hill) et GZA (la fine plume du Wu-Tang Clan), il y a ce « vs », l’un joue contre l’autre sur un damier, West contre East, mais deux univers avec des atomes crochus, dont la mise en commun est là sous nos oreilles. « When The Fat Lady Sings » (tiré de l’album Soul Assassins) a été leur premier extrait commun, mais il s’avérait que les deux hommes vouaient une passion commune pour les échecs, ce qui a d’autant plus nourri leur complicité pour mettre mat en 12 coups seulement avec Grandmasters.

Chaque titre est le nom d’un coup d’échec, pour lequel GZA fait correspondre une situation de la vraie vie. Le rappeur est réellement inspiré, lui qui voit le monde comme une partie où chacun est un pion. Le rap game est aussi une source d’inspiration. Muggs de son côté joue sur les changements d’ambiance et s’adapte, un coup jazzy (« Queen’s Gambit », oui comme la série Netflix), un coup trip-hop, un autre plus martial, encore un autre mélancolique… sans aucune erreur de stratégie. Quelle partie ! Pour l’anecdote, « All In Together Now » est une référence au trio que formaient GZA, RZA et Ol’ Dirty Bastard, bien avant la fondation du Wu-Tang, ça renforce l’importance de cet album. Raekwon, Masta Killa et Sen Dog sont aussi présents.

GZA est à son aise et maintient l’auditeur attentif sur ces boucles parfois lugubres dont l’aspect répétitif n’a rien de soporifique. On est clairement dans l’esprit du Wu avec la touche de Muggs (les samples de voix fantomatiques/stridents). Fort dommage qu’il n’y ait eu une seconde manche en guise revanche… En revanche il y a eu un album de remixes signés DJ Khalil, Scoop DeVille… accompagné un d’un DVD concert-documentaire (diffusés pas très légalement sur youtube). Grandmasters est sans doute le meilleur opus de GZA après Liquid Swords. Quant à Muggs, ce fut le début d’une longue série d’albums collaboratifs qui continuent encore dans les années 2020, avec Meyhem Lauren, CRIMEAPPLE, Eto, Raz Fresco, Jay Worthy, et j’en passe.

LA NOTE : 18/20.

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.