Nouvelle décennie, Nas s’est lancé dans un nouveau défi, ambitieux, celui de relancer sa carrière sur sa propre structure Mass Appeal. Car après tout, pourquoi pas, maintenant qu’il a le champs libre ? La compilation The Lost Tapes 2 en 2019 a donc été une sorte d’apéritif face à ce qui allait suivre. Car rien ne présageait à l’époque que le célèbre rappeur du Queens allait lancer non pas une, mais deux trilogies, sur quatre années. Le point de départ, en 2020, King’s Disease.
Je vais revenir sur mes premières impressions que j’ai vécu lorsque j’ai écouté King’s Disease de Nas cette année 2020. Déjà, le choix audacieux d’avoir mis sa confiance entre les mains d’un seul producteur, le californien Hit-Boy. Au début des années 2010, il était devenu rapidement un des producteurs les plus remarquables, la coqueluche de Jay-Z et Kanye, avant de connaître un très long passage à vide jusqu’à ce que Nas fasse appel à lui, appel qui allait se révéler massif. Mais il faut dire que ce douzième album solo de Nas m’a laissé sur un avis mitigé. J’étais incapable de dire, et c’est encore le cas maintenant, si j’étais partiellement séduit ou peu convaincu. C’était pour le moins déconcertant.
L’alchimie entre un Nas, toujours riche de vocabulaire et bavard, avec un Hit-Boy extrêmement doué n’a pas été à la hauteur sur cet opus, soyons honnête. KD donnait l’impression qu’il s’agissait d’un essai, d’une phase de prise de connaissance, une mise en commun de leurs univers artistiques respectifs, en créer une base. Mais le producteur a un sens de l’adaptation, jouant des sonorités assez typiques du rap de Queensbridge, à croire que son pote Alchemist lui a filé des pro-tips. Le choix de certains instrus matchaient bien, comme « Ultra Black » et « The Cure », d’autres nécessitaient une certaine acclimatation sous l’effet de la nouveauté (« Blue Benz », « 10 Points »). Certains beats m’ont laissé avec une moue dubitative, trop trap (« 27 Summers »), quand ce n’était pas des choix de featuring sans intérêt (Lil Durk, Big Sean, Don Toliver). La collaboration avec Anderson .Paak avec « All Bad » est bienvenue mais n’a laissé que peu de traces.
Puis là, confortablement posé en piste 10 comme sur des suspensions pneumatiques, le come-back que personne n’a demandé : celui de The Firm. Et pas la conformation de l’album éponyme de 97 chez Aftermath qui fut un fiasco, l’originale, avec Cormega. L’entendre lui, AZ et surtout Foxy Brown (qu’on n’a pas entendu depuis belle lurette, quelle plaisir!) sur un instru aussi classe, on en demandait pas tant, c’est épatant. Et cette touche finale : un couplet de Dr Dre !!! J’étais aux anges. Cela ne dure que le temps d’un seul morceau, mais quel morceau.
Ma réaction à chaque écoute est la même quand j’écoute King’s Disease : je me gratte la nuque en ne sachant toujours quoi penser de ce résultat. Un bon album, avec des choix hasardeux. Est-ce que j’ai envie de le réécouter de temps à autre? Non. Il y a pas mal de critiques à formuler. Nas n’avait plus rien à prouver et il a tenté quelque chose d’inédit à ce stade de sa carrière. Malgré tout, on ressentait un certain potentiel dans cette collaboration entre lui et Hit-Boy. Cela aurait très bien pu en rester là, mais ils ont fini par la renouveler, encore, et encore. Et l’histoire leur donnera raison.
LA NOTE : 14,5/20


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