Archives du mot-clé Nas album

NaS « Life is good » @@@@½


Lorsque Nas a explosé à la face du monde avec Illmatic, classique rap parmi les classiques, il rappait « Life’s a Bitch » avec son ami AZ. Pour son dixième album solo, c’est plutôt Life is Good, un titre qui n’a pas tant défrayé la chronique comme ce fut le cas précédemment avec Hip-Hop is Dead et Nigger (finalement devenu ‘sans-titre’) qui ont provoqué des débats houleux et passionnés. Mais ça, c’était avant qu’il ne dévoile la pochette de Life is Good (Def Jam), où sied Nas, très bien habillé, avec sur ses genoux, la robe de mariage verte de son ex-femme Kelis.

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NaS & Damian Marley « Distant Relatives » @@@@@


Il y a d’abord eu ce magnifique duo qu’était « Road to Zion » en 2005, extrait de l’indispensable chef d’oeuvre qu’est Welcome to Jamrock de Damian Marley. Le point de départ d’une relation commune qui s’est officialisée peu après la sortie du fameux album censuré de NaS (Nigger devenu Untitled) en 2008 entre ces deux prodiges de la musique contemporaine. L’un vient du Queens, New-York, c’est un des meilleurs MCs de sa génération, le fils du musicien de blues Olu Dara Jones, le second est né à Kingston, Jamaïque, c’est le plus jeune fils de la Légende Bob Marley et il a insufflé le renouveau de la musique Reggae. Plus que la musique, ils partagent un ancêtre commun apparu quelque part en Afrique, berceau de l’humanité et thème au coeur de Distant Relatives, le fruit de cette union sacrée.

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NaS (untitled) @@@@½


Nas avait en 2006 provoqué LA polémique, une crise sans pareil au sein du rap game, et ce, rien qu’en livrant un album répondant au funeste nom de Hip Hop is Dead, entraînant alors de nombreux artistes de musique rap et leur public dans des débats houleux, passionnés et argumentés pour en arriver à la question qui dérange : faut-il accepter ce fait (plus ou moins avéré) comme une vérité, et si oui, est-ce réversible ? Les réponses ont été tout juste énoncées que déjà Nas revient semer un vent de panique d’un tout autre ordre, en passant à une échelle ‘bigger than hip-hop’, encore avec un nouvel intitulé, Nigger. Les réactions furent immédiatement explosives. Toute la communauté afro-américaine, les américains haut placés, les médias, tous les concernés ont vivement réagi autour de l’usage de ce mot devenu un tabou aux States, autour de ce fameux N-word ouvertement exposé. Du kérosène aspergé sur les braises d’une dispute sur l’utilisation courante de ces mots blasphématoires dans les textes de rap (tels que ‘nigga’, ‘bitch’, etc.), qui, pour de nombreux responsables de maison de disque, de juristes et président d’associations, sont responsables de la banalisation de la violence et de propos insultants, susceptibles de dévaloriser l’image des Noirs. Des rappeurs comme Master P et Chamillionaire ont choisi de ne plus jurer dans leurs lyrics, libre à eux, mais le problème est plus profond, enraciné dans l’histoire et les mentalités.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Nas a reçu le soutien de beaucoup d’artistes rap dans sa démarche de vouloir briser des interdits imposés par la censure, tandis que d’autres n’y voyaient là qu’un coup marketing. Le défi maintenant était de pouvoir sortir ce disque avec cet intitulé qui fait frémir les Etats-Unis. Connaissant les aptitudes innées de Nas en matière d’écriture et de créativité, je me suis dit en attendant sa sortie qu’il fallait simplement lui faire confiance sur le message qu’il allait porter, son intention est clairement de relancer une révolution invisible à peine voilée. Malheureusement, dans un pays où le racisme est ancré dans les institutions, face à la pression de son label (traduite par des reports de sortie), des distributeurs (Wall-Mart en tête) qui ne supporteraient pas de commercialiser Nigger, Nas n’a pu accomplir sa mission jusqu’à terme. L’album est devenu éponyme (ou ‘untitled’), Nas, un geste félicité par le Révérend Al Sharpton. A vrai dire, il aurait fallu un moyen détourné pour y parvenir, comme les NWA avec Efil4zaggin et 2Pac avec Strictly for my N.I.G.G.A.Z. Mais n’en déplaise à ces hypocrites et autres détracteurs, cette modification ne changeait en rien la nature du contenu. Qui plus est, la photo très parlante d’un Nas au dos scarifié de la lettre ‘N’ en couverture compense le poids du mot ‘nigger’. En revanche, il le réutilise pour The Nigger Tape (lire la chronique) et le 15 Juillet 2008, l’album par qui le scandale arrive sort enfin. Une belle victoire en soi.

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Nas « Greatest Hits » @@@@


Maintenant que Nas a signé chez Def Jam, son ancienne maison de disque Columbia en profite pour sortir un Greatest Hits compilant l’essentiel des singles qui ont ponctué la première décennie de la carrière du prodige du Queens. On aurait pu craindre qu’il s’agisse d’un best-of lambda avec une foule de titres emblématiques et mythiques pris au hasard et mélangés aléatoirement. Loin de là, la sélection se veut pertinente, le mieux possible tout du moins, et les titres retenus, de son monument classé historique Illmatic jusqu’à son double-CD Street’s Disciple, sont placés chronologiquement dès la 3e piste jusqu’aux bonus tracks, les deux premières étant réservées à deux inédits : le très bon « Surviving The Times », où Nas fait sa propre rétrospective, et « Less Than A Hour », la collaboration avec Cee-Lo qui a servi pour les besoins de la bande originale du film Rush Hour 3

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Nas « Street’s Disciple » @@@@1/2


Comme tout le monde, je me demandais si un jour Nas allait être capable de concevoir un nouveau classique de la trempe de IllMatic. Jusque là, il n’y est pas arrivé jusqu’au bout. It Was Written fut un grand cru millésimé vivement recommandé qui a permis à Nas d’acquérir un succès commercial et une exposition mondiale, les deux albums d’après on laisse tomber,… ensuite, StillMatic, son album du renouveau, s’en est le plus possible approché, et God’s Son était assez particulier et inégal même si c’était un sacré gros disque aussi. Il faut dire que le decès de la mère de Nas y était peut-être pour quelque chose. Du coup, je me suis fais une raison. Après tout, il faut continuer d’évoluer au lieu de retenter sa chance à créer une oeuvre semblable à son premier coup de maître.

Je me souviens encore comme si c’était hier de ce 2 Décembre 2004 où je me suis procuré ce double-album Street’s Disciple à la Fnac Bellecour de Lyon, avec l’intime impression d’être comblé. L’excitation avait commencer à me submerger lorsque je lisais dans les revues de presse que son septième disque était un classique avant l’heure. En aucun cas j’ai eu l’idée de le télécharger au préalable, je me suis senti comme moralement poussé par son achat. Je me rappelle l’avoir écouté tard le soir, jusqu’à une heure du matin, dans ces eaux-là. Et le lendemain après-midi, la chronique était prête à la parution sur Rap2K, tellement j’ai été subjugué par ce fabuleux album.

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Nas « Stillmatic » @@@@½©


Chez cette personne, on peut beaucoup apprécier Nas le rappeur de génie et à contrario très peu Nasir Jones, l’homme, la personnalité parfois contradictoire, distante et manquant d’humilité. Depuis son grand classique Illmatic (lire la chronique), la fine plume de Queensbridge s’était un peu reposée sur ses lauriers et partait un peu à la dérive. En effet, Nas a eu sa période ‘bling bling’ peu glorieuse avec les succès commerciaux I Am… et surtout Nastradamus. Mais la claque en pleine figure que lui a balancé Jay-Z avec son « Takeover » à la rentrée 2001 lui a brusquement remis les idées en place. Voilà comment après Nas Escobar, Nasty Nas et Nastradamus, cette ‘suite’ de son premier classique, livrée à la mi-Décembre de cette année-là, aurait pu s’appeler ‘Nas se rebiffe’.

Car Stillmatic, comme vous pouvez le constater, est un néologisme fort bien formulé pour signaler un véritable retour aux sources du MC. A l’image de « Destroy & Rebuild« , une production de Baby Paul sonnant particulièrement QB à l’ancienne, Nas démontre cette renaissance autant artistique que rapologique du rappeur. De plus, il en profite pour se réapproprier la suprématie de son ‘borough’ que les Mobb Deep lui avaient soufflé. Nas règle ses comptes et reprend du grade en répondant à « Takeover » avec un revers féroce devenu célèbre, le diss « Ether« , destiné à ‘Gay-Z’ et ses potes de ‘Cock A Fella’. New-York et le rap game vivaient en cet instant l’une de ses plus grandes batailles verbales. On sent bien que Nas perdu un peu de son sang froid en étant plus virulent que son rival, il réutilise même au début de cet intstru impérial (servi par Ron Brownz) le « Fuck Jay-Z » scandé par 2Pac sur son titre posthume « Fuck Friendz« . Cependant c’est une très belle passe d’arme, surtout quand il retourne le slogan « I will not lose » envers Jay-Z. C’est de bonne guerre. De nos jours, des sondages font encore rage pour essayer de déterminer lequel des deux MCs a remporté cette manche, et les résultats sont toujours aussi serrés.

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Nas « It Was Written » @@@@@©


Comment donner suite à un grand classique instantané sacralisé par la critique, Illmatic ? C’est cette équation très difficile que Nas a du résoudre pour le 2 Juillet de l’an 1996, date qui coïncidait avec la sortie de Stake is High des De La Soul. Pour ce faire, le rappeur du Queens s’est entouré du très ambitieux manager Steve Stoute et d’une équipe de tueurs qui garantissaient de passer à la radio tout en restant street, Poke & Tone alias The Trackmasters. Ainsi fut It Was Written, ainsi Nas devint Nas Escobar, en gardant les projects du Queens en toile de fond.

Rétrospective écrite en Novembre 2016 pour HipHop Infos France

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Nas « Illmatic » @@@@@ ©


Premiers pas dans le rap, premier album, premier classique. Un Classique parmi les classiques Hip Hop, il n’y a pas d’autres nobles mots qui existent pour définir ce chef d’oeuvre qu’est Illmatic. Ce véritable génie de la narration qu’est Nasir Jones alias Nas, a placé la barre vraiment très, très haut, avant même que Notorious BIG ou Jay-Z furent signés en major. Difficile de trouver qui à l’époque était en mesure de l’égaler, peut-être le maître de la rime Rakim d’un point de vue lyrical.

Ce monument né le 19 Avril 1994 dans les projects du Queens de Long Island n’aurait jamais pu voir le jour si MC Serch des 3rd Bass, son producteur éxécutif, ainsi que Kool G Rap, n’avaient pas fait un peu de forcing pour que le jeune surdoué de 20 ans puisse signer chez Columbia. Illmatic ne serait guère non plus cette Bible Eastcoast si les producteurs renommés de la Golden Era, à savoir les légendes vivantes que sont aujourd’hui DJ Premier, Large Professor, Q-Tip, L.E.S et Pete Rock, n’y avaient pas participé à sa création.

À sa sortie, cet album n’a pas réalisé des scores de ventes mirobolants (12e au Billboard 200), mais il a profondément marqué les rues new-yorkaises et les mentalités dans le rap de manière irréversible. Chose extraordinaire, The Source lui avait décerné suite à leur chronique un ‘5 mics’, la note suprême pour la première fois de l’histoire du magazine rap américain. Et encore de nos jours, Illmatic demeure une référence en matière de Hip-Hop, tous les critiques et les magasines vous le diront. Personne n’imaginait à cet instant, pas même ses auteurs, que ces dix-titres allaient signifier un modèle d’art et de perfection à tous les égards.

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