Nas et DJ Premier, 1994 – 2025. « N.Y. State of Mind », « Memory Lane (Sittin’ In Da Park »), « Represent », « I Gave You Power », « N.Y. State of Mind pt. II », « Nas is Like », « Come Get Me », « 2nd Childhood » en 2001, le stand-alone single « Classic » en 2004 (avec Nas, Rakim et Kanye), plus d’une décade plus tard « Wave Gods » (Preemo aux scratches), « Beat Breaks » en 2022, puis le single annonciateur « Define My Name » en 2024 et, enfin, l’album Light-Years fin 2025, dernier album de la série Legend Has It du label Mass Appeal. Mieux vaut tard que jamais. A la date où cette chronique est écrite, Nas a 52 ans et Premier 59 ans. Maintenant cette grande question : ALORS???
He ben oui, que dire… Si ce n’est que j’ai été très désappointé dès les premières secondes de « My Life Is Real ». Beat sec, des notes qui partent un peu dans tous les sens, avant de retrouver pieds, pas le genre d’entame qui met en confiance immédiatement je dois l’avouer. Mais une chose est certaine : l’album est bien réel. Cela va déjà mieux sur « GiT Ready » avec un Nas en mode Nasdag Dowjones qui joue avec des rimes de boursier, avec ce ‘swing’ typique de DJ Premier qui fait bien plaisir. Avant de me casser les dents sur « N.Y. State of Mind pt III »… parce que je déteste Billy Joel dont un sample est joué ici. Non merci vraiment, sans moi cette fois. Ce n’est pas la seule suite que Nas et Preemo proposent ici, il y a « Sons (Young Kings) », qui reprend le thème de l’excellent « Daughters » (tiré de l’album Life is Good) en version masculine, et le dernier morceau « 3rd Childhood » (la suite de vous avez deviné), qui a conservé un petit riff de basse et le refrain de l’original, mais en perd en groove comparé à l’extrait classique de Stillmatic.
Il y a une forme d’équilibre particulier dans Light-Years, dans la mesure où quand c’est DJ Premier qui fournit un beat raplapla ou trop minimaliste, c’est Nas qui propose des lyrics ou des concepts dingues. Comme ce « Nasty Esco Nasir », sorte de face-à-face mexicain avec trois alter-egos de Nas, « Pause Tapes » (en l’honneur de cette technique de sampling et de créations à de boucles à partir de K7 audio) ou bien « My Story Your Story » qui marque le retour d’AZ aux côtés du rappeur du Queens. Il semblerait que Preemo a voulu revenir aux basiques hip-hop à travers ses instrus, comme au début des Gang Starr quand il faisait des boucles entêtantes. Néanmoins à trop vouloir écrémer, son style a perdu au passage ce pep’s, ces petites sonorités incroyables ou cette façon bien spécifique de placer des caisses qui faisait bouger nos têtes. Ce qui n’empêche pas de franches réussites synergiques comme « Writers » ou ce « Madman » avec ces méchantes basses. L’entraînant « Welcome to the Underground » et « Junkie » passent encore, je suis en revanche beaucoup plus mitigé concernant « Shine Together » et « It’s Time ». Le résultat et l’impression personnelle variera selon les gens je pense…
« Bouquet (To The Ladies) » mettra tout le monde d’accord, avec ce sample ultra-classe de « Here Comes The Sun » de Eugene Record. Dessus, Nas rend un vibrant hommage à toutes les rappeuses d’hier et d’aujourd’hui, n’oubliant quasi personne. Il cite aussi bien Ice Spice, Flo Milli et Cardi B que Heather B, Little Simz, Lauryn Hill et Nitty Scott MC, un R.I.P. pour Gangsta Boo… et encore d’autres plus méconnues ou que je ne connaissais pas dans ce name-dropping mémorable. Un grand, grand moment de Light-Years. Un album collaboratif qui n’a pas l’étoffe d’un classique, mais peu importe le rendu final, les scratches donnent toujours le smile et les rimes de Nas aussi. Depuis le temps qu’on attendait l’avènement de ce disque, il fallait marquer le coup et en cela, le job est fait désormais. Light-Years sonne presque comme l’épilogue des carrières de ces deux titans new-yorkais.
LA NOTE : 15,5/20.


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