Blackout! de Method Man & Redman fait partie de ces albums de rap culte par excellence, le genre d’album que tout amateur de hip hop doit avoir écouté au moins une fois dans sa vie, ou un millier de fois. 1999 a été une année dingue pour le rap et à propos de gue-dins, voilà les cousins pétards Meth & REd qui ont provoqué le Blackout complet à New-York City à l’aube du 3e millénaire. C’était la teuf avec le bandeau Def Jam 2000. Allez tous ensemble : « HOW HIIIIIGH ? SO HIGH I CAN KISS THE SKEY !! So SICK, SO SICK YOU CAN SUCK MY D-« .
A gauche sur la pochette : Redman a/k/a Funk Doc, MC solo depuis 1992 officiellement et aussi tiers du Def Squad. Trois classiques consécutifs à son actif chez Def Jam, plus Doc’s Da Name 2000 certifié disque de platine. A droite : Method Man, a/k/a Mr Mef, membre permanent du Wu-Tang Clan qui comptait 2 classiques, auteur du classique solo Tical et du moins classique Tical 2000 sorti aussi en 98 chez Def Jam. Tiens donc, ils sont dans la même maison, comme par hasard. Pour la petite histoire, la première collaboration entre les deux bonhommes, c’était avec le mythique « How High », en aout 1995, produit par Erick Sermon et extrait de la compilation Russell Simmons presents the Show. Normal que la moitié des EPMD se retrouve producteur principal de Blackout (et un tout petit peu RZA).
On sent immédiatement que le notre duo dynamique s’est grave fait plaisir, qu’ils étaient à 200 % dans leur délire, rendant la connexion Brick City/Shaolin indisjoignable à jamais. Sans oublier le Green Eye Bandit à la production. C’est simple, Blackout! est une succession de tueries aux infra-basses généreuses et loops drôlement funky que le temps n’est pas parvenu à éroder, avec deux MCs compétiteurs dans l’âme qui étaient au faîte de leur art, rendant leur complicité aussi rare que dangereuse. Passé l’intro, le titre « Blackout » cogne sec autant qu’il divertit. Regardez aussi l’extrait « Tear it off » : LA BAGARRE. Et si tu les emmerdes ne serait-ce qu’un poil, le tandem te fout la honte sur « YOU », donc fais gaffe toi-là si tu veux pas de te faire griller comme du pain de mie. Aucun répît pour l’auditeur qui se prend rime sur rime en pleine face, le micro passant entre les mains comme un relai, C’MON.
Le banger par excellence, l’électrisant « Da Rockwilder » produit par Rockwilder (ça ne s’invente pas), c’est devenu l’un des titres les plus playlisté dans les DJ-sets pendant une décade voire plus. Dire que Redman ne kiffait pas l’instru… On a failli passer à côté d’une bombe atomique ! Deux minutes dix-neuf secondes de déflagration auditive qui marque à vie. Le cerveau du Wu, RZA, ne produit que deux tracks seulement. Fallait le deviner pour « Cereal Killer » mais sa touche est reconnaissable entre 1000 sur le mortel « Run 4 Cover » avec Streetlife et Ghostface. Si c’est pas lui, c’est son disciple Allah Mathematics aux commandes (« Dat’s dat shit »).
Le côté ‘entertainment’ rend cet LP encore plus jouissif. Et cet effet-là, c’est sans fumer de la weed alors imaginez ce que c’et avec d’écouter « Cereal Killer », le lancer de pétard « Fire in da hole », le pépère « Mad crew » et « 4 Seasons » avec Ja Rule et un agressif LL Cool J (vrai de vrai, juré!). En prime, trois bonus tracks : « All Rite Cha » du Funk Doc et « Big Dogs » de Johnny Blaze, issus de leurs derniers solos respectifs, plus « How High remix » (dans une version un peu remaniée plus ‘dark’ vraiment très bonne un peu comme cela avait été fait pour « All I Need » de Meth). L’amitié indéfectible entre Method Man et Redman conduira aussi à ce petit film sympatoche How High (forcément…) sorti en 2001, alors qu’ils étaient au sommet de leur popularité. La soundtrack fera peut-être l’objet d’une rétrospective.
(chronique écrite le 5 Novembre 2025)
LA NOTE : 20/20 (MAIS ++)


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