Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

J.Cole « The Off-Season » @@@¾


Il faut l’admettre, durant la décennie 2010, avec son run Forest Hill Drive 2014/4 Your Eyez Only/K.O.D., Jermaine Lamarr Cole était dans le haut du panier des rappeurs de la nouvelle génération. C’est un fait, qu’on l’aime ou pas, même moi qui soupire intérieurement à chaque fois que je lis son nom. J’avoue avoir un faible pour K.O.D. qui a fini en heavy rotation en 2018. Il joue aussi en haut du panier de basket, dans la ligue de basket africaine au Rwanda au sein de laquelle il s’est inscrit en 2021, dans la team des Patriots. C’est aussi l’année de sortie de The Off-Season, son 6e album.

Quand j’ai écouté pour le premier fois The Off-Season à sa sortie, je l’ai trouvé sans intérêt, sans laisser la chance d’une seconde écoute. Hop, next. Je l’ai certainement mal jugé, car des années plus tard, mon estimation était bien en deça de sa valeur réelle (c’est le boistatisticien qui parle). Comme le disait Shaquille O’Neal : « I owe you an apologize, I wasn’t familiar with your game ». Rien que le démarrage « 9 5 . s o u t h  » est assez monstrueux, avec Cam’Ron en co-présentateur et un sample de « Put Your Hood Up » de Lil Jon & The Eastside Boyz. Comment j’ai pu passer à côté de ça à la première écoute… Sur le single « m y . l i f e » (co-produit par Jake One), il ré-uitilise le refrain célèbre de « My Life » de Pharoahe Monch et Styles P. 21 Savage est en présent en featuring sur ce bon titre, renvoi d’ascenseur après leur collaboration « a lot » qui avait marqué le esprits en 2019. On observe deux choses au passages. La première est que J.Cole a dérogé à sa règle du zero featuring. En passant, on se serait bien passé de Lil Baby sur « p r i d e . i s . a . d e v i l ». La seconde est cette manie d’écrire le tracklisting de manière peu orthodoxe, cette fois en n’utilisant pas de lettres capitales, ni en sautant les voyelles, mais en ajoutant des espaces en entre chaque lettre et un point entre les espaces entre les mots. Et c’est p u t a i n . d e . r e l o u à retranscrire.

Au micro, le rappeur de Roc Nation est étonnamment convaincant, pour une fois, montrant un visage énervé plus naturel sur des tracks comme « A p p l y i n g . p r e s s u r e » et l’ego-trip « 1 0 0 m i l ‘ ». Il ose le jeu mot ‘Dreamvillematic’ et fait valoir ses scores de ventes réellement impressionnants contre ces rappeurs « qui font des albums à 30 titres » (ouh la pique à Drake avec Scorpion). L’ambiance très cohérente se base sur des rythmiques trap sèches assorties de samples soul avec une mélancolie faussement douce. L’atmosphère de « p u n c h i n’. t h e . c l o c k » rappelle les premiers solos de Cee-Lo (« Bass Head Jazz ») et le jazzy « l e t . g o . m y . h a n d » (avec son sax’, Bas et 6LACK) attire l’attention sur les lyrics de J.Cole, avouant au passage avoir été d’abord un fan de Puff Daddy. T-Minus et Boi-1da sont parmi les fréquents collaborateurs de Jermaine à la production (qu’il supervise lui-même le plus souvent). L’intrus serait Timbaland, crédité sur l’instru de « a m a r i ». Ce n’est qu’a posteriori que j’ai réalisé la patte stylistique très diffuse de ce producteur qui a marqué les années 90 et 2000, à l’image de sa carrière aujourd’hui : dans le flou total.

« t h e . c l i m b . b a c k  » et la conclusion « h u n g e r . o n . h i l l s i d e » montrent les efforts parcourus par le rappeur de Fayetteville, et ceux encore à venir pour maintenir son statut. Au micro, son énergie reste au max jusqu’au bout, témoignant de son agilité, sa bonne forme et sa capacité à rebondir encore telle un ballon… de basket. The Off-Season n’était sûrement pas un exercice, ni un hors-série mais le début d’une nouvelle saison, un rappel clair qu’il faudra compter sur J.Cole pour la nouvelle décennie. Au moins jusqu’au très attendu The Fall Off, qui débarquera cinq ans plus tard.
LA NOTE : 15,5/20.

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.