Apollo Brown & Joell Ortiz « Mona Lisa » @@@@½


O.C., Guilty Simpson, Ugly Heroes, Ras Kass, Rapper Big Pooh, Planet Asia, Skyzoo,… Autant de colliers de perles, de sachets de diamants bruts et de grosses pépites sur le tamis qu’Apollo Brown a fourni pour ces rappeurs-là durant la décennie, sans jamais changer de mode d’extraction de sample et de travail manuel du beat. Le producteur de Detroit fait dans l’inaltérable. Dans le pire des cas, c’était rien qu’un bon et solide disque. Sa liste d’albums collaboratifs s’allonge avec Joell Ortiz. La discographie de Joell c’est… pas pareil. En dépit de son énorme talent insuffisamment reconnu, le niveau de ses sorties est quelque peu mmmh… irrégulier et sa carrière, trop de rendez-vous manqués. Mona Lisa rectifie la trajectoire, avec l’exposition chez Mello Music Group de cette oeuvre tout bonnement somptueuse.

Et quel tableau ! D’un côté les superbes productions traitées contre l’oxydation d’Apollo Brown et de l’autre l’écriture et le flow dense de ‘Jewel’ Ortiz. De la douce mélancolie de « Reflections » et « Come Back Home » à la grosse métaphore « Cocaine Fingertips » (qui vient de faire l’object d’un clip), leur rencontre dépasse nos attentes. On parle pourtant ici présent d’un boom-bap rap d’un absolu classicisme. Rien que « Grace of God« , juste écouter, rien à rajouter (il y a même de scratches). Le titre sert de qualificatif. Apollo pose ses samples toujours à sa façon, inimitable ça va sans dire, de sorte à créer un effet d’ondulation en fondu (comme c’est le cas sur « Come Back Home » en jouant sur le piano et les infrabasses). Joell au micro a rarement été chercher aussi loin dans son crâne et les tréfonds de son âme les pensées qui le traversent, la preuve avec « Reflections« , « Word… » et le choix cornélien « Decisions« , avec en fond un sample de violoncelle qui rend l’ambiance plus grave qu’elle ne l’est.

Hip-Hop à 110%, Joell et Apollo sont là pour représenter (« My Block« , « That Place« ) et quand il s’agit de faire péter la sono, c’est la colonne vertébrale qui se brise sur les caisses monstrueuses du costaud « Timberland’Up » avec Royce Da 5’9. C’est malin, maintenant on veut un album Apollo x Royce… vous imaginez la tuerie made in Detroit que cela serait? Mais rien que là, avec Mona Lisa, tout en respectant les bases, Joell Ortiz et Apollo Brown ont créé une oeuvre d’art de toute beauté. Les deux protagonistes sont à leur top niveau pour faire ce qu’ils savent faire de mieux, sans avoir besoin de faire dans l’original ou plus actuel. C’est très fort. Le duo « Mona Lisa » entre Weezy et Kendrick Lamar paraît petit à côté d’un des titres pris au hasard de cet album.

Meilleur album de Joell Ortiz depuis Bodega Chronicles? Oui sûrement. Lui-même sur Twitter a admis que Mona Lisa était un de ses meilleurs travaux et je ne vois pas de mensonge. Meilleures productions d’Apollo Brown depuis Trophies? Si on se base sur tout l’ensemble, en prenant du recul pour contempler, j’aurai tendance à dire à dire oui également.

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