Bun B « Return of the Trill » @@@@


On croyait Bernard Freeman alias Bun B en pré-retraite après la fin de sa Trill OG (trilogie pour ceux qui n’ont pas saisi le jeu de mot) en 2010, puis il a sorti The Epilogue en 2013 pour montrer qu’il était toujours actif. On le croyait alors après parti à la retraite pour de bon, que plus aucun album ne s’ajouterai à sa discographie, si ce n’est quelques featurings à droite à gauche. Cela aura duré cinq ans : le vétéran de Houston et légende vivante des non moins légendaires UGK est de retour avec un cinquième album. Produit par Big K.R.I.T. !

« Trill Over Everything » re-introduit Bun B tel un indétrônable vainqueur, le retour du roi de l’underground à qui on prête allégeance sur « Recognize« , gros titre sur lequel posent à ses côtés le King of the South T.I. (pour autant qu’on le surnomme encore ainsi) et le King Remembered in Time. Justement, K.R.I.T., qui fut très influencé par Pimp C (que ce soit dans le style de rap et de productions), semble être un partenaire de choix pour la réalisation de cet album. La moitié des morceaux qu’il réalise vont très naturellement aux pieds de Bun B, on pourrait dire que c’était le destin qui les a réuni, ou bien la logique. Les prods sonnent donc très familières, avec ces orgues, ces airs bluesy, notamment sur « Blood on the Dash » (un morceau très classique sur la forme et le fond qui traite des relations avec les flics) et « Gone Away » avec Leon Bridges et Gary Clark Jr (un bijou). Ce qui ne l’empêche pas de se mettre au goût du jour avec « Traphandz« , accompagné de Yo Gotti et 2 Chainz, sans être trop trap sur les bords. Bun B reste trill.

Être trill est une chose, cela étant un album de Bun B ne serait pas un album de Bun B sans une foule derrière lui, sans cette sauce texane, ces woodgrain grills, ces prods destinées à la conduite en Cadillac tunée et chromée, le swag de rigueur… Illustration parfaite avec « KnowWhatImSayin« , avec des pontes de H-Town comme Slim Thug et Lil Keke. Travis Scott nulle part, ne demandez pas pourquoi. Return of the Trill voit aussi ré-apparaitre des morts Pimp C sur « U A Bitch » (typique de leur part ce nom de titre), ça n’a rien d’une vraie surprise, tout le contraire de cette surprenante connexion avec Run The Jewels sur « Myself« . Vrais reconnaissent vrais, la jonction entre Bun B et les pionniers de Memphis 8Ball & MJG se ressoude sur « Grow Up« , les bonnes relations entre gros patrons de différentes localités sudistes sont importantes.

À 45 ans, Bun B est devenu old school mais pas obsolète. Le temps n’a plus d’effet sur sa musique et il possède plus que jamais cette présence inflexible qui force le respect. Le message est clair : le rappeur demeure true et real et le restera même après sa mort. Il ne cherche pas à plaire aux plus jeunes, plutôt continuer les impressionner et si possible être une source d’influence. On peut saluer également le travail de Big K.R.I.T. qui a su totalement préparer des prods sur-mesure, lui et Bun étaient faits pour travailler ensemble. Pour cette rentrée 2018, Return of the Trill donne une solide leçon de rap texan.

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