Boosie Badazz « Touch Down 2 Cause Hell » @@@@


Lil Boosie est de retour des enfers. Depuis 2008 qu’il avait la justice américaine sur le dos pour des affaires de drogue, s’était rajouté une inculpation pour meurtre en 2010. Il réchappe deux ans plus tard du couloir de la mort après que le jury l’ait déclaré non-coupable, pas pour rien qu’il ait appelé sa récente mixtape Life after Deathrow.

Mais les dossiers pour ses problèmes de drogue s’entassent et le rappeur de Bâton-Rouge prend huit ans ferme. Finalement il retrouve la liberté l’été dernier, et il n’est plus le même homme. Appelez-le maintenant Boosie Badazz.

Un regard glaçant qui transperce à travers son visage plus noir que noir, voilà l’image sur l’album qui s’est classé troisième des ventes d’albums aux Etats-Unis pour sa semaine de démarrage. Il est comment le son de la revanche? Franchement terrible. L’esprit bien échauffé avec « Get’em Boosie« , le rappeur fulmine et raconte son expérience carcérale en mettant l’accent sur l’abandon de ses proches, famille comme amis, de quoi nouer les tripes. Après un tel morceau, le bluesy « Mercy on my Soul » (feat Jeezy qui n’est plus tout jeune) arrive comme une bénédiction. En sortant de prison, Boosie Badazz a su s’entourer pour écrire pour ce sixième disque des morceaux très efficaces, de producteurs très actuels, comme des figures du rap sudiste, Rich Home Quan sur le single « Like a Man« , Young Thug sur « On Deck« , Rick Ross, T.I… et d’autres plus inattendus, j’y reviendrai en temps voulu. Ah oui, il fallait naturellement compter sur Webbie, son vieux pote et collègue de Trill Entertainment (label fondé par Pimp C pour la petite histoire).

Hé oui, la prison l’a rendu plus dur et même offensif avec des titres comme « Retaliation » ou même « Hip-Hop Hourray » où il dénonce les faux-rappeurs. Hé oui, quand on pensait il y a une quinzaine d’année que le Sud n’était pas « hip-hop », voilà que Boosie chasse les mythos en reprenant une formule de Jay-Z : « we don’t believe you, you need more people. » Le ton devient moins ferme à mi-parcours avec des tracks plus r&b (« She Don’t Love Me » feat Chris Brown et « All I Know« ), et aussi surprenant que cela paraît, ils passent crème. C’est sûr qu’on préférera « Black Heaven » avec le name-dropping nécrologique que chaque rappeur se doit de faire un jour dans sa carrière. Mais venant de Boosie, on sent une forme de sincérité rare, lui qui a eu des heures à gamberger sur la vie et la mort entre quatre murs. L’autre surprise de cette chanson, la présence de deux « Cole », Keyshia et Jermaine.

À la fin, les esprits s’apaisent avec « I’m Sorry« . On finirait presque pas lâcher un soupir de soulagement tellement la tension est palpable le long de Touch Down 2 Hell. Boosie Badazz est une bête qui vient de sortir de cage, au sens littéral comme figuré. Cette énergie transformée à partir des ressentiments de colère et de haine rappelle la sortie de Urban Legend de T.I., quand le King of the South venait de sortir de zonz’. Entre les lignes, Boosie avouerait presque eu la chance de s’en être sorti, vu le contexte actuel aux US et les injustices que vivent quotidiennement la communauté noire. Le « rest in peace Michael Brown » qu’il lâche sur l’album a un sens bien qui va au-delà des simples mots.

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