Murs & 9th Wonder « ForNever » @@@@


Murs & 9th Wonder passent la quatrième, en souplesse. Malgré les kilomètres qui les séparent, leur mécanique bien huilée ne donne pas l’impression d’une alchimie éprouvée. Depuis le temps qu’ils taffent ensemble ! 2004 avec le petit classique 3:16 The 9th Edition. Justement c’est le contraire, ce Fornever (Fontana Distribution/SMC), bien que reprenant leur traditionnel format court de dix titres, réchauffe les relations entre le MC de LA et le beatmaker accroc à Fruity Loops en acclimatant leurs styles dans une atmosphère plus Westcoast, avec les featurings qui vont en ce sens du vent, vers l’ouest : Kurupt, Sick Jacken et Suga Free.

Cette évolution se fait tout en douceur, même si l’apparition de Kurupt sur la première piste donne un indice aussi gros comme un camions sur la tournure des choses. Young Gotti est l’alpha et l’oméga puisqu’il revient poser un long couplet sur « Live at Roscoe’s », la dernière track de Fornever. Et plus étonnant que voir ces pionniers de la côte ouest se porter garant de cet LP, c’est de voir comment 9th Wonder reprend des couleurs s’acclimatant à la Westcoast, laid-back et idéal pour les lowriders (« The Lick » feat Verbs, « Westcoast Cinderella » qui ressort l’indémodable talk-box et « Let Me Talk » avec le pimp Suga Free). Evidemment, comme d’habitude avec 9th, les samples ne sont déclarés nulle part, soulfuls à souhait. Bien vu le sample méga-funky des Ohio Players sur « Cigarettes & Liquor », de la jovialité qui convient à la personnalité de Murs.

Le MCs des Living Legends est aussi frais que hot sur cet opus, et pourtant il en est déjà à son deuxième album depuis le début de l’année (après Felt 3 avec Slug). Ses histoires de filles parfois marrantes ou plus tragiques sont toujours un véritable plaisir à écouter grâce à son sens de la narration (« Asian Girl » feat 9thmatic, « Vikki Veil » et « Westcoast Cinderella »). Le single « The Problem Is… », avec Sick Jacken qui poses ses rimes en alternance et un refrain exécuté à merveille par Uncle Chucc, est sans doute le morceau le plus dramatique de Fornever, d’abord par la portée sociologique d’une jeunesse en péril et d’un instrumental à l’humeur grave de 9th Wonder.

L’autre petite nouveauté, un exercice plus rare cette fois, c’est la reprise d’un classique rap. Murs entreprend de revisiter le plus beau classique de Common, « I Used To Love H.E.R », avec un couplet final en phase avec le hip-hop actuel (rap champagne, autotune, etc…). Ce sont ces tout plein de petites choses qui font que Fornever est très cool et so fresh.

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