En 2004, Masta Ace affirmait raccrocher le micro après son dernier classique A Long Hot Summer alors que Edo G relançait sa carrière de rappeur avec My Own Worst Enemy. Le premier n’a pas tenu sa promesse, le second a saisi sa chance et personne ne s’en plaindra. Chacun de leur côté ont depuis vaqué à leurs projets de groupes, les eMC pour Ace et Special Teamz et Da Bulldogs pour Edo et les voilà maintenant connectés sur Arts & Entertainment pour le meilleur… et le moins bon.
Comme on peut s’y attendre avec ce type d’album, on écoutera de très bonnes tracks telles que « Hands High », « Over There », « Reminds Me » et la bombe « Ei8ht is Enough » sur des instrus à tendance soulful de M-Phazes, DJ Supreme One et Frank Dukes. Au micro, Masta et Edo se répartissent les tâches 50/50%, quoique je leur reprocherai de ne se donner qu’à 75%.
On ne sera pas non plus étonné par la présence de noms comme Large Professeur sur « Fans », qui nous donne de plus de plaisir qu’on leur en offre, Posdnuous des De La Soul sur un « Good Music » servi par un beat inspiré de DJ Spinna et KRS-One en bon redresseur de torts sur « Pass The Mic ». Marsha Ambrosius est sûrement l’invitée la plus exclusive avec les Chester French (j’y reviendrai à la fin de l’article). La diva n’est pas là pour chanter, ce sont ses compétences de rappeuses qui sont mis à profit sur le refrain de « A’s and E’s ».
La track qui fait le plus mal est certainement « Lil Young » : Edo G s’attaquent à tous les jeunots du rap game dont le pseudo portent le préfixe ‘lil’ (sauf Lil Fame hé!) et Masta Ace les ‘young’. Des noms sont cités mais aucun n’est dissé ou insulté. Il ne faut pas croire que Masta Ace et Edo G toisent la nouvelle génération, sinon Double-O (des Kidz in the Hall) ne serait pas crédité à la production de « Pass The Mic ».
L’idée de base est bonne : réunir deux maîtres en emceing, comme ce fut le cas à la rentrée 2009 avec Survival Skills KRS-One & Buckshot. Néanmoins ces deux albums ont curieusement les mêmes qualités et les mêmes défauts : des lyrics très axés sur l’art du rap et le hip-hop, des beats d’excellente facture comme des plus patauds et des tirages d’oreilles un peu trop moralisateurs par moment compensés par des instants de lucidité qui font plaisir à entendre.
Sauf que Masta Ace & Edo G vont plus loin encore, un peu trop loin d’ailleurs en effectuant une rencontre improbable avec les Chester French sur « Dancing Like A.W.G. ». Je n’ai rien contre des essais cross-over pop/rock histoire de démontrer qu’eux aussi ils savent en faire, comme les djeunz rappeurs et les hipsters, mais ce morceau est un risque inutile, ils n’auraient simplement pas du.

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