Mary J Blige « Growing Pains » @@@@


Growing Pains est le nom de baptême du huitième standard de la Queen of Hip-Hop/Soul, Mary J Blige. Cet opus très attendu par le public Soul/r&b était déjà disque de platine aux Etats-Unis quand il est sorti en France au début du mois de Février 2008, un bel exploit en soi. Pourtant la tâche n’était pas mince, puisque cet album succède au multi-platine The Breakthrough qui a rayonné sur le plan international grâce à sa superbe ballade « Without You » et son duo avec Bono de U2. Dans ce dessein, MJB s’est entourée des meilleurs compositeurs r&b du moments, tels que la révélation Neff-U, Dre & Vidal, les Stargate, The Neptunes (en la présence de Pharrell Williams), le hitmaker Tricky Stewart et bien entendu son producteur préféré Bryan-Michael Cox. Et ne vous fiez pas au titre peu optimiste de cet album, Mary est dans une très bonne période, plus humaine que jamais dans les sentiments qu’elle nous communique.

 

Les festivités ont débuté durant l’Automne 2007 avec son single « Just Fine » (produit conjointement par Tricky Stewart & Jazze Pha), un son groove plein de bonne humeur à l’ambiance house music qui provoque des envies d’aller se jeter sans réfléchir sur les dancefloor, bien autant que les club-bangers éphémères artificiels servis à l’autotune ou par un refrain d’Akon (ce que beaucoup appellent maintenant de la fast-food music). Dans ce ton réjouissant, « Til The Morning » ferait un bon summer hit : c’est dansant, funky et entraînant en soirée. Cette étonnante production des Neptunes possède une certaine ‘old school flavor’ qui convient fort bien à Mary J Blige. Très peu de figurations sur Growing Pains, il n’y en a que deux seulement, mais à ne pas prendre dans le sens de la déception d’un effectif faible. Après le tube « Runaway Love », Ludacris a, par réciprocité, répondu l’appel en posant un couplet sur le « Grown Woman » énergisant. Le chanteur Usher, le second participant de choix, est à la hauteur sur le duo « Shake Down », néanmoins la différence d’âge se fait largement ressentir par rapport à notre grande dame qu’est Mary J Blige. Babyface ou Brian McKnight auraient mieux fait l’affaire. En ce qui concerne les présences plus discrètes, qui ne dépassent pas le cadre de la réalisation, il y a notre spécialiste en psychologie féminine, j’ai nommé Ne-Yo. Celui-ci co-écrit les deux mid-tempos « What Love Is » et « Fade Away » (sur lesquels l’empreinte des Stargate est reconnaissable), et co-produit avec Charles Harmony le splendide « Work In Progress (Growing Pains) », bien garni en touches NuSoul (ces influences trouvant elles-mêmes ses sources chez Stevie Wonder). Puis derrière la magnifique mélodie de piano du soulful « Talk To Me » signée Eric Hudson, se cache un autre jeune auteur, Johnta Austin, le protégé de Jermaine Dupri. 

 

Mary J Blige n’en finit pas non plus de progresser au niveau du chant, comme à chaque fois qu’elle sort un chef d’œuvre. Elle est poignante, sensible, provoque de l’empathie et nous confie ses joies comme ses peines comme personne d’autre. On la connaissait tous pour déballer tout ce qu’elle a dans les tripes et dans le coffre mais maintenant elle est amplement capable d’adoucir sa voix comme sur le très inspiré « Stay Down » réalisé par Bryan-Michael Cox. Les thèmes, souvent amoureux comme à l’accoutumée, varient selon ses humeurs habituelles mais Mary atteint ici un seuil qui va au-delà de la maturité et du professionnalisme sur le plan de l’écriture et des interprétations. Le bémol dans cette bien jolie histoire vient des producteurs Tricky Stewart et l’équipe des Stargate qui, contrairement à Neff-U ou même les Neptunes, ne parviennent pas nécessairement à faire du son typique de Mary J Blige (comme « If You Love Me » par exemple), trop ancrés dans leur style à eux et pas suffisamment expérimentés pour s’adapater. Disons qu’ils ont été sollicités pour cet opus juste parce qu’ils sont les producteurs en vogue issus de la nouvelle génération d’artistes r&b, néanmoins MJB aurait pu tout de même s’en passer.

 

Ce n’est pas l’un des meilleurs albums de la glorieuse carrière  de Mary J Blige, mais sa personnalité de femme forte et à la fois vulnérable s’y affirme davantage par rapport au très bon The Breakthrough, et son aura royale se rapproche pas à pas de celle de la légendaire Aretha Franklyn, sa mère spirituelle. Growing Pains est un bon millésime de la part notre chanteuse, celui d’une femme dans la fleur de l’art, toujours dans l’air du temps, et qui se bonifiera à n’est point douter les années à venir. Bien que Mary J Blige possède déjà une place de marque dans le panthéon de la soul music, sa destinée est loin d’être achevée. 

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